7 décembre 2011

La créativité & la motivation : des leviers pour l’apprentissage

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Dans une soirée, alors que je refaisais le monde avec un ami avec qui je vais travailler sur un site internet pour son association. On a longuement parlé du travail collaboratif et de la recherche. Une phrase a fait écho et retenti encore : « La créativité est la seule chose qui rend humain, un homme non créatif n’est plus humain » .

J’étais parti sur un article sur la motivation, comment la découper et savoir où elle prend son essence. Après réflexion, la créativité et la motivation ne sont que deux aspects d’une même et unique qualité d’un individu. Elles vont de pairs. Ce sont aussi deux leviers pour l’apprentissage.

Tout d’abord, je vais tenter de définir ce qu’est la motivation et en quoi elle permet d’apprendre.

 

I La motivation, sa définition.

a)Il n’y a pas de motivation sans obstacle.

Pour étayer ce propos, je ferai d’abord appel à notre expérience d’enseignant. A-t-on eu un élève brillant que l’on a cité comme motivé? Non et pourtant c’est évident, la motivation n’existe que par l’opposition que l’on peut avoir face un obstacle. Un peu comme pour qu’un héros existe il lui faut son exact opposé : son ennemi. La motivation est cette capacité que l’on a de faire face à des obstacles pour les surmonter. Un peu comme une voiture qui a de l’essence qui doit monter une côte, on dira qu’un individu aura eu assez de  motivation pour surmonter ses difficultés.

Cette notion de quête paraît évidente, mais résume aussi un problème, on ne motive que des élèves ayant des obstacles.

Je ferai la distinction entre obstacles et difficultés (scolaires). J’affirme qu’un élève doué possédant des facilités peut-être motivé, en lui fournissant des situations complexes qui le mette en difficulté.

Donc pour motiver un élève, il faut lui proposer des situations de problèmes complexes mettant en jeu des difficultés à l’apprenant. Sans cela, pas de motivation, et donc pas d’apprentissage efficace.

b)La motivation n’est pas de la curiosité.

Il y a, je pense, une nuance entre motivation et curiosité. En effet, la curiosité est bien une volonté d’acquérir une connaissance face à l’inconnu. Mais dans ce processus, il n’y a pas, je pense, d’évaluations a priori des « armes » pour acquérir cette connaissance, l’élève ne se pose pas la question de savoir s’il pourra l’aborder. C’est juste un sentiment qui pousse à aller plus loin, mais qui peut s’estomper à la moindre difficulté. Il y n’a pas de rapport de force entre l’obstacle et la curiosité.

Disons que la curiosité est le « premier pas » de la motivation.

c)Il n’y a pas de motivation face au fatalisme.

Simple et évident par définition. Mais elle me permet de rappeler que les situations de problèmes proposées doivent donc être « accessibles » afin de permettre à chaque élève d’entrer dans un processus de résolution.

Il faut donc laisser à l’élève la perception ou le sentiment qu’il peut solutionner le problème ou du moins, s’en approcher.

Un enfant se croyant trop nul pour le résoudre, ou se noyant dans une gigantesque montagne d’informations rend un élève fataliste, qui subit et qui par peur de l’échec ne fait rien.

Un élève qui perd la combativité est un élève qui ne cherchera plus et qui subira la solution. Découvrir un monde en le subissant n’est pas le chemin le plus efficace, on tombe facilement dans le travers : « C’est comme ça et puis c’est tout », et les questions du genre « Et alors? »

 

d)La motivation n’est pas contrôlée.

Derrière cette idée, je voulais faire comprendre que l’on est dans du sentimentalisme. Il y a plusieurs raisons pour qu’un élève ne veuille plus faire, parce que l’on joue dans le domaine de l’émotion. Les sentiments peuvent se télescoper ou s’entraîner.

Un élève joyeux sera plus motivé qu’un élève triste et ce indépendamment de la mise en situation propice que l’on aura pu mettre en place.

Discours quelque part déculpabilisant pour nous enseignants, mais c’est la réalité, un apprentissage est plus efficace si le contexte émotif de l’apprenant est stable.

e)La motivation ou l’art de l’épreuve de la remise en question.

Difficile d’aborder cette notion de la motivation, je vais essayer.  Un individu aura beau voir un obstacle accessible, il faut un intérêt a le combattre. L’intérêt peut-être ludique ou celui de la reconnaissance (par la note ou plus simplement un retour évaluatif). Un enfant doit avoir une raison pour faire ce qu’on lui demande.

Il va de soi, qu’un environnement ludique est plus attrayant. Pourtant certains élèves le font sans qu’on leur fournisse cet intérêt.

Je crois que ces élèves sont actifs parce que leur enseignant leur a dit, donc ils se mettent dans une position de redevant face à l’enseignant, l’intérêt est donc de remplir la tâche car c’est leur devoir, un peu comme un roi demandera à son chevalier de combattre pour lui.

Pour d’autres, c’est un moyen de se tester, apte ou non à réussir cette épreuve. Cela va plus loin que l’acte ludique puisque cela provoque une mise en danger. Ce sont, par exemple, ces élèves timides qui prennent la parole subitement face au groupe. Il y a une recherche de limites chez certains élèves qu’il faut savoir exploiter pour créer cette motivation.

 

f)Conclusion

On a donc vu que la motivation est un sentiment qui s’acquiert lors de la rencontre d’obstacles suffisamment complexes  pour qu’il y ait du mérite et suffisamment simples pour que l’élève se sente capable de le combattre dans un contexte ludique ou de défi.

D’ailleurs c’est l’objectif des jeux dits « serious games« , ils génèrent la motivation chez l’apprenant par l’attrait ludique qu’il offre.

 

La motivation est donc essentielle pour que l’apprenant aille dans un processus positif (et donc actif)  d’apprentissage.

Voyons ce qu’est la créativité…

II.La créativité, sa définition.

a)La créativité n’est pas issu de rien.

L’histoire humaine repose sur sa capacité à s’adapter à son milieu par un processus créatif, dépassant ce qu’il connaît, pour aller au delà d’obstacles ou de contraintes. J’explique mon a propos, tout processus créatif repose sur un but :

« Changer ou détourner le connu pour en apprécier le profit que sa transformation apporte. »

La créativité donc repose sur le vécu de l’homme et seul celui-ci lui permet d’inventer.

Lavoisier disait : « Rien ne se crée, tout se transforme. » J’appliquerai ceci à la créativité dans le sens, où rien ne vient réellement de l’inconnu mais de l’expérience vécue.

D’ailleurs comment analysons-nous le réel inconnu que nous subissons (qui est opposé à la créativité car celle-ci ne se subit pas, elle prend essence dans la volonté de l’humain qui la porte)? Nous faisons des analogies de notre connu  pour évaluer l’inconnu.

Accepter qu’un élève soit créatif, c’est l’accepter dans son intégralité que ce soit son vécu et ses capacités.

b) De la motivation naît la créativité …

Pour être en posture de créer, il faut un projet, un objectif vers quoi tendre. L’apprenant doit donc avoir en tête la réussite d’un projet.

Ce qu’on peut appeler la créativité est l’originalité du chemin qu’il parcourt pour atteindre son objectif. Bien sûr, il y a des « chemins » classiques qui eux sont le seul fruit d’un apprentissage, ceux-là ne font pas appel à l’esprit créatif de l’individu mais seulement à un esprit de restitution.

On peut donc d’ailleurs se demander si dans notre enseignement nous laissons place réellement à la créativité, voyons nos « méthodes » sur lesquelles nos chers chérubins accourent pour solutionner des problèmes dits classiques. Elles annihilent toute création….

Il existe des projets permettant l’expression de la création, par exemple, les problèmes ouverts ou les problèmes d’estimations où la réponse n’est pas unique et où il existe de multiples solutions empruntant des axes complétement différents.

c) … et de la création naît la motivation.

Ces deux notions sont bien imbriquées, ce qui suggèrent d’ailleurs des situations de cercles vertueux ou vicieux dans le duo Motivation/Création.

Pour préciser mon idée, je vais décrire ce qui se passerait si nous refusions constamment des solutions originales (qui sont correctes) à un élève. Force est de constater que celui-ci au bout d’un moment se résignera à ne restituer que le cours et d’appliquer seulement LA méthode de l’enseignant. Dans l’émotion qu’est la résignation, il n’y pas de motivation, et  on subit la solution.

Favoriser l’expression de la création permet donc la motivation : « ce que je crée peut-être bon, je sert à quelque chose, je suis utile. ».

La création permet de prendre confiance en soi, on peut imaginer, créer, faire quelque chose de correct et en cela elle pousse à aller plus loin : elle motive.

d) Conclusion

La création ne vit que dans des situations qui permettent son expression.  La créativité ne repose que sur les libertés que l’on donne aux élèves et l’acceptation des fruits de cette expérience par l’autorité que nous sommes. Il faut valider ces démarches.

Encourager ces démarches me semblent pertinents, bien sûr cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais donner des exemples et/ou méthodes, car comme on manierait un outil, on nous a montré comment l’utiliser en nous offrant un exemple (une méthode) et  « naturellement » nous l’utilisons ensuite à notre manière.

La méthode ou l’exemple donné par l’enseignant est donc fortement utile voir primordiale (donne l’utilité d’une notion vue en cours). Mais il ne faut surtout pas renier les chemins « déviants » qui sont corrects.

 

III La créativité, la motivation : des leviers pour l’apprentissage

 

Comme nous l’avons vu, de la motivation naît un apprentissage actif et donc efficace des notions. La créativité, elle, permet de prendre confiance en soi, un élève qui a confiance sera plus enclin à apprendre et/ou être actif dans le processus d’apprentissage.

Les renier, c’est renier le statut de l’élève comme un individu capable de faire SEUL et d’IMAGINER.

Un apprentissage n’est efficace que si l’élève est actif (créativité) et enclin (motivation) à apprendre.

 

 

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30 novembre 2011

Dimensions

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I Dimensions

Vous avez parlé de dimensions? Je vous livre ici une petite pépite sur les dimensions spatiales. Le documentaire se découpe en 9 chapitres et dure environ 2h. Les auteurs sont Jos Leys – Étienne Ghys – Aurélien Alvarez, respectivement ingénieur spécialisé dans l’imagerie mathématiques, directeur du CNRS de Lyon et doctorant à l’ENS de Lyon.

 

Il aborde progressivement la notion de dimensions de la 2nde (cartographie…) vers la 3e puis la 4e dimension et les manières de la percevoir.

Tout y est, parlant de l’hypercube, en passant par une adaptation osée de Flatland avec les reptiles d’Escher.

 

 

Ensuite viennent les nombres complexes, leurs créations et l’idée de considérer que multiplier par (-1) revient à faire une rotation de 180° donc multiplier par la racine carré de -1 revient à une rotation de 90°. (vraiment utilisable pour aborder la notion de complexe!), avec une ouverture sur les fractales sur les fonctions rendant les points instables par une application répétitive de celles-ci.

 

 

 

Enfin on termine par la topologie et la fibration  qui me semblent vraiment difficile du premier abord pour des élèves et largement du hors-programme.

 

 

 

 

 

La vidéo est vraiment de qualité, on regrettera parfois les lenteurs dans les animations qui cassent un peu le rythme.

Cette vidéo s’envisage plus en lycée. La notion de projection n’est pas du tout abordée au collège si bien qu’au premier chapitre les élèves décrocheront.

La vidéo est sous licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 3.0 Unported.

Nous distribuons le film sous une licence  Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 3.0 Unported. Creative Commons License

Qu’est-ce que cela signifie ?

Tout d’abord : Vous êtes libres de reproduire, distribuer et communiquer tous les chapitres de ce film au public mais vous devez respecter les conditions ci-dessous.

Cette licence a trois conditions :

Paternité : Vous devez citer les noms des auteurs originaux de la manière suivante : (mais pas d’une manière qui suggérerait qu’ils vous soutiennent ou approuvent votre utilisation de l’œuvre)  « Dimensions par Jos Leys – Étienne Ghys – Aurélien Alvarez » .

Pas d’Utilisation Commerciale. Vous n’avez pas le droit d’utiliser ces films à des fins commerciales.

Pas de Modification. Vous n’avez pas le droit de modifier, de transformer ou d’adapter n’importe quelle partie du film.

 

Les vidéos sont aussi téléchargeables sur le site dimensions

II. La vidéo

 

 

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23 novembre 2011

L’histoire de Pi

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I.Une petite trouvaille sur l’Histoire de Pi.

Les babyloniens savaient déjà 2 000 ans avant notre ère que le périmètre d’un cercle était proportionnel au diamètre. Par contre, savoir la véritable valeur de cette constante que l’on nommera plus tard « pi » pour périmètre et que l’on notera de la lettre grecque minuscule constitue une aventure mathématique.

 

doodle de google sur Pi

II.La vidéo

Voilà une conférence du mathématicien Jean Brette sur cette aventure dans la célèbre salle du palais de la Découverte consacrée à .

Cette vidéo est accessible aux lycéens mais aussi aux collégiens. Jean Brette montre l’ensemble des processus pour approcher  d’un point de vue historique.

Cette vidéo est intéressante à exploiter avec les collégiens pour leur montrer que les constantes en Mathématiques n’ont pas toujours été évidentes et qu’elles ne vont pas de soi. On montre aussi l’utilité de l’informatique dans la recherche en mathématiques et que les deux domaines ont besoin des uns et des autres pour exister.

Elle n’est pas utile pour acquérir les notions de programme (lycée ou collège) mais comme ouverture culturelle, cette vidéo l’est vraiment.

 

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