Auteur/autrice : Arnaud Durand

Enseignant de mathématiques : collège Belle-vue de Loué Membre de l'équipe de formateur de l'académie de Nantes Membre du laboratoire du collège Bellevue Membre de l'équipe TRAAM de l'académie de Nantes blog : mathix.org

Macamdoc … victime de son succès, mise à jour…

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Et bien Si je m’attendais à une belle explosion de mes ressources de mon serveur.

Force est de constater que 200 utilisateurs en même temps, avec de grosse sollicitations par ailleurs, le serveur a complètement planté.

J’ai donc revu le programme pour qu’il fonctionne autrement, seul point négatif, en cas de courte perte de réseau, le programme ne reprendra pas la session comme il devait le faire.

Navré pour les inconvénients, j’ai pas mal de retours en disant que ça ne marchait plus.

Je viens de terminer la mise à jour.

En espérant que ça tienne mieux!

Vous pourrez maintenant choisir votre caméra et le petit bug qui indique que ce qu’on voyait juste avant de prendre la photo était plus petit que ce qu’on obtenait une fois la photo prise est résolu. (un changement de résolution pour gagner en rapidité en était la cause)

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Mise à jour de Macamdoc

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Bonjour à toutes et tous!

J’espère que votre rentrée s’est bien passée! À Loué, une belle surprise de voir notre collège changer de nom (on croyait tous que ce serait l’année prochaine), « Rosa Bonheur ». Un début chaotique du fait des soucis informatiques de l’académie de Nantes, pas de Nuage, pas de Visio des mails non reçus…. J’étais un peu furieux au début mais je me suis fait une raison.

Alors cet été entre mes longues périodes de travaux (2e étage en vu), j’ai conçu plusieurs petits logiciels et ait fait évolué d’autres.

Je vais donc présenter un déjà connu Macamdoc, mais avec une fonctionnalité de zoom! En gros, on peut pincer avec deux doigts la photo qu’on a prise pour la faire zoomer et le zoom se fera automatiquement sur l’ordinateur!

Voilà ce qu’on voit sur l’ordinateur, je bouge et zoom depuis mon téléphone (qui est en données mobiles d’où les légers lags) . Bien pratique pour zoomer sur des parties de documents qu’un élève a rempli etc…

L’application est toujours au même endroit!

https://macamdoc.mathix.org

Elle se mettra à jour normalement, si ce n’est pas le cas, il suffit d’installer et réinstaller l’application.

Il y a aussi pour l’ordinateur des petites fonctionnalités pour manipuler l’image rapidement si besoin.

Bonne utilisation!

Prochainement je vous parlerai de modifpdf (https://mathix.org/modifpdf) qui permet d’éditer un pdf à partir d’une tablette graphique (avec stylet), comme ça on peut remplir un document en même temps que la classe et surtout, on peut enregistrer après sur le serveur !! Cet outil fonctionne avec une application apk que j’ai créé (en validation pour l’instant sur le playstore, passer par une webapp donne des résultats moyens avec l’écriture avec le stylet)

Bref, là je m’attelle au programme d’installation pour héberger l’outil chez soi, car sur mathix, l’outil peut-être utilisé mais pour sauvegarder ce sera forcément un export du pdf qu’il faut enregistrer sur l’ordinateur.

A tout bientôt!

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L’IA n’émancipera pas l’enseignant.

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Bonjour à toutes et tous.

Une petite réflexion sur l’IA et l’impact sur notre métier. Cette réflexion, elle m’est venue d’un échange avec Ju’ et aussi d’une réflexion de Philippe Meirieu lors de sa conférence à Lyon en avril dernier.

L’IA est donc présente dans notre métier, d’ailleurs l’état français a muni tous ses agents d’un accès à une IA souveraine qu’est ia-Assistant. Alors vraiment de tous les pays européens, on ne peut que saluer cette action. On ne dépend pas des IA étrangères et le modèle est français (Mistral).

Bref, là où l’Éducation Nationale peut réagir en retard, là force est de constater qu’on n’est pas si mauvais sur ce virage technologique. Peut-être la formation des enseignants….

Seul regret, cette IA n’est pas accessible aux élèves, donc le travail sur les IA sans un outil pour eux est pour l’instant impossible à moins d’utiliser l’API de la DINUM et de faire sa propre interface (chose que j’ai faite avec https://ia.mathix.org, j’espérais seulement un outil plus institutionnel mais passons, l’objet ici c’est l’enseignant pas l’élève).

Alors qu’avons-nous?

Une IA capable de recherche sur internet et d’analyser des documents, dans un futur proche elle sera capable de produire des documents odt ou docx voir pptx, xlsx, pdf.

C’est donc avant tout pour moi un outil « administratif » ou servant d’appui de conception de documents, elle peut être aussi critique.

Personnellement, je l’ai utilisé pour reformater des mails avec l’outil projet, on peut intégrer des prompts utiles, comme un mail à un IPR ou mail (que je n’utilise pas tout le temps mais parfois)

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Ensuite , il suffit de cliquer sur le projet et de dire le but du mail et l’IA se charge de proposer un mail, qu’on peut bien entendu amender.

Comme vous le voyez on peut aussi mettre des fichiers, on peut utiliser l’IA comme référent pour les programmes.

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Bref, un outil qui peut être utile.

L’émancipation dans tout ça ?

Mais conceptuellement l’IA me pose des problèmes bien plus profond, celui du travail en équipe et en cela de l’émancipation de l’enseignant.

Au début avec Julien, on a investi l’IA à fond, tel un nouveau monde à défricher. On a testé, on a usé, et parfois même abusé de l’IA pour garder une veille sur ses capacités qui évoluent très rapidement. (Vous verriez ce qu’on peut faire avec l’agentification de l’IA….).

On était convaincu d’une seule chose, on peut explorer rapidement et … seul. On pouvait laisser libre cours à notre imagination et tester selon nos idées sans véritable opposition constructive. Alors avec Ju’, on a su préserver cette limite car tel des chiens un peu foufou on s’appelait en disant « Regarde j’ai fait ça », « hannn trop bien » et quand venait l’opposition, et bien tant pis on continuait selon ses idées, parce que » pourquoi pas » car c’est si simple de continuer seul avec l’IA.

Oui, l’IA ne te contredira jamais avec la force des convictions d’un collègue de terrain ou d’un frangin un peu capricieux, en fait travailler avec l’IA, c’est travailler dans un miroir (non Julien et moi on n’est pas miroir, vraimen pas).

Je m’explique, je suis dans un collège où le travail en équipe est hyper développé, j’ai une équipe de maths stable depuis 10ans, et ma collègue la plus ancienne bosse avec moi depuis 18 ans. On a appris à bosser ensemble , ce n’est pas toujours simple, les avis divergent, mais on trouve des consensus. Parfois la direction des projets ne va pas du tout dans celle qu’on pensait et pourtant les projets réussissent ou même ratent. La réussite ou non n’est pas le problème, c’est surtout qu’on teste un projet en confiance sur une direction à laquelle on n’est pas convaincu à 100%. Cela nous force à tester de nouvelles choses, en dehors des sentiers battus et même plus en dehors de notre capacités d’acceptation. C’est un peu cette peur qui nous prend quand on saute à l’élastique, on se force.

En cela, le travail en équipe permet l’émancipation, une vrai liberté qui aille au delà de nos propres freins. On peut se découvrir d’avantage voir même découvrir d’avantage sur ses collègues. Je trouve cela riche et surtout primordial.

Que fait l’IA ? Elle peut très facilement et de manière insidieuse annihiler toute ces pratiques de travail en équipe. L’IA peut individualiser le travail de l’enseignant, car on n’est plus forcé de travailler avec ses collègues. L’IA cherche à faire plaisir à l’utilisateur et le contredira rarement et même le complimentera. En nous offrant un confort solitaire, elle risque de nous éloigner des compétences sociales que nous devons incarner et transmettre : l’écoute, la négociation, ou encore l’acceptation de l’échec collectif.

Voyez j’ai mis le début de l’article à Gemini:

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Ca galvanise, mais ça ne bouscule pas.

Alors l’IA peut être un formidable terrain de jeu pour tester des idées, les affiner, ou même les pousser à leurs limites avant de les confronter au regard critique de ses pairs. À condition de ne pas s’y enfermer. Comment apprendre à nos élèves à travailler en équipe si nous même en sommes incapable ?

Préserver le collectif

Je ne dis pas que c’est toujours facile de bosser à plusieurs. J’ai vu des équipes dysfonctionnelles, et notre métier demande une sacrée énergie sociale. Certains diront que le travail en équipe est déjà difficile, et que l’IA permet enfin de respirer. Mais la question n’est pas de choisir entre solitude et collectif, mais de trouver un équilibre : utiliser l’IA pour alléger la charge mentale, sans qu’elle ne devienne un refuge. Se réfugier dans le confort solitaire de l’IA, sous prétexte que c’est plus simple et qu’elle dit toujours oui, me paraît être un piège redoutable pour notre émancipation

Imaginez un enseignant qui, plutôt que de discuter avec ses collègues d’une séquence pédagogique innovante, préfère affiner seul son cours avec l’IA, jusqu’à obtenir un résultat ‘parfait’… mais déconnecté des réalités de sa classe ou de son établissement. Le gain de temps est réel, mais la perte est invisible : celle d’une intelligence collective qui aurait pu enrichir, remettre en question, ou même transformer radicalement le projet initial : la friction cognitive celle qui nous pousse dans nos retranchements !

Bref, je ne rejette pas l’IA, bien au contraire. L’IA souveraine comme ia-Assistant sera une excellente secrétaire personnelle. Elle va nous faire gagner un temps précieux sur la paperasse, le reformatage de mails et la recherche dans les textes officiels,voir de la restructuration d’idées et il faut s’en réjouir, même si à défaut on pourrait perdre un peu en compétence de reformulation. Mais un assistant, aussi performant soit-il, ne fera jamais une équipe.

C’est là que la mise en garde de Philippe Meirieu prend tout son sens. Si on n’y prend pas garde, la technologie va, dans le sens propre, atomiser le corps enseignant, le réduire à une multitude d’individus. Le risque insidieux, c’est qu’en fuyant la difficulté des relations humaines pour le confort d’une machine qui nous dit toujours oui, on finisse par créer une école de profs auto-entrepreneurs. Des profs isolés dans leur classe, devant leur écran avec leur IA, qui produisent des cours techniquement parfaits, lisses, validés par elle, mais complètement déconnectés d’un projet d’établissement global.

Je me rappelle que Philippe Meirieu parlait de l’algorithme d’Amazon qui propose des livres qui devraient nous plaire en fonction de ce qu’on a lu, mais généralement ce sont des livres qui ressemblent à ce qu’on a lu et qui nous enferme dans le moins dérangeant, le plus complaisant, le plus facile à lire mais cela ne m’a jamais permis de changer de genre de lecture.

Le travail en équipe, avec ses frictions, ses débats et ses consensus parfois bancals, c’est le dernier rempart contre cette standardisation silencieuse. C’est ce qui nous garde vivants, ancrés dans la réalité du terrain et de notre collège.

L’IA nous libère du temps. Je crois qu’on peut s’en servir de levier pour renforcer ce qui compte vraiment : les échanges, les projets communs, le collectif qui nous grandit. Car c’est dans le débat, les désaccords et les consensus imparfaits que vit l’école émancipatrice.

J’en veux pour preuve les laboratoires de mathématiques qui se développent dans l’académie ce sont d’autant de petites collectifs qui travaillent ensemble et qui acceptent les confrontations, celles qui font avancer.

Pour conclure, j’emprunterai un dicton du rallye 44 :

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.

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