24 mai 2011

6eme : le permis rapporteur….

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On y est arrivé, la séquence sur le rapporteur est terminée et validée pour tout le monde! Enfin!

Après avoir erré à la recherche d’une solution pour rendre les élèves autonomes sur l’apprentissage de la gestion du rapporteur, j’ai trouvé un petit bijou fait par l’IREM : 123maths.

123maths est une réflexion de plusieurs enseignants de l’académie d’Amiens, cette réflexion est semble-t-il finie et a aboutie entre autre au « PERMIS RAPPORTEUR ».

Après avoir expliqué aux élèves, comment fonctionnait le rapporteur et tenté que tous arrivent à réussir leur première mesure d’angle,  on se retrouve à refaire le grand écart entre ceux qui comprennent tout et ceux où tout pose problème jusqu’au maniement du rapporteur avec les mains…

J’ai donc décidé de sortir la carte du petit permis rapporteur….

« Vous allez passer votre permis, le grand sésame qui ouvrira les portes de la mesure des angles »

La curiosité des élèves est piquée au vif, « mais quel est ce permis? »

I. La séance informatique.

Nous ne possédons qu’une salle de 14 postes, tant pis, ils seront deux par ordinateurs.

Je leur demande d’accéder à la page suivante :

permis rapporteur

 

L’application faite par 123maths se décline en 3 parties :

  • Mesure d’angle : niveau 1 et 2 (entraînement)
  • Construction d’angle : niveau 1 et 2 (entraînement)
  • Évaluation : Passer le permis rapporteur

A deux, les élèves s’entrainent à l’aide des parties liées à l’entraînement. Le fait d’être à deux permet aussi que les élèves se corrigent entre eux. L’utilisation de l’application est simple, elle se fait essentiellement à la souris, et au clavier pour écrire les angles.

On passe  20 à 30 mn sur les exercices d’entraînements.

Je sonne la fin de la période d’entraînements, je désigne, sur chaque poste, l’élève qui passera l’épreuve en premier, généralement je choisis celui pour qui, il n’y aura pas de problème, afin que l’autre élève puisse acquérir encore des connaissances par de bons exemples exécutés devant lui.

A la fin du permis, l’application rend deux notes sur 10, l’une concernant la construction et l’autre la mesure. (Attention, l’application a su demander de construire  un angle de 0°, infaisable à l’aide de l’application, j’ai été obligé de dire à l’élève de faire n’importe quoi pour passer à la question d’après, il a donc eu une erreur).

Ensuite, on échange les places, les élèves n’ayant pas pu passer le permisse mettent devant l’ordinateur et s’exécutent.

J’ai noté  les résultats de chacun et … fin de l’heure!

Le lendemain, j’ai photocopié un permis papier que j’ai confectionné pour « valider » l’utilisation du rapporteur, disponible ici.

II.Bilan de la séance

Tout d’abord, un ressenti positif de la séance, les élèves se sont bien impliqués et ont bien joué le jeu (le sérieux de l’épreuve).

L’utilisation de l’application a permis de rendre les élèves autonomes  et j’ai pu me concentrer sur les élèves faibles.

Cet outil informatique a aidé à palier les problèmes de placement du rapporteur à l’aide des mains. J’ai remarqué que des élèves qui ne savaient pas quoi faire du rapporteur, comment le placer, y arrivait très bien sur l’outil.

On peut penser que la gestion de l’espace est différent sur l’écran. En effet, la zone où doit se concentrer l’élève est plus étroite, ce qu’il l’aide à choisir le bon endroit où placer le rapporteur. (pas de trousse qui traîne, ni de livre …). On a un environnement « propre ».

Néanmoins, ce n’est pas un miracle, mais les élèves faibles qui pensaient ne jamais y arriver, ont pu prendre confiance en eux et  trouver les ressources pour progresser. Bien sûr, d’autres séances ont été nécessaire pour s’exercer à bien placer le rapporteur en situation réelle. Mais en première accroche…

III.Et on continue!

Ensuite le reste de l’année, on peut continuer dans l’imaginaire du permis. Si des élèves font des erreurs pendant le cours, on peut leur demander leur permis et leur enlever des points. Cela permet de les mettre dans la condition de « sauver leur savoir », et être conscient que c’est une compétence qui se travaille sur le long terme.

Outre « l’accroche » que ce permis offre à l’enseignement de la manipulation du rapporteur, il permet aussi de matérialiser le savoir lié au rapporteur. Cette matérialisation confère à l’apprenant la perception de ce qu’il a acquis. L’imaginaire permet aussi de déformaliser le côté scolaire de la compétence en faisant le parallèle au permis de voiture qui est une compétence d’adulte.

 

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22 mai 2011

Le rallye mathématique : le socle commun

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La fin de l’année se précise, le beau temps fait des ravages sur l’attention des élèves, et pour moi en ce beau weekend, il faut finir l’atelier pour la finale du Rallye Mathématique de la Sarthe…..

Le Rallye Mathématique de la Sarthe, c’est quoi?

epreuve 6e du rallye

epreuve 6e du rallye

Le Rallye Mathématique de la Sarthe existe depuis plus de 20 ans. Il a commencé par rassembler 51 classes (seulement de 6e) autour d’épreuves de mathématiques. Au fil des années, celles-ci ont évolué pour couvrir tous les niveaux (6e, 5e,4e, 3e)  rassemblant à 490 classes.

Actuellement, l’équipe d’enseignants (dont je fais parti) est au nombre de 10, menée d’une main de maître par Gilles Ravigné.

Les deux premières épreuves se passent dans les collèges respectifs des classes. Elles donnent lieu à des petits problèmes accompagnés d’un énoncé plus complexe portant par exemple sur la géométrie ou le codage.

Généralement, ce sont les enseignants de mathématiques qui font passer ces épreuves. Les élèves sont laissés en autonomie, à eux de gérer le temps, de se gérer entre eux et surtout de décider d’une réponse commune. En effet, contrairement au concours Kangourou, ici c’est la classe qui joue « ensemble ».

Les problèmes ne font pas forcément appel aux cours qu’ils ont vu.

La finale du rallye, se passe en plein air, rassemblant les 5 classes finalistes de 6e, 5 classes de 5e, 4 classes de 4e et enfin 4 classes de 3e soit en tout 18 classes. Ici, on propose des ateliers, avec des appareils de mesures (par des géomètres) , balances de Roberval, des mesures d’angles ou des jeux de logiques … Il s’agit de proposer des énigmes où les stratégies sont multiples et les situations peu ou pas connues.

En quoi, le socle commun est-il travaillé?

Rappelons les items du socle commun liés aux mathématiques et à l’autonomie :

 

¤ Rechercher, extraire et organiser l’information utile.
¤ Réaliser, manipuler, mesurer, calculer, appliquer des consignes.
¤ Raisonner, argumenter, pratiquer une démarche expérimentale ou technologique, démonter.
¤ Présenter la démarche suivie, les résultats obtenus, communiquer à l’aide d’un langage adapté.
¤ Etre autonome dans son travail : savoir l’organiser, le planifier, l’anticiper, rechercher et sélectionner des informations utiles.¤Identifier ses points forts et ses points faibles dans des situations variées.¤S’intégrer et coopérer dans un projet collectif.¤Assumer des rôles, prendre des initiatives et des décisions.

 

La réponse est simple, le rallye mathématique est avant tout un travail de groupe. Les élèves sont en pleine autonomie et doivent réagir à une tâche complexe.

Mais « Le simple fait que ce soit un concours ne va-t-il pas parasiter le travail de groupe? ».

Au premier abord, c’est effectivement, ce qu’on peut penser. L’organisation du groupe tournera autour des bons élèves qui doivent chercher « car eux seuls peuvent faire gagner la classe, monsieur, nous on est nuls! ».

Et non! Bien au contraire, il suffit d’analyser les sujets, ils sont trop longs, obligeant le groupe à répartir les problèmes, les bons éléments ne vont donc pas pouvoir tout faire, laissant la possibilité à d’autres élèves de s’investir pour le bien de la classe.

Quid de l’apprentissage de l’autonomie?

Comme je l’écrivais dans un article précédent, l’autonomie ne s’acquiert que par la confrontation à des situations qui permettent d’être autonome. Mais aucune transmission par l’enseignant pour aider à cet apprentissage n’est possible comme on le ferait pour des connaissances.

En supposant que tous les élèves participent chaque année au Rallye, alors, ils auront participé à au moins 8 épreuves en groupe par an. Bien sûr, ce n’est pas suffisant, mais l’intérêt du concours permet une meilleure cohésion du groupe, la coopération y est plus saine.

Conclusion

C’est simple! Participez au Rallye-Mathématique! De plus le classement final fait en sorte qu’une seule classe par établissement puisse être en finale, donc il y a 18 établissements qui participent à la finale parmi 47 inscrits. Ce qui laisse quasiment deux chances sur cinq d’être en finale. Et quel rayonnement sur le collège!

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20 mai 2011

Le socle commun, quel avenir?

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On y est. C’est la fin de l’année, les 3emes doivent valider le socle commun, le « sésame » qui doit clôturer le cycle du collège. Il y a 5 ans, déjà les inspecteurs nous parlaient de ce socle, à l’époque, ce fût un scandale, « 100% des élèves en sortie de collège devaient valider les 7 compétences », et de ne pas l’avoir empêchait d’avoir le brevet. Que faire des élèves qui même après avoir mis en place des dispositifs n’y arrivaient pas?

Aujourd’hui c’est différent,  le discours a changé, au contraire, le brevet valide le socle commun quoi qu’il en advienne. Il faut donc se concentrer sur le élèves qui ne sont pas susceptibles d’avoir ce brevet. Ces fameux 15-20% d’élèves qui ne l’auront vraisemblablement pas.

Mais d’abord, quel est le but de ce socle?

En regardant, les compétences de plus près, on souhaite que les enfants maîtrisent la langue française, pratiquent une LV2,  aient une culture et une attitude scientifique, maîtrisent l’informatique, aient une culture générale et enfin qu’ils soient responsables et autonomes. Bref qu’ils soient des individus prêts pour la vie active (quand on sait qu’ils doivent voter 3 ans après la 3eme).

Sur le papier, l’idée est alléchante, on recentre les efforts de l’école sur son but premier : éduquer au sens large.

Quel est le dispositif d’évaluation du socle?

Un enseignant du même collège peut valider les items pour les élèves dont il est le professeur.  Donc l’évaluateur a un parti pris dans l’évaluation.

Mais, on pourrait se dire :  » Comment valider autrement? Il faut voir les élèves dans l’action, juger de l’autonomie des élèves ne peut se faire que si l’on connaît les élèves ».

Effectivement, et c’est sans doute, là où se pose le problème du socle (non pas de l’idée mais bien de sa mise en place) :

– Les professeurs ne souhaitant pas s’ennuyer avec le socle, valideront tout

– Les principaux souhaitant faire monter les chiffres de l’établissement, valideront tout.

– La responsabilité partagée entre les collègues, (aucun n’est référent, pas de sensation d’être en faute si on n’évalue pas :  » D’autres s’en chargeront« )

Prenons un exemple concret, mon collège public se trouve dans la même ville qu’un collège privé. Malgré une entente cordiale pour transférer des élèves qui nous posent problème, c’est « la guerre » pour attirer les élèves dans le bon établissement. Si vous expliquez à Mme « Michu »  que le socle commun est un sésame pour les études et que dans ce collège là, ils l’ont tous alors que dans l’autre (qui fait bien son travail) certains ne l’ont pas, quel va être son choix?

 

La remédiation pose, aussi, problème.  Quelle remédiation peut-on proposer pour l’autonomie, à part les mettre en situation de l’être? C’est à eux et eux seuls que leur revient la possibilité de l’être. Comment peut-on apprendre à un élève à être autonome sachant qu’il sera justement dépendant de notre remédiation.

Prenons aussi les contraintes de l’emploi du temps pour les élèves et les enseignants volontaires pour la remédiation.

Avant de parler de remédiation, il faut aussi penser au suivi, il y a 5 ans aucun outil n’existait pour permettre le suivi des élèves pour la validation du socle commun, étrange d’ailleurs sachant que l’outil de validation du B2I était déjà en place. Un copier-coller de ce système aurait permis de « lancer » au moins un outil, certes peu ou pas pratique.

Actuellement des solutions sont apparues entre les payantes « pronotes » (nulle, interface pas du tout pratique!) et celles gratuites faites par les petits fonctionnaires sur leur temps libre : scolatix.org (moi,moi,moi!), OSIRIS …

Il est étrange de constater que le socle commun ait été mis en place sans ce type d’outils. Au début, je trouvais cela scandaleux de nous prendre pour des esclaves. Mais en réfléchissant à ce qui aurait pu se passer si tel avait été le cas, les enseignants auraient contesté l’outil ( « Il est nul », « Il est mal fait », et « Si je veux ça, on peut pas! », « c’était mieux avant ») , alors que la variété d’outils qui tourne autour du socle commun permet de faire un choix, un choix local, d’établissement. La possibilité de créer son propre outil permet d’adapter un système à une politique locale.

On touche là, à la liberté pédagogique, on nous a laissé libre de choisir, il est marrant de voir que certains enseignants trouvent cela inadmissible (j’en faisais parti… )….

En conclusion, c’est une bonne idée, mais difficile à mettre en place. Maintenant que des outils ont émergé, il serait souhaitable d’uniformiser le système de suivi et d’avoir un contrôle sur l’objectivité des évaluations. A ce dernier problème, je vois difficilement une solution.

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