Métacognition

Travailler la métacognition avec l'appui de la pédagogie explicite

Après avoir découvert pendant un stage de formation au monitorat, durant mes années de thèse, l'incroyable travail de Dieudonné LECLERCQ sur la métacognition, j'ai profité de l'occasion offerte par le mémoire de M2 MEEF pour me pencher sur l'adaptation dans le secondaire de ces outils.
Il me paraît important de souligner d'ores et déjà que j'intègre ce travail sur la métacognition dans une réflexion plus large, dans le cadre notamment de la pédagogie explicite. En effet, j'y reviendrai lors d'un prochain article qui présentera les grands principes de la méthode, il faut que les élèves soient en capacité d'identifier clairement les connaissances et les compétences étudiées dans un travail, une évaluation. Pour cela, j'indique toujours au début des leçons la liste des connaissances travaillées dans le chapitre, afin que les élèves puissent se repérer. De même, à la fin d'une séquence, j'invite les élèves à remplir un test d'auto-positionnement : ils doivent alors évaluer, sur une base entre 1 (je n'ai rien compris/retenu) à 4 (je maitrise parfaitement), leur niveau de maitrise de chaque connaissance travaillée.

Sur cette page, je vais commencer par vous exposer la base théorique de ce travail, mes postulats de départs, avant de vous présenter sur d'autres pages la déclinaison concrète de ces principes.

Les cinq défis de l'apprenant

Dieudonné LECLERCQ définit dans ses travaux cinq défis auxquels sont confrontés les apprenants et apprenantes :

  • acquérir des compétences disciplinaires. C'est typiquement ce que l'on travaille en général. Par exemple, en tant qu'enseignant de mathématiques, l'essentiel de mon travail est d'accompagner à l'acquisition des six compétences mathématiques.
  • acquérir des compétences transversales. C'est ce qu'on enseigne lorsqu'on travaille en groupe par exemple, mais également quand on apprend aux élèves à présenter une copie, etc. Tout ce qu'on enseigne à notre manière chacun dans notre discipline, mais qui "sert" dans toutes les autres (ou presque).
  • développer son rapport aux savoirs (épistémologie). C'est ce qu'on peut parfois enseigner lorsqu'on réalise des débats en classe pour faire sentir aux élèves que quelque chose de particulier se joue avec telle ou telle nouvelle notion, ou encore ce qu'on touche du doigt lorsqu'on présente aux élèves un exercice qui n'est pas résoluble (car il manque une information, ou parce qu'il est absurde, etc). C'est tout ce qui participe à faire que l'élève comprenne que le savoir n'est pas absolu, qu'il ne sort pas d'un chapeau, etc.
  • acquérir des compétences métacognitives. Je détaille ce point ci-dessous.
  • maintenir ou accroitre sa motivation au travail. C'est un point essentiel qu'on a trop souvent tendance à négliger, en partant du principe que "si ça m'intéresse, forcément j'arriverai à intéresser mes élèves, et donc ils et elles seront motivés à travailler ma discipline". Je le travaille dans le cadre de cette méthode que je présente ici, mais également plus en détail sur cette page

Les compétences métacognitives

Reste à définir ce que Dieudonné, et donc moi aussi par extension, appelons "compétences métacognitives". En fait, il s'agit de compétences qui relèvent de trois type d'opérations :

  • les opérations de Jugement, lorsque l'élève s'interroge sur la qualité de sa production et/ou des processus mentaux qui l'ont mené à cette production ;
  • les opérations d'Analyse, lorsque l'élève compare sa production, ses processus, avec ce qui était attendu, puis recherche les causes de ses éventuelles erreurs ou manques de confiance ;
  • les opérations de Régulation, lorsque l'élève s'interroge sur les stratégies à mettre en place pour éviter de reproduire les mêmes erreurs, pour gagner en confiance lorsqu'il est en réussite, ou simplement pour entretenir ce qui fonctionne déjà correctement.

C'est sur l'acceptation de ces 5 défis et de cette définition des 3 opérations métacognitives que se construit la méthode développée par Dieudonné LECLERCQ : les Tests Spectraux Métacognitifs. Je renvoie les lecteurs et lectrices de mon billet à son article où il explique déjà tout, et je me concentrerai dans les prochains articles à vous expliquer ce que j'en ai fait :

  • dans ce deuxième article, je vous présenterai les grands principes d'un TSM,
  • puis je m'attacherai dans ce dernier article à vous présenter les premiers résultats de ce travail et les pistes pour la suite.