L’informatique dans l’éducation : vrai casse-tête pour le libre

Voilà 3 ans que je m’occupe des ordinateurs du collège. Cette année, on est 2.  Mon collègue est plutôt orienté windows, et moi linux. Moi aussi, comme certains fervents du manchot, je me suis cassé les dents pour faire la promotion de Linux.

Mais d’abord Linux , c’est quoi?

Linux ou plutôt Gnu-Linux c’est un environnement de travail libre, c’est-à-dire un environnement comme windows créé par des bénévoles qui acceptent que leur travail soit diffusé. Richard Stallman est le fondateur du projet GNU et de la licence GPL, il est à l’initiative de l’expression copyleft en opposition au copyright.

GNU : Le libre, c’est quoi?

Je reprendrais l’image de Richard Stallman quand il explique ce qu’est le logiciel libre pour lui en opposition au logiciel privateur.

Imaginez une recette de cuisine que vous possédez. Hum le gâteau est super bon, vous voulez passer la recette à un copain pour qu’il puisse cuisiner ce gâteau.

Imaginez que cette recette soit sous licence Libre : vous avez tout à fait le droit de lui passer, vous avez même le droit de modifier la recette si vous le souhaitez pour l’améliorer ou pour adapter la recette à ce que vous possédez en produit de base.

Imaginons ce qui se passerait si elle était sous licence restrictive : impossible de la passer à votre ami, il faut qu’il la paie au magasin où vous l’avez achetée, impossible de modifier la recette si vous voulez l’améliorer, il faut d’abord en parler à l’éditeur qui vous donnera son avis, et enfin si vous n’avez pas assez de sucre, et bien vous ne pourrez pas utiliser la recette car on ne peut la modifier.

Affligeant, non? Et pourtant c’est ce qui se passe, le code source des logiciels sont exactement les recettes qui permettent d’avoir un logiciel à la fin, il détermine tout, et bien sûr avoir le code source, permet de le modifier et de le diffuser (si bien sûr la licence le permet).

Un nombre important de distributions

Il existe plus de 150 distributions différentes de GNU-Linux, on entend par distribution un système cohérent fonctionnant sur un système LINUX,  certaines sont plus connues  que d’autre (Debian, Ubuntu, Mandriva, Archlinux, Opensuse, Redhat …).

La diversité des distributions qui est parfois décriée (on perd de l’énergie à multiplier les projets qui ont le même but) , mais c’est pourtant ce qui en fait la force.

Le premier argument qui me vient à l’esprit est la propagation de virus sur ce type de système. Un virus exploitant une faille sur un ordinateur avec une distribution A ne pourra pas forcément retrouver la même faille sur une distribution B.  Si on regarde avec le système privateur Windows, la version XP largement répandue, à un instant T, on peut considérer que la majorité (grossièrement) des ordinateurs possèdent la même faille au même moment favorisant la propagation du dit virus.

On pourra aussi parler des 1% d’ordinateurs dans le monde qui utilise GNU-Linux.Pourtant, les serveurs internet qui justement doivent être solides et sans failles, fonctionnent pour les 3/4 sur ce système et non Windows-server.

Le second argument est justement le choix qui s’offre à nous, certaines distributions ont fait des choix de fonctionnements qui diffèrent de ceux des autres, il est ainsi plus simple de trouver notre environnement qui colle à nos souhaits (j’utilise Archlinux, un système un peu moins stable que Debian mais très à jour).

 

Une mise à jour simple

Un système Linux contrairement à Windows, possède généralement un dépôt (ou plusieurs). Ce dépôt est un site sur le net qui contient tous les logiciels installables sur le système. Les logiciels sont centralisés contrairement à Windows, où il faut chercher sur les sites télécharger l’installeur et installer le logiciel.

Comment cela se passe? Ici, une liste de logiciel s’offre à nous et on choisit ce que l’on veut, on retrouve  bien sûr la plupart du temps (cela dépend des distributions) tous les logiciels disponibles. Et le dépôt est mis à jour régulièrement, donc les logiciels (firefox, openoffice, vlc …) sont mis à jour par la distribution, pas besoin de retélécharger le logiciel sur le site, c’est automatique!

 

Pourquoi Windows restera encore longtemps

Quand on est un enseignant lambda qui utilise Windows chez lui, et bien, on a envie de retrouver le même type d’environnement de travail au collège : un système Windows. On aura beau lui promettre « pas de virus »  (car le regdev.exe qui pourrit les clés USB des collègues et qui vérolent petit à petit les ordinateurs, 3 ans de souffrance et ça dure!), des logiciels fiables et connus Openoffice (Libreoffice) , Firefox, chrome… et bien non.

Non pour plusieurs raisons :

  • Microsoft Office est gratuit pour les enseignants et est installé dans quasiment tous les foyers des enseignants
  • Windows est « facile » à utiliser
  • Sous Windows : « Si je veux installer un logiciel, je peux »
  • Le client scribe est compatible windows et s’installe difficilement sous linux, les scripts donnés par les deux agents ne fonctionnent pas.
  • Un windows qui plante tout le monde peut faire quelque chose (pas forcément résoudre le problème, non non monsieur, le croire la plupart du temps, comme « j’ai désinstallé le logiciel en supprimant le raccourci », « une fenêtre apparaît j’appuie sans lire sur « ok »  » …), alors que Linux, à part, crier « Arnaudddddd! J’ai un problème » que faire si je ne suis pas là? Quoique j’ai quelques souvenirs où c’était pour Windows.

Pourtant, les valeurs transmises par le « libre » basées sur le partage, la coopération et la diffusion de connaissance, colle parfaitement à l’éducation et sont, je pense, des valeurs à défendre.

Malheureusement, à l’heure actuelle, aucune politique va en ce sens, il suffit de voir d’ailleurs que les administrations du rectorat utilisent « word », le fameux « .doc » . Ce fichier  lu avec Openoffice.org : « tout est décalé et c’est moche », pourquoi utiliser Openoffice car ça marche pas. Allez expliquer à Mme Michu qu’elle peut directement écrire sous Openoffice.org, elle vous regardera en penchant la tête sur le côté et vous dira : « Je viens de te dire que ça déforme les textes… »

Ubuntu une solution?

Depuis 5 ans une distribution a fait sa place dans le grand public : Ubuntu. Son côté user-friendly a été très apprécié, pas de ligne de commande, je branche mon imprimante, le driver va être automatiquement installé par internet, c’est beau c’est fluide…

J’ai, d’ailleurs, un collègue qui s’est évertué à l’installer sur son portable,  preuve que cette distribution fait moins « peur ». Un autre ordinateur de la salle de techno y est passé aussi, car Windows plantait méchamment, les élèves se sont habitués à cet ordinateur, mais par manque de temps je n’y ai pas ajusté les droits pour un compte élève bridé. Si bien que régulièrement, je dois remettre la barre des tâches visible…

Il faut donc des connaissances sur ce système, et donc un apprentissage que peu sont capables ou veulent faire.

Un problème plus complexe

Le problème des ordinateurs dans l’Éducation Nationale est même plus complexe qu’un choix de système d’exploitations.

En effet, il faut prendre en compte les mobilités des enseignants, si le responsable TICEs ( le responsable des PC) change de collège, l’enseignant qui le remplacera dans cette tâche ne connaîtra pas forcément GNU-Linux, donc la pérennité n’existera pas, on arrivera qu’à des actions ponctuelles tributaires de celui qui s’en charge. De plus, il y a des courageux qui ont su imposer ubuntu et qui quelques années en retrouve les bénéfices, mais il faut passer par cette période où les autres enseignants vous pose et repose les même questions malgré les tutoriaux que vous aurez fait et vous crierons dessus quand ça ne marche pas. (Quand on pense qu’il m’est arrivé de « réparer » un ordinateur qui n’avait pas de son, en allumant simplement les enceintes). Le chemin est encore long….

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Contrôles pour s’entraîner !!!

Pour les élèves qui veulent s’entraîner !!!

J’ai mis sur le site les contrôles que mes élèves ont fait en classe, d’une heure ou plus.

Les interrogations surprises sont avec.

Les devoirs maisons, exercices sélectionnés dans le livre, ne seront pas publiés.

Également présent sur le site : une évaluation finale pour la classe de 2nde, une fort grande partie des compétences de la classe de 2nde y sont abordées, sauf l’algorithmique, que j’ai travaillé avec mes classes par le biais d’une initiation au langage Pascal.

 

Par ailleurs, n’oubliez pas d’aller consulter les fiches de compétences dans la partie « méthodes » qui vous guideront sur les éventuelles révisions à faire cet été !

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6eme : le permis rapporteur….

 

On y est arrivé, la séquence sur le rapporteur est terminée et validée pour tout le monde! Enfin!

Après avoir erré à la recherche d’une solution pour rendre les élèves autonomes sur l’apprentissage de la gestion du rapporteur, j’ai trouvé un petit bijou fait par l’IREM : 123maths.

123maths est une réflexion de plusieurs enseignants de l’académie d’Amiens, cette réflexion est semble-t-il finie et a aboutie entre autre au « PERMIS RAPPORTEUR ».

Après avoir expliqué aux élèves, comment fonctionnait le rapporteur et tenté que tous arrivent à réussir leur première mesure d’angle,  on se retrouve à refaire le grand écart entre ceux qui comprennent tout et ceux où tout pose problème jusqu’au maniement du rapporteur avec les mains…

J’ai donc décidé de sortir la carte du petit permis rapporteur….

« Vous allez passer votre permis, le grand sésame qui ouvrira les portes de la mesure des angles »

La curiosité des élèves est piquée au vif, « mais quel est ce permis? »

I. La séance informatique.

Nous ne possédons qu’une salle de 14 postes, tant pis, ils seront deux par ordinateurs.

Je leur demande d’accéder à la page suivante :

permis rapporteur

 

L’application faite par 123maths se décline en 3 parties :

  • Mesure d’angle : niveau 1 et 2 (entraînement)
  • Construction d’angle : niveau 1 et 2 (entraînement)
  • Évaluation : Passer le permis rapporteur

A deux, les élèves s’entrainent à l’aide des parties liées à l’entraînement. Le fait d’être à deux permet aussi que les élèves se corrigent entre eux. L’utilisation de l’application est simple, elle se fait essentiellement à la souris, et au clavier pour écrire les angles.

On passe  20 à 30 mn sur les exercices d’entraînements.

Je sonne la fin de la période d’entraînements, je désigne, sur chaque poste, l’élève qui passera l’épreuve en premier, généralement je choisis celui pour qui, il n’y aura pas de problème, afin que l’autre élève puisse acquérir encore des connaissances par de bons exemples exécutés devant lui.

A la fin du permis, l’application rend deux notes sur 10, l’une concernant la construction et l’autre la mesure. (Attention, l’application a su demander de construire  un angle de 0°, infaisable à l’aide de l’application, j’ai été obligé de dire à l’élève de faire n’importe quoi pour passer à la question d’après, il a donc eu une erreur).

Ensuite, on échange les places, les élèves n’ayant pas pu passer le permisse mettent devant l’ordinateur et s’exécutent.

J’ai noté  les résultats de chacun et … fin de l’heure!

Le lendemain, j’ai photocopié un permis papier que j’ai confectionné pour « valider » l’utilisation du rapporteur, disponible ici.

II.Bilan de la séance

Tout d’abord, un ressenti positif de la séance, les élèves se sont bien impliqués et ont bien joué le jeu (le sérieux de l’épreuve).

L’utilisation de l’application a permis de rendre les élèves autonomes  et j’ai pu me concentrer sur les élèves faibles.

Cet outil informatique a aidé à palier les problèmes de placement du rapporteur à l’aide des mains. J’ai remarqué que des élèves qui ne savaient pas quoi faire du rapporteur, comment le placer, y arrivait très bien sur l’outil.

On peut penser que la gestion de l’espace est différent sur l’écran. En effet, la zone où doit se concentrer l’élève est plus étroite, ce qu’il l’aide à choisir le bon endroit où placer le rapporteur. (pas de trousse qui traîne, ni de livre …). On a un environnement « propre ».

Néanmoins, ce n’est pas un miracle, mais les élèves faibles qui pensaient ne jamais y arriver, ont pu prendre confiance en eux et  trouver les ressources pour progresser. Bien sûr, d’autres séances ont été nécessaire pour s’exercer à bien placer le rapporteur en situation réelle. Mais en première accroche…

III.Et on continue!

Ensuite le reste de l’année, on peut continuer dans l’imaginaire du permis. Si des élèves font des erreurs pendant le cours, on peut leur demander leur permis et leur enlever des points. Cela permet de les mettre dans la condition de « sauver leur savoir », et être conscient que c’est une compétence qui se travaille sur le long terme.

Outre « l’accroche » que ce permis offre à l’enseignement de la manipulation du rapporteur, il permet aussi de matérialiser le savoir lié au rapporteur. Cette matérialisation confère à l’apprenant la perception de ce qu’il a acquis. L’imaginaire permet aussi de déformaliser le côté scolaire de la compétence en faisant le parallèle au permis de voiture qui est une compétence d’adulte.

 

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