Le travail du soir… une vraie question

[sommaire]billet-humeurIl n’y a pas longtemps se tenait la journée « portes ouvertes » de mon collège. J’étais positionné en salle informatique pour faire la démonstration de l’utilisation du serveur Scribe, e-lyco (oups pas de connexion internet au collège le samedi!!) et des caméras-documents (appelées visualisateurs).

Les parents étaient plus nombreux que d’habitude, plus réceptifs que les années passées. Certains parents m’ont même parlé d’eux-même de logiciels libres, qu’une utilisation de logiciels gratuits permet aussi aux enfants de les installer chez eux! Génial que des parents puissent se saisir d’un tel problème, non?

education-25155_640Mais vers la fin, deux parents sont restés, et m’ont parlé, inquiets, des devoirs à la maison. Connaissant un peu le sujet, je leur ai indiqué aux premiers abords que la loi (décret de 1958 de mémoire) ne concernait que les écoles primaires et en aucun cas le collège ou lycée.

La maman me faisait part de difficultés pour suivre le travail de ses enfants, ses horaires et ceux de son mari étaient incompatibles avec une aide au travail le soir. C’est une situation que nous rencontrons de plus en plus souvent.Je lui ai dit un de mes arguments, qu’un élève doit gagner en autonomie, construire sa capacité de travail (effort face à la tâche) et que le travail le soir permet aussi d’y arriver. Mais en tant qu’enseignant, les exercices allaient néanmoins vers un nombre plus étroit d’exercices.

La matinée se termine, je rentre au Mans avec la CPE et j’évoque ce passage. Sans m’y attendre, on a discuté longtemps, nos points de vues divergeants complètements. Je vais donc commencer par ce quoi, on était d’accord et terminerait par nos solutions totalement opposées.

I. Le travail du soir : un élément discriminant pour les élèves.

Le (manque de) temps

On le vit au quotidien, cela se ressent, les élèves qui ont du soutien de la part de leurs parents pour le travail le soir sont moins perdus, les exercices faits généralement avec soin, et le cours à peu près appris. Du moins, quand il y a des alertes, les parents se saisissent du problème et généralement suivent de près le travail du soir de leurs enfants. C’est ce que j’appellerais la collaboration des parents avec l’école, l’enseignant aide en classe et les parents aident chez eux, on tire un bilan lors des rencontre parents-professeurs (ou avant si ça va de mal en pis).

Une relation centrée sur l’élève, ce dernier est encadré et soutenu.

Évidement, les parents n’ont pas tous le temps de se consacrer tout le temps à cela, la plupart du temps, ils laissent d’abord leurs enfants en autonomie et ne réagissent seulement quand il y a des soucis.

Et il y a ceux qui n’ont jamais ce temps. Parfois les enfants ont une telle volonté que cela compense cette absence, parfois non. Et là, on retrouve des élèves décrocheurs, perdus, ne sachant pas comment faire, ne voyant que peu ou pas d’intérêt.

Bien entendu, on peut les conseiller, les secouer, mais nous ne sommes pas là le soir à les aider!

Pas les mêmes aptitudes pour les aider

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En milieu rural, je crois que c’est encore plus criant de vérité, on retrouve beaucoup de parents démissionnaires parce qu’ils étaient par exemple « nul en maths« , et ce même sur des notions de 6e. Certains parents avouent même avec humilité qu’ils ont arrêté les études tôt et que sur certains points leurs enfants est plus avancés qu’eux.

Comment les aider quand on ne comprend rien? Comment un enfant peut se dire, je vais y arriver si quand il demande de l’aide à une autorité de référence, on lui dit « je ne sais pas« ?

Là aussi, on voit le grand écart entre les élèves soutenus par une famille au niveau culturel élevé, où les enfants sont plus stimulés que d’autres.

Un milieu (dé)favorisant

Des familles au niveau social élevé peuvent avec certitude émanciper leurs enfants par un accès à la culture aisé. Ce bagage culturel aide sans conteste ces élèves. On leur demande avec le socle de plus en plus de confronter aussi leurs avis avec eux des autres. En étant plus « éclairé », on argumente plus facilement, on a « les billes » pour poser un raisonnement construit.

Bref, dans ce fonctionnement, l’école est très inégalitaire. Collège unique? Non, L’école pour tous? Certainement pas.

II. Des solutions possibles?

a) Pas de travail à la maison.

C’est la solution de ma confrère CPE. Elle s’aligne en fait sur l’idéologie de Franck Lepage. Celui de modifier l’ascenseur social pour ralentir ceux qui peuvent aller plus vite (par un milieu social favorisant), afin que les élèves issus d’un milieu défavorisé les « rattrapent ». Cette idée est évoquée assez rapidement lorsqu’il parle du parapente. C’est sans doute la seule idée que je réfute, et pourtant qui m’a fait réfléchir.

Pourquoi un homme défendant l’éducation populaire en vient à cette idée un peu contre productive? Y-a-t-il des préjugés à cette idée qui m’empêche de concevoir cela?

Je n’ai tout d’abord pas d’idées arrêtées, mais je ne suis pas convaincu.

L’idée que je me fais de l’éducation est justement d’aller tous ensemble vers le même objectif, non en ralentissant les plus forts mais en aidant les plus faibles.
FrLepage
Arrêter les devoirs? C’est aussi arrêter l’éducation par les projets de classe qui peuvent demander de l’investissement chez soi. Et puis il y aura toujours des élèves qui feront des devoirs chez eux, soit par obligation des parents (ou d’un soutien scolaire payé), soit par envie. L’envie qu’un enfant peut avoir à apprendre à aller plus loin que les autres.

Donc en somme, on ne pourra jamais interdire les devoirs, on ne répondra juste qu’au besoin de parents qui ne peuvent les aider, et cette réponse est loin d’être la meilleure, car on accentuera la différence (pas des élèves, mais des différences sociales).

« Oui mais dans nos pratiques, on ne prendra pas appui sur les travaux domestiques des élèves!! »

 

Mais par différenciation afin d’éviter que les élèves s’ennuient (un élève qui s’ennuie perturbe la classe plus facilement) vous le ferez allez plus loin, donc en somme les différences existeront, et les devoirs à la maison se feront toujours et sauf que là, vous ne les contrôlerez plus. Vous ne choisirez plus la progression des acquis des élèves.

*On peut penser que c’est mieux, qu’un enfant puisse apprendre de lui-même des concepts nouveaux sans l’aide l’adulte référent. Là sur ce point, je ne suis pas sûr, parfois un enfant peut construire un concept erroné ou dépourvu de sens qui parfois demande encore plus de temps de le déconstruire pour mieux le reconstruire et peut « embrouiller » d’autant plus.

Bref une fausse bonne solution pour moi, mais comme je l’ai dit, je n’ai pas arrêté mes idées..

b) Une étude du soir.

concentration-16032_640Voilà l’enjeu véritable.

Créer une plage horaire pour les élèves peuvent être encadrés d’adultes (enseignants ou surveillants) pour être aidés et stimulés lors de ce temps.

Combien d’élèves j’ai-vu en internat (du lycée) qui revenait nous voir et dire qu’ils travaillaient réellement le soir pendant les études? Beaucoup!

Bien entendu, on préférerait que les parents se saisissent de cela, s’impliquent dans la vie éducative et culturelle de leur enfant.

Là, les élèves stimulent leurs capacités d’efforts face à la tâche, là, ils peuvent être aidés aussi individuellement, là ils peuvent aussi faire preuve d’autonomie « guidée » (d’abord seul face aux exercices et avec un adulte s’il y a un problème pour lui apprendre l’usage d’un cahier de cours ou comment « apprendre »), utile pour le socle:

Un élève qui apprend à être autonome.

Cette solution a plusieurs contraintes :

  • un coût, il faut payer ces adultes.
  • requiert que les transports scolaires puissent s’y adapter (chez nous, les transports posent problème, seuls 30 élèves peuvent bénéficier de ce temps.mais au moins, les enfants sont accompagner.

Et là, c’est ce qui fait que cette solution est décriée et rapidement mis au rebut dans cette période de diète économique….

 

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Affiches d’énigme pour la semaine des mathématiques

La semaine des mathématiques, c’est quoi?

Elle se déroule du 18 au 23 mars 2013.

C’est la seconde édition de la Semaine des mathématiques  sur le thème Mathématiques de la planète Terre. La thématique retenue s’adosse à celle du projet international Mathématiques de la planète Terre (MPT) 2013, soutenu notamment par l’Union mathématique internationale et sa sous-commission enseignement, et placé sous le patronage de l’UNESCO.

Le groupe de mathématiques dont Gilles Ravigné (chef d’équipe du Rallye Mathématiques de la Sarthe) fait parti a réfléchi au moyen de faire vivre cette semaine dans les établissements scolaires. Gilles a fait travailler l’équipe du rallye mathématique de la Sarthe pour concevoir des énigmes pour les collèges.

Nous avons donc réfléchi aux énigmes et ensuite  Gilles m’a demandé de créer un lot d’affiches.

Les affiches

Je vous livre les deux affiches qui seront distribuées (électroniquement) aux collèges de la Sarthe que j’ai conçu sur la demande de Gilles (chef vertueux et vénéré de l’équipe)

Elles sont licence libre propre aux affiches du Rallye Mathématique de la Sarthe. Les images utilisées sont libres de droit (dailleurs je vous conseille le moteur de recherche suivant pixabay  pour trouver des images libres de droit)

Vous remarquerez que la police d’écriture utilisée pour les énigmes est open-dyslexie.
copie de affiche-semaine des maths-2

Les énigmes du jeudi apparaîtront mercredi.[20/03/13  ajout de l’affiche du jeudi]

copie de affiche-semaine des maths

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Les énigmes vidéos, c’est mieux que les énigmes textuelles? Oui, pour les dys et bien plus!

cinema1[sommaire]Voilà pendant ces vacances, j’aurais conçu des énigmes vidéo (dont une avec mon frangin).

Pourquoi ne pas faire simplement un énigme écrite? Pourquoi ne pas continuer mes problèmes de recherches et d’estimations?

Il est vrai ces dernières étaient plutôt une réussite, même si on ne les a pas reconduites cette année. Je reste persuadé qu’elles sont utiles comme tâche complexe, mais pour cela je vous invite à un article que j’avais écrit il y a un peu moins d’un an.

Alors pourquoi avoir dévié vers la vidéo?

Je pourrais répondre brièvement que le projet BREFbref m’a fait découvrir les joies du montage, de la mise en scène  (Une passion de la réalisation que j’avais en moi depuis longtemps ) et que c’est la raison de cette déviation.  Mais en fait, ce n’est vrai qu’en partie…..

La vidéo a pour moi plusieurs utilités :

->Sur la prise d’informations :  « Elle en donne trop, elle en cache.! »

En fait dans une vidéo, on doit observer et aussi écouter. Faire appel donc à un sens qu’on a peu l’habitude d’utiliser : l’ouïe.

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ette prise d’informations se fait en 2 étapes :

  1. – extraire les informations en faisant attention de bien tout extraire, comprendre le contexte de la situation de problème en utilisant la vue et l’ouïe.
  2. – filtrer les informations seulement utiles au problème.

Généralement, la première étape dans une énigme écrite se résume à localiser  les nombres et le vocabulaire mathématique pour extraire les informations associées.

C’est à la fois simple mais malheureusement difficile pour les dyslexiques.

Une vidéo évite la lecture d’énoncé, fait appel à des sens que les dyslexiques savent aussi bien utiliser que les non-dys. Malgré leurs différences, ils sont sur le même pied d’égalité.

->Le développement des élèves :

On attend des élèves qu’ils puissent réagir, qu’ils prennent des initiatives et surtout que dans la vie de tous les jours, ils puissent résoudre les problèmes qu’ils rencontrent. Des objectifs que fixe le socle commun!

Et surtout du bon sens !!!  Depuis quand les problèmes que l’on rencontre sont écrits?

anglemortJe me rappelle un jour, je voulais modéliser mon appartement un peu biscornu sur sweethome3d. Un obstacle de taille : aucun angle droit dans les angles des pièces! Comment mesurer ces angles? Passer un rapporteur est impossible! (Voyez sur un papier, c’est tellement simple!). On a dû donc utiliser une équerre et créer un triangle dont on pouvait mesurer les côtés. Un coup de trigo et le tour était joué.

Comment en faire un texte sans donner l’astuce de l’équerre?

La vidéo va de soi! On présente le contexte visuellement et les essais infructueux (pas de rapporteur possible….)

Bref, une vidéo confronte les apprenants sur des situations concrètes, qui font sens du point de vue mathématique, on voit ce qui se passe comme dans la vie de tous les jours.

->La richesse des égnimes :

Et oui, là où l’énoncé écrit doit être lisible et concis (plus c’est long, plus c’est dur), la vidéo, elle, permet de montrer (une action), de dire, d’écrire.

Bref avec plus de sens tel l’ouïe et la vue, on peut diffuser deux fois plus d’informations en un minimum de temps.

Voyez la dernière vidéo que j’ai faite avec mon frangin :

On retrouve :

  •  le plateau de l’échiquier (les pions en arrière plan devrait aider) et non d’un plateau de dames.
  •  l’explication du ‘doublage’ des pièces de case en case à l’oral
  •  l’explication du ‘doublage’ des pièces de case en case en remplissant les premières cases (moment où c’est accéléré)
  •  énigme posée, on recouvre la France? (image faisant appel à la vue pour souligner la question de manière efficace)
  •  2e énigme posée, on recouvre le monde? (image faisant appel à la vue pour souligner la question de manière efficace)
  •  Une donnée : il y a deux avis contraires, les deux solutions sont donc probables, il faut donc montrer qui a raison avec un raisonnement.

[maVideo]https://mathix.org/video/problemes_ouverts/PB_DUDU/PBDUDU1.mp4.mp4[/maVideo]

voir l’article précédent

 

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