16 septembre 2012

Méthode des Abaques…

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Voilà, toujours en contact avec Michel VIGIER (pour rappel, il est à l’origine de l’assocation API qui lutte contre l’innumérisme, et entend vouloir changer l’enseignement des mathématiques par un retour aux  capacités innées de l’enfant : la proportionnalité et l’équivalence des quantité par le boulier).

J’ai donc acheté son livre, Michel Vigier m’a promis le boulier qui allait avec.

Ce livre est à destination des parents et instructeurs.

Le livre est bien fait, d’ailleurs une première question me taraude encore, est-ce Michel Vigier qui est dessiné?

[La réponse est oui. Au début, ce devait être Einstein mais pour des raisons de droit à l’image, Mr Vigier a demandé d’avoir une caricature d’un prof de mathématiques, le dessinateur a choisi]

Pourquoi ce livre?

Ci-contre la première et la quatrième de couverture.

Mr Vigier a repensé l’enseignement des mathématiques pour aider les élèves les plus en difficultés. Son message est simple, en 2009, une enquête de l’OCDE a révélé que quasiment un élève sur deux avait de sérieuse difficulté en mathématiques.

Il s’est donc mis en tête d’agir contre cela.

Aidé de recherches (notamment celle de M. Fisher), il défend l’idée que tout élève peut acquérir le minimum vital en mathématiques, il rejette la notion de dyscalculie développementale (non issue d’un trauma). Il a donc créé sa méthode :  « la méthode des abaques« .

Il a conçu, en plus d’une association, d’un jeu, d’une méthode et  des expérimentations,    un livre en vente portant le même nom.

Sa méthode consiste à avoir élaboré une échelle de savoir et savoir-faire, 80 barreaux environ, et de trouver les moyens de passer d’un barreau à l’autre.

Ce livre explique comment passer de barreau à un autre.

Dans cette échelle, on retrouve entre autres, les items des compétences liées au socle commun.

On retrouve la même idée du socle, à savoir l’obtention par tous de ces compétences mathématiques.

II. Présentation du livre

 

 

Au premier abord, le dessin type bande dessiné, le rend accessible, je me suis même dit qu’au début ça faisait trop, mais…

force est de constater, que le livre est de qualité, facilement lisible, clair.

Chaque page est découpée en 3 parties :

  • Un bandeau rappelant les  acquis nécessaires pour la nouvelle notion et ce qu’elle explique (on sait que…. on va voir)
  • Un rappel d’un cas concret et intuitif  (image mentale)
  • Extension du cas à la généralité

 

Le boulier est constamment présent, ce qui suggère fortement une utilisation régulière de celui-ci comme extension de l’usage des doigts que nous avons. C’est donc une méthode à appliquer sur le long terme et non applicable à court terme.

 

Bon ceci dit, il y a des explications qui me chiffonne notamment le fameux produit en croix (l’association de la flêche comme un produit) , Michel Vigier m’avait dit qu’on s’appellerait pour en parler, on ne l’a pas encore fait. Peut-être dira-t-il qu’il faut aussi donner des techniques non bloquantes.

Le livre est, en somme, bien fait, pour un enseignant on peut prendre ce qu’il nous intéresse, ou tout prendre. Dans le livre, chaque notion est accompagnée par les acquis qu’il faut avoir.

III.L’Histoire

Il y a aussi énormément de références historiques, un vrai régal pour un féru d’histoire des mathématiques que je suis. Sur ce point, j‘adhère complètement, il est nécessaire de faire comprendre que les mathématiques ont évolué et évoluent encore! Les mathématiques sont vivantes. Il y a des raisons pour toutes choses. Rien ne vient du hasard.

On y présente les différentes civilisations qui ont imprégné les mathématiques que nous connaissons aujourd’hui.

 

 

 

IV. Le but pédagogique

Bien entendu, en lisant le livre, on voit qu’il s’adresse d’abord aux professeurs des écoles, en effet, on est sur l’apprentissage des nombres, des opérations et de la résolution de problèmes simples.

Bien entendu, Michel Vigier m’avait dit qu’on pouvait étendre cela au début du collège. La proportionnalité est effectivement un axe majeur du programme du collège de la 6e à la 3e.

Le tableau est donc l’outil qu’il faut développer, il a même soumis l’idée que le théorème de Thalès pourrait être appliqué à l’aide d’un tableau.

Au début, je me suis dit que c’était un sacrilège, mais à y réfléchir pour les élèves en difficulté, on pourrait différencier l’apprentissage et leur faire apprendre le théorème de Thalès par un tableau. Quelle différence? On parle toujours de proportionnalité dans les deux cas, non?

Bref, l’optique est d’instituer le tableau comme référence constante (bien entendu, en martelant que le tableau doit être de proportionnalité).

Je vais donc me lancer dans cette petite expérimentation en marquant encore plus l’usage du tableau  avec mes 5e et 4e. 

Pour finir, Michel VIGIER, le 20 septembre, va défendre son projet pour demander un appui de l’enseignement, au ministère. La suite au prochain épisode.

Les images du livre ont été publiées avec l’accord de Michel Vigier.

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15 septembre 2012

Les révolutions chez l’Homme : le langage, l’écriture, l’imprimerie et la prochaine? Internet?

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Encore un article sur l’évolution d’internet et le libre.


 

J’avais écrit il y a quelque temps un article sur le pouvoir de l’écrit. J’y écrivais que celui-ci permettait d’échanger, que cet accès à la lecture permettait ,de part le blog, des échanges via les commentaires.

 

Voilà qu’aujourd’hui je tombe sur une vidéo (de propagande?) sur le FIN militant pour l’union d’idées via internet, cette vidéo :

 

Cela m’a fait un peu froid dans le dos. Cette vidéo m’a rappelé un film français d’anticipation que j’avais adoré, « 8th wonderland« . Ce film présentait un « état internet » régit par des lois internes qui permettait à un groupe d’individus de partager des idéaux en se dégageant du carcan de la territorialité.

Je dirai que chez l’Homme, il y a eu plusieurs révolutions dont celles que je retiendrais sont:

  • L’apparition de l’écriture : Elle permet de perpétrer un savoir dans le temps, plus de transmission orale qui s’étiole mais on trace qui dure .Malheureusement seuls les érudits y avaient accès.
  • L’imprimerie : Permet la diffusion au plus grand nombre, elle a provoqué l’expansion de l’instruction, cela a favorisé l’accès à la lecture et à la culture. Malheureusement l’écriture était réservée qu’aux gens autorisés. Il y avait un contrôle des écrits. On nous obligeait à une certaine lecture. D’ailleurs même actuellement pour éditer son propre livre, c’est compliqué!
  • L’internet : Tout le monde peut écrire, et tout le monde peut y lire les écrits. C’est un espace libre non régit par un pouvoir. L’accès à l’écriture et à la diffusion est facilité.

 

Aujourd’hui, je pense qu’on est à l’aube d’une nouvelle ère de l’expansion du droit de diffuser ses idées au plus grand nombre. Oui, c’est dangereux pour les pouvoirs en place, car dérangeant, le regroupement d’individus se fait maintenant via la toile. On a vu lors du printemps arabe la capacité d’action de ce moyen de communication… Un outil puissant et quasiment indestructible.

Les outils de filtrage possiblement installables par les états sont soit impuissant (je pense au filtrage par DNS testé par Orange contournable par un changement de serveurs DNS ), soit trop restrictif (rend internet inutilisable pour tous).

 

Maintenant quand je vois qu’au nom du droit d’auteur,on nous a proposé ACTA (Même si je suis pour l’Europe, je reste effaré que ce soit l’Europe qui ait construit ce traité! Heureusement que le parlement européen l’a rejeté.) visant à surveiller les citoyens via les FAI donc sans instance juridique au premier abord.

On souhaite promouvoir un organisme (réunion de l’ARSCEP et du CSA) capable de « réguler » les connections internet chez les particuliers. (lien).

Espérons que le pouvoir en place ne fera pas l’erreur de toucher à la neutralité du net, la toile doit rester un espace de libre échange même si celui-ci est soumis à la Loi (et heureusement qu’il l’est!)

Il est d’ailleurs marrant de voir des politiques croire que c’est une zone de non-droit. (voir cet article)

Voici quelques citations :

Jacques Myard «J’espère que l’on va prendre conscience de la nécessité de nationaliser ce réseau.»

Donc c’est clair,  pour lui il n’y a pas de législation sur le internet, le mot internet existe dans les textes de loi depuis 1992…. hum.

Aurélie Filipetti «Si la presse abandonne la qualité, il n’y aura plus de différence entre les journaux, les magazines payants et la presse gratuite, notamment sur le Net où rien n’est éditorialisé.»

Ah bon? Et qu’on fait les résistants lors du printemps arabe, ils ont été éditorialisé par la censure?

Amanda Léar «C’est vrai qu’Internet ça me rend folle. Attendez, si je dis dans un magazine que Claire Chazal a les pieds plats, elle peut me faire un procès. Mais si j’écris sur Internet que le président de la République est un con, y’a pas de problème. C’est un espace de liberté mais à l’arrivée, ça devient n’importe quoi. Je vous le dis franchement, je rêve qu’on interdise ce truc!»

Bien entendu, on a le droit de diffamer sur internet? La loi existe et s’applique aussi sur les détenteurs d’internet, et d’ailleurs même caché derrière un pseudo, les administrateurs des sites (qui sont responsables de la diffusion des idées sur leur site) sont tenus de transmettre les informations liées au compte (IP, email associé au compte sur le site, …).

Christine Ockrent«Il y a les blogs et les sites, ils disent ce qu’ils veulent et la plupart du temps leur job consiste à salir les gens. Ça correspond tellement à l’esprit français! Avec les nouvelles technologies on peut écrire absolument n’importe quoi sur n’importe qui, on ne vérifie rien, on voit si la mayonnaise prend et après c’est génial c’est parti! Cette course à la polémique amuse des gens mais ce n’est pas ce que j’appelle de l’info.»

Marrant de voir que France 2 avait diffusé une information de suicides au JAPON, information non vérifiée qui s’est révélé fausse. Alors on donne des leçons?

 

Bref, tomber dans le travers de la diabolisation d’internet me fait sourire… C’est un outil formidable, mais bien entendu quand on ne connaît pas un objet on a tendance à croire que c’est mauvais.

 

Finissons en maintenant avec le droit d’auteur, historiquement, il a été créé par Beaumarchais pour protéger les écrivains de pièces de théâtre contre les troubadours qui les jouaient. En effet, on interdisait aux comédiens de tirer profit de leurs pièce sans leur verser une rétribution. On parle bien de profit, on autorisait de jouer gratuitement…. Imagine-t-on actuellement de jouer gratuitement un film? Non!

On parle de vol lorsque l’on copie un film, voler c’est soustraire un objet à un individu, ici la copie ne provoque aucun soustrait alors le message piratage = VOL me dérange.

Car je rappellerai qu’on pense avec des mots, changer le sens des mots change les mentalités. Avec sourire, je me rappelle une intervention de Lepage qui faisait l’historique du mot défavorisé. Avant (lorsque le parti communiste était convaincant) on parlait d’exploité et non de défavorisé. Ce qui est gênant c’est qu’en parlant d’exploité, on culpabilise l’exploitant. Les partis politiques ont changé et les  mots dans les discours ont changé.

Pourtant actuellement, ce sont toujours les mêmes personnes (les exploités sont les ouvriers payés au SMIC), on parle de défavorisé. Derrière ce mot on y voit simplement un manque de … chance, il n’y a plus de responsable!  Le fond de l’idée est différent, non?

Conférence sur la neutralité du réseau de Benjamin Bayart

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8 septembre 2012

Les relatifs, la plaie! Mais non, mais non…

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Voilà la rentrée, on se replonge dans les cours. Et un questionnement revient comme d’habitude :

Comment apprendre de manière concrète la manipulation des nombres relatifs (addition soustraction)  sans tomber dans le travers des règles (si les signes sont les mêmes, alors il suffit d’ajouter les distances à zéro …) qui sont dénuées de sens?

Le livre de Mr VIGIER sur l’innumérisme qui fait revenir à l’intuition première des mathématiques (celle des cailloux), m’a donné une idée. Je suis donc parti sur une représentation en jetons des nombres entiers relatifs avec deux jetons : un noir et un blanc.

● → + et ○ → –

Et aussi de la notion intuitive de l’addition et de la soustraction.

  • Une addition de 2 quantités de même nature revient à compter l’ensemble des 2 quantités.
  • Une soustraction revient à ôter une quantité de même nature à une autre.


Comme les jetons sont opposés (par la couleur et le signe), on instaure la règle intuitive :  ● et ○ donne rien ou 0.

C’est tout ce qu’il y a à apprendre!

 

Voici le cours associé (sous licence CC-BY-SA). (pas de faute de grammaire, j’ai volontairement enlevé, le « ne » à , 1 jeton blanc et un jeton noir « donne » rien ( =0 ). Je voulais associer le mot « rien » à 0).

Il y a été testé avec succès en 4e comme cours de rappel (j’ai vu les confusions entre les règles, les erreurs communes (-4)+(+7) = -11… c’est ce qui m’a amené à revoir mon cours de 5e.), aucun élève n’a voulu que l’on réécrive les règles dans le cours, mais simplement des exemples avec les jetons.

Voir en plein écran

 

Voici la vidéo dont je me suis inspiré pour construire le cours (issue de netprof.fr)

 BONNE RENTRÉE!

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