Facebook, Google+ : l’identité numérique

Ca y est! J’ai rejoint l’Italie, pour quelques jours près de Florence, le petit village de Borgo San Lorenzo (comprendre en bon français « bourg saint laurent »). Mon amie qui m’héberge est aussi enseignante en mathématiques, et elle m’a montré un travail que son papa a fait (lui aussi enseignant en Mathématiques) sur les dangers de Facebook ou plus simplement des réseaux sociaux.

I.Le contexte

Le public collégien est particulier, l’adolescence est un passage vers la construction de soi comme une identité rattachée à un groupe. En effet facile de voir des adolescents qui veulent ressembler à un camarade soit en pensant comme lui, soit en s’habillant comme lui. Il est d’ailleurs intéressant que les réseaux sociaux  soient envahi par tout d’abord des adolescents.

 

La raison est donc apriori simple, nos chers élèves ont d’abord besoin de s’affirmer dans un groupe et Facebook permet de combler ce besoin d’une manière nouvelle et plus simple.

Il est en quelque sorte, la continuité de la cour de récréation. Ceci malheureusement rentre en totale contradiction avec la génération précédente où le retour en famille annonçait une « pause » dans ce groupe d’adolescents, vers un retour aux valeurs stables de la famille, une sorte de retour aux sources, sécurisant pour l’enfant.

En effet, l’appartenance à un groupe provoque une mise en danger de soi, par la peur de la non-acceptation, qui d’ailleurs entraîne des conduites à risques allant de la simple insolence face à l’autorité aux conduites addictives (cigarette alcool …) tout ceci en vue d une acceptation. Donc on peut penser qu’apriori Facebook peut exacerber ce type de conduites.

II.Facebook, un danger ?

Oui, Facebook est dangereux, comme l’est MSN ou le sont les forums de sites quelconques. On peut rencontrer des inconnus directement sur le net, nos chères têtes blondes pensent rencontrer un ami de leur âge et malheureusement on peut avoir quelques surprises.

Je pensais, il y a quelques mois, que ces pratiques de recherches d’amis virtuels étaient très marginales. Mais à la suite d’une colonie dont j’étais animateur, on s’est rendu compte que 5 personnes sur les 29 s’étaient adonnées à ce genre de pratiques. Toutes étaient des filles. Et 2 d’entre-elles ont rencontrés leurs « amis » en vrai.

J’avoue cela m’a fait froid dans le dos, et la question : « Tes parents étaient au courant? »  trouvait réponse négative.

C’est un danger réel, les spots publicitaires y trouvent leur utilité.


Ensuite vient les appels à la violence, à l’insolence et au parjure, véritable tendance actuelle qui ne trouve pour l’instant que bien de peu de limite.  Je me rappelle un matin où j’ai appris qu’un groupe d’élèves avait créé un « groupe » contre un certain Théo. Même si nous, enseignants, avions réagi rapidement, le « groupe » sur Facebook  a été fermé 2 jours plus tard. Le mal était fait, l’étiquette est posée sur ce gamin comme étant un paria. Celui-ci n’a pas fait sa 5e dans notre collège.

Les parents considèrent à tort que Facebook est un endroit privé et qu’il n’ont pas à s’immiscer  à l’intérieur. C’est parfaitement entendable de vouloir laisser un espace privé à nos enfants. Mais qui peut contrôler ce qui s’y passe pour éviter les débordements? La sensation d’espace privé de l’enfant n’entre-t-il pas en contradiction avec le fait que les données sont dans un espace public et que le contrôle à postériori est très difficile? (voir un exemple ici )

C’est là le véritable problème, il n’y a pas d’acteur qui puisse contrôler les agissements. Imaginons une cour de récréation sans surveillant, il est difficile qu’en une semaine, il ne se passe rien de grave!

Les seuls acteurs potentiellement capable de pouvoir intervenir dans ce milieu sont les parents. Si les parents ont la sensation de voyeurisme à voir ce que font leurs enfants sur Facebook, quelle sensation, nous enseignants, pouvons-nous avoir? Car c’est amusant de voir que certains parents ont ce genre de propos :

– « Vous regardez ce que font vos enfants sur Facebook? »

– « Non, car j’estime que c’est leur endroit propre à eux… »

– « Qui surveille s’il n’y a pas de dérive ou si ne rencontre pas des inconnus? »

– « …, je ne sais pas moi, vous peut-être?  »

Bien sûr, il faut avoir le temps pour faire cette veille informatique que certains parents n’ont pas mais quelle autre solution avons-nous?

La privation de Facebook?

III. S’extraire de Facebook…

Bien, imaginons que la solution plutôt que d’accompagner son enfant dans l’utilisation de Facebook, nous privions celui-ci de son usage. Deux issues possibles :

– celui-ci va sur Facebook en cachette : Pas d’accompagnement, pas de dialogue avec les parents, et donc tout danger possible…

– celui-ci va sur Facebook une fois un peu plus grand, il le fera seul, sans accompagnement, et refusera tout conseil du fait de son âge.

Nous sommes donc dans une impasse.

La solution est donc bien un accompagnement sur l’usage de Facebook. Renier un changement de la société est bien plus dangereux à mon sens que d’accompagner le mouvement pour en « rectifier le tir » .

La société change, il devient usuel de posséder une identité numérique en plus de notre identité physique. (voyez j’écris cet article sous mon propre nom, voyez aussi les réseaux professionnels)

IV. L’identité numérique, Facebook ou Google+ deviennent une nécessité?

A priori, non, l’identité numérique n’est pas à mon sens une obligation. Mais il faut savoir alors accepter les désagréments de sa non-utilisation.

Tout d’abord, le vol d’identité étant de plus en plus courant, le meilleur moyen que quelqu’un ne se fasse pas passer pour vous est justement de vous créer cette identité. Les homonymies apparaîtront rendant plus méfiant vos amis pour vous retrouver. Ils iront plus difficilement vers le mauvais homonyme et avec réflexion, ils iront vers le vôtre.

C’est un des premiers points qui m’a conduit à me créer cette identité en mon vrai nom : Arnaud Durand. Non pas que je regrette que mes parents m’aient attribué un prénom assez courant, mais avec un nom aussi courant, je dirai que ça n’est pas très original… De plus, quelques enseignants et chercheurs en Mathématiques se nomment aussi Arnaud Durand. (Tapez « arnaud durand »  sur Google). Afin d’éviter tout quiproquo , il a été nécessaire pour mon cas, de me créer cette identité.

Etre présent sur quelques réseaux sociaux (Google+ Facebook) est utile afin que l’on me reconnaisse par mon groupe de connaissances autrement comment différencier deux « Arnaud Durand »?

Les réseaux sociaux  permettent donc « vérifier une identité » par relation de confiance.

Par exemple : « Tiens Marie-Tatiana Forconi connait Arnaud Durand donc c’est bien celui-là que je connais »

Bien entendu, mon identité numérique n’a d’utilité que dans le fait que j’écris dans le domaine public (sur la toile)  des articles en mon nom, pour les adolescent l’intérêt est d’être reconnu dans le groupe d’amis sur la toile :

Facebook et Google+ me permette seulement de lier mon identité numérique à mon identité réelle.

Outre l’utilité légère que Facebook et Google + sont des outils de sociabilisation, ils sont avant tout pour moi des outils de reconnaissances sur la toile. Ils permettent de vérifier l’identité de la personne.

V. Conclusion : Réseaux sociaux ou professionnels utiles pour le contrôle des identités…

Facebook et Google+ ont donc une utilité de reconnaissance au sein de la toile.

Bien sûr, il ne serait pas correct de ne pas parler des dangers de données confiées à un tiers. Il faut être averti  que Facebook et Google+ ont tout pouvoir sur les données que nous transmettons sur notre profil. Il suffit d’en être conscient.

Je parlerais aussi des réseaux sociaux décentralisés (qui acceptent des serveurs personnels) comme Diaspora.C’est, en gros, une copie en licence libre de Facebook mais que l’on peut mettre sur son serveur (un ordinateur chez soi constamment allumé).

Le stockage des données est une problématique majeure du début du 21ème siècle qui s’appuie sur une confiance dans le tiers à qui vous concédez vos données afin qu’elles soient « partagées » .

Ma conduite à l’heure actuelle vis-à-vis des réseaux sociaux est d’y être présent. Je laisse quelques photos de vacances ne faisant quasiment pas intervenir de personnes. Mon profil est très succinct, et quelques photos de moi afin que l’on me reconnaisse et c’est tout : pas d’adresse, pas de téléphone… Des éléments que j’estime non préjudiciable envers ma personne et je veille au grain sur les commentaires.

Ce blog lui m’appartient, j’y laisse ce que je veux mes avis etc… Peut-être j’envisagerai l’auto-hébergement qui me rendra encore plus maître de mes données (car sachez que les mails que vous recevez sont stockés chez votre fournisseurs d’accès ou Google ou Hotmail …), mais l’entretien d’un serveur demande du temps et  n’avoir plus tous ses mails quand on est en vacances parce que son serveur a crashé à 500km de chez soi, c’est énervant….

Bref l’usage des réseaux sociaux est utile, requiert prudence et justement un enseignement à nos chères têtes blondes. Prendre conscience de ce qu’est internet, un espace neutre où tout est publié et de manière définitive.

Voyez par exemple Google qui se souvient de la page d’accueil de mon site : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:mathix.org

Dites-vous que Facebook ou Google+ fonctionne de manière identique….

Une prise de conscience que nos élèves doivent avoir…

 

La bande annonce du film « social-network », expliquant la naissance de Facebook.
Ce film permet de comprendre et de réaliser que c’est une entreprise et qui fait du bénéfice. (Une question à poser aux élèves, comment l’entreprise Facebook fait-elle du profit?)

Il permet aussi de mettre en avant cette envie d’être sur facebook pour faire parti d’un groupe de relations :

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PPRE : diagnostic avant remédiation

Actuellement, en pleine réflexion sur les PPRE, nous avons confectionné un test pour un diagnostic visant à cibler les objectifs à écrire sur les contrats de PPRE.

Je vous livre ici, un premier jet du diagnostic pour les mathématiques.

Celui-ci s’appuie sur :

– l’évaluation nationale des acquis des élèves en CM2 Janvier 2011.

– l’évaluation EGPA Francais mathématiques 2009 (inspection : circonscription strasbourg VI)

I. PPRE : les grandes lignes.

Chaque PPRE mis en place pour les élèves se fera sur 7 semaines (période entre deux vacances). La première séance avant l’entretien avec les familles, nous mettrons en place le diagnostic, afin de cibler précisément les lacunes des élèves et préparer les leviers qui permettront d’y remédier.

Ensuite, signature des contrats avec les parents, élève, PP, principale ou principale-adjointe.

Ensuite, nous avons prévu de nous appuyer sur des ouvrages que nous avons commandé, dès réception je mettrai à jour, ceux que nous conseillons, pour entre autre, la lecture de consignes et l’association problèmes-opération.

II.Le public

Chez nous, seuls certains élèves de 5e, cette année, feront l’objet de PPRE.

En effet ceux de 6e possèdent l’AP qui permet d’avoir le même but que le PPRE :  sur les fondamentaux et sur le long terme.

En 4e, nous estimons que c’est trop tard et que 6 semaines ne suffisent généralement pas, de plus l’emploi du temps est complexe à gérer.

Enfin en 3e, l’emploi du temps est complet et pour extraire un élève d’une classe sans qu’il perde le fil des séances d’une discipline nous paraît pour l’instant inenvisageable.

De plus, nous connaissons déjà ces élèves, anciens 6emes, donc nous connaissons déjà sur quel terrain, l’enfant aura des difficultés.

III.Le diagnostic.

Les thèmes abordés par le diagnostic permettent de tester les difficultés sur :

– la barre de fractions

– positionnement des chiffres (décomposition, ordre)

– lien opération-problème

– analyse d’un texte ou image avec données : extraction de données

– l’observation de volume.

– opération calcul

Ici, il ne s’agit pas de tester la géométrie, en effet,ici, on peut estimer que ce sont des vrais fondamentaux qui peuvent mettre les élèves en difficultés. L’usage de la règle ou du compas ou de l’équerre, requiert bien un apprentissage n’est pas pour moi un élément bloquant. En effet,  » La géométrie est l’art de raisonner juste sur des figures fausses. » Ne faudra-t-il pas, en conséquence, axer le regard des élèves sur le codages donc sur l’extraction de données? Ce sont aussi des prérequis nécessaire au raisonnement, non?

On ne néglige pas pour autant, la géométrie, mais on priori-tise les objectifs, de toutes façons en 6 semaines, il est évident que l’on ne peut tout travailler… Force est de constater qu’il faut faire des choix.

 

Les ouvrages de remédiations viendront plus tard sur le site….

diagnostic.odt diagnostic.pdf

Voir en plein écran

L’ensemble des professeurs de mathématiques du collège Bellevue de Loué ont participé à l’élaboration de cet outil

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Scolatix : expérience d’évaluation par items

Enfin, je m’attaque à la tâche complexe d’expliquer la démarche pédagogique utilisant scolatix.org. L’idée de cet article m’est venu quelques temps après m’être fait inspecté.

Après l’entretien officiel d’une heure où nous avons parlé de l’usage des Tices au sein de l’établissement, où je me suis fait taper sur les doigts dans la gestion du temps et/ou des objectifs de séances,  j’ai pu parler de Scolatix.org pendant environ 45 minutes.

L’inspecteur a su me laisser la chance d’expliquer notre démarche : un constat simple notre site « scolatix.org » ne donne aucune explication sur son utilisation, ce qui a laissé une mauvaise impression de départ. Je vais donc m’efforcer d’extraire de ce dialogue que j’ai eu avec l’inspecteur, les points qui lui semblaient intéressants.

I. Scolatix.org : Le point de départ de la réflexion.

Je reprendrai un peu l’article sur l’historique de Scolatix.

Le point de départ est le défaut de la note traditionnelle. Prenons l’exemple de 3 élèves. Le premier est un élève rapide et sérieux. Le second possède des lenteurs dans l’acquisition d’une notion et enfin le dernier « bachote ».

 

Si nous faisons 3 contrôles sur cette notion, de manière schématique nous aurons :

– pour le 1er     élève :  20 20 20    -> moyenne 20/20

– pour le 2eme élève :  0 0 20         -> moyenne 6.6/20

– pour le 3eme élève :  20 20 0      -> moyenne 13.3/20

 

Pourtant les deux premiers élèves ont les même acquis comme l’atteste le résultat à la dernière évaluation.
Notre but est qu’à la fin de l’année les élèves possèdent tous ces acquis donc ils devraient avoir la même note, et le dernier élève ne sachant plus faire devrait avoir une note inférieure.

Il faut que la dernière évaluation influence la moyenne de l’élève

ou même mieux corresponde à la moyenne de l’élève…

Bien sûr pour comparer des notes entre devoirs, il faut qu’ils portent sur la même notion, c’est pourquoi nous avons décidé de « découper » le programme en « items » et d’évaluer ces items dans chaque devoir.

Enfin on remarquera qu’il n’y a plus d’évaluation formatives ou sommatives avec ce système d’évaluations. La notion d’échec n’est plus la même, on peut apprendre de ses erreurs et aller de l’avant en sachant que l’on peut la « rattraper » : plus de fatalisme destructeur face à l’échec.

L’erreur devient de suite, un outil, un levier pour apprendre et non un outil de jugement.

II.Découpage du programme.

C’est le premier problème rencontré, découper le programme peut paraître fastidieux. Nous sommes chanceux en Mathématiques le programme existe sous forme d’un tableau avec les notions, objectifs et objectifs exigibles. Choisir comme base de départ un découpage à l’instar du programme de Mathématiques est un choix pertinent.

Les énoncés n’étant par contre que peu adapté à la compréhension des élèves, il faut modifier les énoncés, et aussi dialoguer avec la classe afin que celle-ci comprenne l’attendu de chaque item, mais nous y reviendrons plus tard au moment où l’on parlera de l’évaluation.

Nous avons en moyenne 80 compétences par niveau réparties dans 12 thèmes dont le thèmes : « capacités générales » où nous avons intégré des compétences que nous avons jugé utiles d’ajouter.

Chaque item est inclus dans un thème (ou sans parler la langue de bois : le chapitre, même si parler de chapitre peut paraître cloisonnant), ainsi dans le bilan de l’élève, on peut voir un pourcentage d’acquisition du thème, ceci permet de cibler quel thème l’élève a besoin de retravailler en priorité. En effet, avec 80 compétences imaginons l’élève voir les compétences non acquises qui pour lui n’ont pas de liens ou peu de liens, les rassembler dans des lots ( thèmes) permet d’associer les compétences (items) ensemble.

Nous avons donc 3 niveaux d’analyse :

  • Le précis, pour chaque compétence, on a un niveau d’acquisition par l’élève : expert, acquis, en cours d’acquisition, non acquis,non évalué, il permet d’attacher des instruments de remédiations de façon claire.
  • L’intermédiaire, pour chaque thème ( regroupement d’items autour d’un axe) nous avons un pourcentage d’acquisition, il permet de cibler le groupe de notions à revoir.
  • Le global,la note que possède l’élève qui d’ailleurs peut être un pourcentage (option activable sur scolatix.org). Il permet de juger le taux d’acquisition de l’élève par rapport aux éléments vus.

III.La remédiation

A ce niveau, nous avons une note relativement juste, disons qui correspond au niveau d’acquisitions des notions de l’élève.

 

« Remédier aux carences, tout en laissant l’enfant dans l’autonomie. »

 

Ne nous le cachons pas, un élève non volontaire ne peut progresser, il s’agit en classe de lui ouvrir le chemin de la remédiation et de le convaincre de faire certains efforts.

 

Il ne s’agit pas ici, d’expliquer les moyens que nous possédons pour réinsérer l’élève dans la voie de l’effort. Considérons que nous avons fait ce travail.

Le site est un outil idéal pour le rendre autonome , car l’élève, possédant un compte personnel, peut accéder à des documents que s’il consent à y aller. Chaque item possède un document d’entrainement ou de remédiation (bien sûr, c’est à l’enseignant de concevoir les documents et les mettre sur le site par  son interface scolatix.org).

Ces liens apparaissent sous le titre des compétences. (« S’entraîner »).

IV L’avant-évaluation

Voilà, on vient de terminer une séquence et on prévoit une évaluation, cette évaluation qui apparaitrait comme sommative.

Afin de provoquer l’envie de travailler, de donner des points de repère de travail aux élèves, on peut entrer le devoir sur scolatix.org (pas le sujet mais les items évalués), 1 semaine avant le jour du contrôle. Ainsi, les élèves peuvent voir les compétences à travailler, s’approprier les documents qui y sont liés, et travailler de manière précise.

V L’évaluation

La première fois, je vous préviens, c’est long, car on se pose beaucoup de questions.  En effet, la correction est complètement différente : on ne juge plus un produit de l’élève (facile de juger une réponse à un exercice etc…) mais l’élève en lui-même!

On juge les capacités de l’élève, ceci nous amène à nous poser beaucoup de questions sur ce qu’on entend derrière chaque énoncé d’item pour enfin de savoir si, parmi les différents exercices de l’évaluation, celui-ci les possède.

La correction se fait donc en deux temps :

  1. On corrige la copie de l’élève d’une traite.
  2. On prend du recul et on valide ou non les items.

On juge en globalité de ce qu’a produit l’élève, libre à nous aussi d’excuser les fautes d’étourderies si celles-ci sont occasionnelles et accidentelles. On devine que ce sont des fautes d’étourderies en se remémorant ce que faisait l’élève en classe.

Ce qu’on voit donc en classe durant nos séquences peut donc influencer l’évaluation!

Là, j’imagine certains hurlant (cela m’est arrivé lors d’une présentation à Nantes au siège du SE-UNSA qui m’avait invité pour présenter mon outil.) : Mais alors la moyenne de la classe va augmenter!!!

j’ai répondu avec deux arguments  d’une manière sèche pour choquer :

– « Et alors?! »  (Il ne faut pas s’empêcher de mettre de bonnes notes, quand même!!), en laissant un silence de plombs de quelques dizaines de secondes pour enfin terminer par le second argument.

« Un travail de doubles évaluations par note chiffrée et par items fait par mon frère il y a 3 ans, a permis de constater que la moyenne de classe évolue peu : 0,2 pts , mais par contre l’étendue est complètement dilatée : les faibles sont très faibles et les bons très bons ce qui peut amener à penser que les notes sont plus objectives. En effet, des élèves y trouvent leurs comptes passant à 12 de moyenne alors qu’ils atteignaient difficilement 9, ces élèves lents que le système pénalisait sont valorisés. Les faibles ou décrocheurs, eux, ont besoin d’avoir des objectifs plus simples, c’est possible par un travail de différenciations mais ici le site n’apporte rien de nouveau. »

 

Et c’est bien le but de ce projet :  une note juste. Bien sûr, la note peut être désactivée sur le site pour un fonctionnement sans note, mais bon généralement, il nous faut une idée du taux d’acquisition : un pourcentage d’acquisition.

Passer d’un pourcentage à une note est simple : on divise par 5. Pas de langue de bois s’il vous plait! Une note ou un pourcentage, c’est du pareil au même!

VI.La non-note?

Libre à nous d’essayer de faire sans ce nombre, j’ai essayé et il en est ressorti plusieurs difficultés :

– Les élèves tentent de calculer une note avec les bilans de chaque item et en ressortent une note qui ne reflète en rien leur taux d’acquisition.

– Les élèves qui ne font pas ce calcul, se sentent perdu, il leur faut un repère. Ce repère bien sûr nous pouvons leur donner,

« Tu es un excellent élève » = 20/20

« Tu es un bon élève avec quelques difficultés mais globalement c’est bien » =16/20

« Tu es un peu juste mais cela reste correct, revois telle ou telle notion » = 12/20

J’ai, avec peut-être provocation, indiqué une note à laquelle on peut penser lorsqu’on lit ces phrases. D’ailleurs certains enseignants font bien l’inverse : « il a 16/20 de moyenne, c’est un bon élève !!!! »

La note, quoi qu’on dise est un langage que, socialement, tous sont capables de lire, et même les parents.

Au lieu donc, d’essayer de l’enrayer car destructrice (je l’admets d’ailleurs, il suffit de lire les défauts de la note chiffrée en première partie),  la rendre plus juste ne serait-ce pas un moyen plus simple et utile ?

 VII.Les états d’acquisition

Sur le site, on peut observer 5 stades d’acquisitions d’une notion :

  • Expert : La notion est parfaitement maîtrisée sans la moindre erreur
  • Acquis : La notion est parfaitement maîtrisée, peut subsister certaines erreurs d’étourderies.
  • En cours d’acquisition : Certains éléments sont maîtrisés mais la notion en elle-même ne peut être considérée acquises
  • Non acquise.
  • Non évaluée : L’élève n’a pas terminé son devoir et fait les exercices qui permettaient de juger l’état de maîtrise de la notion, ou même, nous, enseignants, n’arrivons pas à savoir.

Dans le calcul de la note par le site, l’état « Expert » et « Acquis » valent 2 points. L’état « En cours d’acquisition » vaut 1 point et « Non acquis » 0 point. L’état « Non évalué » n’influe en rien sur la note, l’équivalent du « non noté ».

Le choix des couleurs du feu tricolore n’est pas anodin, il s’agit de parler un même langage avec l’élève, qu’il comprenne le jugement coloré.

L’état « Expert », est apparu plus tard dans notre réflexion, avec les 3 couleurs, les bons élèves faisaient un travail bâclé, comprenant qu’ils auraient « la couleur verte » malgré tout, pour les inciter à progresser dans le travail nous avons créé la couleur  « bleue ». Évidement, il n’y a pas de changement dans le calcul de la note : les notions sont sues dans le cas « acquis » et « Expert », non?

Mais cela a permis d’engager un « chalenge » vers l’excellence : « Il me faut que de la couleur des experts, M’sieur« . On tire les élèves vers le haut.

VIII.Le socle commun dans tout ça?

Scolatix.org en plus de l’évaluation par items permet le suivi du socle commun.

Le fonctionnement reste identique, sauf que les items du socle commun n’influe pas sur la note générée. Il s’agit juste d’un suivi.

Actuellement nous ajoutons quelques compétences du socle commun dans nos sujets de devoir. Bien sûr, nous n’évaluons pas à proprement parlé les compétences du socle lors du devoir!

Mais au moment de la correction, nous réfléchissons si les élèves ont telle ou telle compétence du socle. Il s’agit donc de se servir de l’évaluation comme une évaluation globale qui dépasse la copie :  un bilan de l’élève à un instant t donné.

IX.Conclusion

L’outil développé n’est pas non plus parfait, la démarche possède un défaut, dommage de terminer par cela, mais je ne savais pas où en parler.

L’outil peut être destructeur si nous ne faisons pas attention pendant le rendu des copies corrigées. En effet, en note traditionnelle, nous évaluons seulement la copie de l’élève, il est simple de dire à l’élève :  » Tu as fait un mauvais devoir, cela ne veut pas dire que tu es un mauvais élève. »

Étant donné que nous jugeons l’élève dans sa globalité, l’excuse du devoir raté ne tient plus,  il faut donc axer la remotivation par la dédramatisation de l’échec : « Ces items seront réévalués la prochaine fois, libre à toi de me prouver que tu les possèdes« .

Cette phrase que j’utilise souvent, a un double mérite, elle permet de renverser le rapport de force  élève-enseignant lié à la note, en effet, c’est à l’élève de convaincre l’enseignant qu’il sait et on ne verra pas d’élèves pleurer: « Monsieur, vous avez oublié 1 point là car le résultat est bon même si mon raisonnement est incomplet« .

Nous maîtrisons totalement l’évaluation et l’élève ne peut plus prendre part aux revendications idiotes de ce genre, par contre si revendication intelligente  il y a, elles seront porteuses de dialogue, de clarification d’objectifs et de remédiations rapides : « Monsieur pourquoi je n’ai pas l’item car … « .

Bref, on réinstaure un dialogue élève/enseignant autrement que par le marchandage….

Toujours pas convaincu?

http://scolatix.org/

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