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CompagnonPP : l’application que j’aurais aimé avoir comme professeur principal, et que j’aurai l’an prochain

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Etre professeur principal, ce n’est pas seulement préparer quelques heures de vie de classe ou remplir les appréciations à la fin du trimestre.

C’est suivre une classe entière, préparer les rendez-vous avec les familles, conserver les informations importantes, retrouver les bulletins, rédiger des comptes rendus, noter les décisions prises lors des réunions et penser aux relances à effectuer quelques semaines plus tard.

Toutes ces informations existent, mais elles sont souvent dispersées :

  • dans Pronote ;
  • dans des courriels ;
  • dans des fichiers PDF ;
  • dans un carnet papier ;
  • dans une application de notes ;
  • dans un dossier sur l’ordinateur ;
  • parfois simplement dans notre mémoire.

Et, dans mon cas, ce dernier espace de stockage n’est pas toujours le plus fiable…

C’est à partir de ce constat qu’est né CompagnonPP.

En quelques mots
CompagnonPP est une application destinée au suivi quotidien d’une classe par le professeur principal. Elle permet de centraliser les élèves, les rendez-vous, les comptes rendus, les tâches, les documents et les bulletins.

Elle fonctionne localement, sans connexion permanente, et peut utiliser un espace Nextcloud pour effectuer une sauvegarde et une synchronisation chiffrées.

Mon premier besoin : créer un cahier numérique en PDF

Mon besoin initial était assez simple : disposer d’un cahier numérique permettant de suivre mes élèves tout au long de l’année.

Je cherchais notamment un outil utilisable sur une tablette avec un stylet. Je voulais pouvoir ouvrir la fiche d’un élève, prendre quelques notes pendant un rendez-vous, puis retrouver facilement ces informations plusieurs semaines plus tard.

Ma première idée a donc été de générer automatiquement un ensemble de documents PDF :

  • une page présentant la classe ;
  • un trombinoscope ;
  • une fiche pour chaque élève ;
  • des pages destinées aux rendez-vous ;
  • des espaces pour prendre des notes ;
  • les bulletins trimestriels ajoutés progressivement.

Le PDF présentait plusieurs avantages : c’est un format stable, facilement transportable, lisible sur pratiquement tous les appareils et annotable au stylet.

Mais cette solution avait aussi ses limites.

Un fichier PDF regroupant toute une classe devient rapidement lourd à manipuler. Les annotations dépendent du lecteur utilisé. Ajouter de nouveaux bulletins sans perdre les notes déjà écrites n’est pas toujours simple. Il faut également organiser les fichiers, gérer les différentes versions et éviter les doublons.

Surtout, un PDF reste un document. Ce n’est pas réellement un outil de suivi.

Du cahier PDF à une véritable application

Peu à peu, le projet a donc évolué.

Plutôt que de générer uniquement un cahier numérique, j’ai commencé à imaginer une application dédiée au travail du professeur principal.

L’objectif n’était pas de remplacer Pronote, l’ENT ou les outils institutionnels. Ces services remplissent déjà des fonctions essentielles.

Le problème était ailleurs : il me manquait un espace de travail personnel permettant de rassembler les informations utiles au suivi quotidien des élèves.

CompagnonPP est ainsi devenu une application permettant de centraliser :

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  • les classes et les élèves ;
  • les photographies et trombinoscopes ;
  • les rendez-vous avec les élèves ou les familles ;
  • les comptes rendus ;
  • les équipes éducatives ;
  • les ESS ;
  • les commissions éducatives ;
  • les conseils de discipline ;
  • les tâches à effectuer ;
  • les relances à prévoir ;
  • les documents PDF ;
  • les bulletins trimestriels ;
  • l’historique du suivi d’un élève.

L’idée centrale est simple : lorsqu’on ouvre la fiche d’un élève, on doit pouvoir retrouver rapidement tout ce qui le concerne.

Un exemple concret d’utilisation

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Imaginons qu’un rendez-vous soit prévu avec la famille d’un élève.

Avant la rencontre, j’ouvre sa fiche dans CompagnonPP. Je peux consulter ses bulletins, retrouver les précédents échanges et vérifier les tâches encore en attente.

Pendant le rendez-vous, je crée un compte rendu à partir d’une trame adaptée. Je note les personnes présentes, les constats, les décisions prises et les actions à mener.

À la fin de l’entretien, je peux :

  • créer une tâche pour contacter un collègue ;
  • prévoir une relance auprès de la famille ;
  • programmer un nouveau point quelques semaines plus tard ;
  • exporter le compte rendu en PDF après l’avoir relu.

Lorsque je reviendrai sur la fiche de l’élève, l’ensemble de ces éléments restera accessible dans son historique (enfin on centralise !)

C’est cette continuité qui m’intéresse, et que je ne parvenais pas à faire, faute d’organisation (trop de supports différents, feuille, Pronote, cahier…).
Ici, dans le suivi d’un élève, une information isolée a souvent peu de valeur. C’est l’enchaînement des observations, des rencontres et des décisions qui permet de comprendre l’évolution d’une situation.

Importer plutôt que tout ressaisir

Une application destinée aux enseignants doit éviter de leur faire perdre du temps.

Il était donc indispensable de limiter au maximum les saisies répétitives.

CompagnonPP permet notamment d’importer les classes et les élèves afin de constituer rapidement la base de travail. Il est également possible d’associer les photographies des élèves pour créer les trombinoscopes.

Les bulletins peuvent ensuite être ajoutés au fil de l’année. Ils restent associés au bon élève sans écraser les notes ou les comptes rendus déjà présents.

L’objectif n’est pas de reproduire l’intégralité des données de Pronote, mais de récupérer les éléments nécessaires pour démarrer rapidement le suivi.

Le professeur conserve ensuite la maîtrise de ce qu’il ajoute dans l’application.

Des comptes rendus structurés, mais pas rigides

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Lors d’un rendez-vous ou d’une réunion, une page blanche n’est pas toujours la meilleure solution.

On risque d’oublier un point important ou de rédiger des comptes rendus très différents selon les situations.

CompagnonPP propose donc des trames adaptées à plusieurs types de rencontres. Elles permettent de structurer les informations essentielles :

  • le motif de la rencontre ;
  • les personnes présentes ;
  • les constats ;
  • les difficultés évoquées ;
  • les décisions prises ;
  • les actions à mener ;
  • les échéances ;
  • les personnes chargées du suivi.

Ces modèles restent des aides. Ils ne doivent pas transformer chaque entretien en formulaire administratif interminable.

Le but est de faciliter la prise de notes et de produire, lorsque cela est nécessaire, un compte rendu clair pouvant être exporté en PDF.

Préparer, suivre et ne pas oublier

Une grande partie du travail de professeur principal repose sur des actions différées.

Lors d’un rendez-vous, on décide par exemple :

  • de contacter un collègue ;
  • de faire un point avec la vie scolaire ;
  • de rappeler une famille ;
  • de demander un document ;
  • de vérifier une évolution dans deux semaines ;
  • de préparer une nouvelle rencontre.

Le problème n’est généralement pas de savoir qu’il faut agir. Le problème est de s’en souvenir au bon moment.

CompagnonPP permet donc d’associer des tâches et des relances aux élèves ou aux situations suivies.

L’application n’est ainsi pas seulement un endroit où l’on archive ce qui s’est passé. Elle permet également de préparer ce qui doit arriver ensuite.

Une application pensée pour fonctionner localement

Les informations manipulées par un professeur principal peuvent être sensibles.

Il ne serait donc pas raisonnable de les envoyer automatiquement vers un service en ligne sans savoir précisément où elles sont stockées et qui peut y accéder.

CompagnonPP a été conçu selon une logique locale d’abord.

Les données sont enregistrées sur l’appareil utilisé. L’application peut fonctionner sans connexion permanente à Internet.

Ce choix présente plusieurs avantages :

  • l’application reste utilisable dans une salle où le réseau est mauvais ;
  • les données ne dépendent pas du fonctionnement d’un serveur extérieur ;
  • le professeur conserve la maîtrise de ses fichiers ;
  • aucune donnée n’est utilisée à des fins commerciales ;
  • l’éditeur de l’application n’a pas accès au contenu des dossiers.

L’accès à l’application peut également être protégé par un code.

Cela ne dispense évidemment pas de sécuriser son appareil. Une tablette laissée déverrouillée dans une salle de classe reste une tablette laissée déverrouillée, quelle que soit la qualité de l’application installée dessus.

Une sauvegarde/synchronisation chiffrée sur son propre nuage

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Le stockage local protège les données d’un hébergement imposé, mais il crée une autre difficulté : que se passe-t-il si la tablette tombe en panne, est perdue ou doit être remplacée ?

Pour répondre à ce problème, CompagnonPP peut utiliser un espace Nextcloud.

La synchronisation avec le nuage reste facultative. Elle permet de sauvegarder les données et de les retrouver sur un autre appareil (téléphone, tablette ou pc)

Surtout, les données sont chiffrées avant leur envoi. Le fichier stocké sur le serveur Nextcloud n’est donc pas une copie directement lisible de la base de données.

Les identifiants, les clés de chiffrement et les informations nécessaires à l’accès restent enregistrés localement.

Cette solution permet de concilier plusieurs besoins :

  • conserver une sauvegarde ;
  • synchroniser plusieurs appareils ;
  • utiliser un nuage choisi par l’utilisateur ;
  • éviter de transmettre des données lisibles à un service tiers.

Il faut néanmoins être honnête : configurer un Nextcloud demande davantage de manipulations qu’appuyer sur un bouton « Connexion avec Google ». C’est le prix d’une solution qui laisse davantage de contrôle à l’utilisateur.

Un tutoriel spécifique détaille la configuration de cette synchronisation en fin d’article

Produire des documents sans multiplier les fichiers

Les notes prises dans l’application peuvent être transformées en documents PDF.

Cela permet notamment de :

  • conserver une version figée d’un compte rendu ;
  • transmettre un document après vérification ;
  • imprimer certaines informations ;
  • archiver une réunion ;
  • joindre un compte rendu à un courriel ;
  • conserver un dossier en dehors de l’application.

L’export reste toujours une action volontaire.

CompagnonPP ne transmet pas automatiquement les comptes rendus aux familles, aux collègues ou à l’établissement. Le professeur doit relire le document, choisir ce qu’il souhaite partager et utiliser les canaux adaptés.

Cette étape humaine est indispensable. Une note personnelle prise pendant un entretien n’est pas nécessairement un document destiné à être diffusé en l’état.

Ce que CompagnonPP ne cherche pas à faire

CompagnonPP n’est pas un service officiel de l’Éducation nationale.

Il ne remplace ni Pronote, ni l’ENT, ni les procédures mises en place dans les établissements.

Il ne doit pas non plus devenir un outil permettant d’accumuler sans limite des informations sur les élèves.

Le fait qu’une donnée puisse être enregistrée ne signifie pas qu’elle doive l’être.

Il reste nécessaire de respecter quelques principes simples :

  • ne conserver que les informations utiles au suivi ;
  • éviter les jugements personnels inutiles ;
  • distinguer les faits, les propos rapportés et les interprétations ;
  • supprimer les données qui n’ont plus de raison d’être conservées ;
  • protéger l’appareil et les sauvegardes ;
  • relire les documents avant de les exporter ou de les transmettre.

Une application peut améliorer l’organisation, mais elle ne remplace ni le discernement professionnel ni le respect du cadre réglementaire.

Les principaux avantages de CompagnonPP

Après plusieurs évolutions, voici ce qui me semble constituer l’intérêt principal de l’application.

  • Une vision globale du suivi : Les informations concernant un élève sont regroupées dans une même fiche, avec un historique lisible.
  • Moins de dispersion : Il n’est plus nécessaire de chercher successivement dans un carnet, un dossier, des courriels et plusieurs fichiers PDF.
  • Une meilleure préparation des rendez-vous : Les précédents échanges, les documents et les actions en attente sont accessibles avant de rencontrer un élève ou une famille.
  • Des comptes rendus plus cohérents : Les trames facilitent la prise de notes et évitent d’oublier les décisions ou les échéances importantes.
  • Un fonctionnement hors ligne : L’application reste utilisable sans dépendre en permanence d’une connexion ou d’un serveur distant.
  • Une sauvegarde sous contrôle : La synchronisation peut être effectuée sur un espace Nextcloud choisi par l’utilisateur, avec un chiffrement réalisé avant l’envoi.
  • Des exports en PDF : Les comptes rendus et documents peuvent être archivés, imprimés ou transmis après vérification.
  • Un outil adaptable : CompagnonPP est né d’un besoin réel de terrain. Les fonctionnalités sont ajoutées à partir de situations rencontrées dans le travail quotidien du professeur principal.

Un projet encore en évolution

CompagnonPP n’est pas né d’un cahier des charges théorique ou d’une étude de marché.

L’application s’est construite progressivement à partir de mes propres besoins, de mes essais sur différents appareils et des problèmes rencontrés pendant le suivi d’une classe.

Certaines idées qui semblaient simples se sont révélées peu pratiques. D’autres fonctions, initialement secondaires, sont devenues centrales.

Le projet continuera donc probablement d’évoluer.

Mais je souhaite conserver quelques principes :

  • éviter les fonctions gadgets ;
  • limiter les ressaisies ;
  • rester utilisable hors ligne ;
  • laisser les données sous le contrôle du professeur ;
  • privilégier des formats exportables ;
  • ne pas transformer le suivi des élèves en usine administrative.

Télécharger CompagnonPP

CompagnonPP est actuellement disponible :

  • sur le Microsoft Store, pour les ordinateurs sous Windows ;
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CompagnonPP : téléchargement et installation gratuits sous Windows | Microsoft Store

  • sur Google Play, en version bêta pour l’instant en test fermé (c’est le protocole Google) pour Android.
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CompagnonPP – Applications sur Google Play 

SI vous souhaitez devenir testeur, vous le pouvez en suivant ce lien : https://play.google.com/apps/testing/fr.mathix.compagnonpp.android14

La version Android est utilisable sur téléphone et sur tablette. Elle prend également en charge l’utilisation d’un stylet.

Les retours sont les bienvenus, notamment si vous rencontrez un problème sur un appareil particulier ou si vous souhaitez proposer une amélioration.

Le tutoriel

Un tutoriel complet présente notamment :

  • l’importation des classes et des élèves ;
  • l’importation des trombinoscopes ;
  • l’ajout des bulletins ;
  • la création d’un rendez-vous et de son compte rendu ;
  • les rendez-vous spécifiques ;
  • la création et le suivi des tâches ;
  • l’importation des notes ;
  • le suivi de l’orientation ;
  • la gestion des PPRE, PAP et autres dispositifs ;
  • la configuration de la sauvegarde et de la synchronisation chiffrées avec Nextcloud.

En conclusion

CompagnonPP est l’application que j’aurais aimé avoir lorsque j’ai commencé à exercer la fonction de professeur principal.

Elle ne rend pas cette mission simple. Aucun outil ne peut supprimer la complexité des situations humaines, des échanges avec les familles ou des décisions collectives.

Elle peut cependant rendre le suivi plus organisé, plus continu et plus fiable.

Son objectif n’est pas de remplacer les outils existants, mais de créer le chaînon qui me manquait entre les données institutionnelles, mes notes personnelles, les rendez-vous et les actions à mener.

CompagnonPP reste avant tout un outil conçu à partir des besoins concrets d’un professeur principal.

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IA et hallucination : une activité transférable dès le CM2

Par blank

Quand j’ai conçu l’activité “IA et hallucination” (présent dans cet article), je l’avais pensée au départ pour des élèves de collège, avec une idée simple : faire vivre aux élèves une erreur de modélisation avant même de parler d’intelligence artificielle.

Le principe est volontairement piégeux. On donne aux élèves un tableau de données qui semble les inviter à prolonger une régularité.
Beaucoup se lancent alors dans une extrapolation : les points semblent presque alignés, la croissance paraît régulière, donc on prolonge la tendance comme si elle pouvait continuer indéfiniment.

Et c’est précisément là que l’activité prend tout son sens.

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Récemment, David Sire, collègue professeur des écoles, m’a fait un retour après l’avoir testée avec ses élèves de CM2. Il a arrondi les données du tableau afin de les rendre plus accessibles. Les élèves ont tracé le graphique, puis ont proposé des valeurs pour des âges plus avancés. Pour 20 ans, beaucoup ont trouvé autour de 190 cm ; pour 50 ans, certains sont allés jusqu’à 395 cm, voire 700 cm.

La suite de l’activité leur a permis de confronter leurs résultats au réel.
En découvrant leurs origines (âge-taille), ils ont rapidement compris que quelque chose n’allait pas. Leur conclusion a été particulièrement intéressante : ils ont expliqué qu’ils avaient cherché de la proportionnalité, alors que ce n’était pas une situation proportionnelle.

Leur formulation est très intéressante au niveau CM2 (confusion proportionnalité//régularité).
Avec un regard mathématique plus précis, le piège est sans doute davantage celui d’un modèle affine : les points semblent presque alignés, la croissance paraît régulière, alors on continue la tendance sans se demander si elle a encore du sens dans la réalité.

C’est exactement le cœur de l’activité.

L’enjeu est d’apprendre aux élèves à ne pas appliquer automatiquement une « méthode » (modélisation) parce qu’elle semble fonctionner sur quelques valeurs.

  • Avant de calculer, il faut interpréter.
  • Avant de prolonger une courbe, il faut se demander si cela a du sens.
  • Avant de produire une réponse, il faut comprendre le contexte.

David a ensuite soumis le même tableau à ChatGPT. L’outil a produit des réponses du même ordre que celles des élèves. Ce moment a été très parlant pour la classe : les élèves ont compris que l’IA pouvait, elle aussi, prolonger une tendance apparente et fournir une réponse cohérente en surface, mais fausse dès que l’on réintroduit le contexte.

Les formulations des élèves à la fin de la séance résument très bien les apprentissages :

On a appris que tous les tableaux ne sont pas proportionnels, tout dépend de quoi on parle.

On a appris aussi que les IA peuvent se tromper, il faut donc vérifier et leur donner du contexte.

Ce retour est précieux, car il montre que l’activité n’est pas uniquement une activité sur l’intelligence artificielle. C’est d’abord une activité de mathématiques, de modélisation et d’esprit critique. L’IA arrive ensuite comme un miroir : elle permet de montrer que l’erreur commise par les élèves n’est pas une “bêtise”, mais un piège classique lorsqu’on traite des données sans interroger leur signification.

Ce test en CM2 montre aussi que l’activité peut vivre dès le cycle 3, à condition d’accompagner le vocabulaire et de choisir des données suffisamment accessibles. Les notions en jeu : tableau, graphique, croissance, proportionnalité~affine, modélisation, sont déjà présentes, au moins en partie, dans les apprentissages des élèves. L’intelligence artificielle n’est pas ici un objet technique complexe : elle devient un outil de discussion sur la fiabilité des réponses, la nécessité du contexte et l’importance de la vérification.

C’est sans doute ce qui me semble le plus intéressant dans cette activité : elle ne cherche pas à faire “utiliser l’IA” pour utiliser l’IA. Elle permet de construire une posture.

  • Ne pas croire une réponse parce qu’elle est bien formulée.
  • Ne pas valider un résultat parce qu’il prolonge une régularité apparente.
  • Ne pas confondre cohérence mathématique locale et vérité dans le réel.
  • Et surtout : apprendre à demander “de quoi parle-t-on ?” avant de répondre.

Finalement, ce retour de CM2 confirme une intuition forte : l’éducation à l’IA ne commence pas forcément par des explications techniques sur les modèles de langage. Elle peut commencer très simplement, avec un tableau, un graphique, une erreur, puis une discussion collective dès le cycle 3

Et c’est peut-être là que l’école a un rôle essentiel à jouer : apprendre aux élèves à ne pas seulement produire des réponses, mais à les questionner.

Merci à David Sire pour ce retour de terrain, qui montre que cette activité peut être transférée au cycle 3 avec des adaptations simples et un accompagnement adapté.

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Éléa dans la poche : et si on arrêtait de compliquer l’accès aux parcours ?

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Éléa, sur le papier, c’est franchement une belle promesse.
On peut y créer des parcours, différencier, proposer des exercices, intégrer des vidéos, suivre les élèves, organiser le travail, reprendre en classe ce qui a été commencé ailleurs. Bref, tout ce qu’on aime quand on veut construire autre chose qu’un simple dépôt de fichiers.
Mais il y a un truc tout bête.
Un outil pédagogique, aussi puissant soit-il, ne vaut vraiment que s’il est simple d’accès.
Et là, soyons honnêtes : pour beaucoup d’élèves, l’entrée par navigateur, ENT, authentification, menus, sous-menus, plateforme, cours, activité… ça peut vite devenir un petit parcours du combattant. Pas forcément insurmontable, mais suffisant pour perdre une partie des élèves en route.
Alors forcément, l’idée d’une application mobile Éléa fait rêver.
Pas parce qu’il faudrait tout faire sur téléphone. Non. On ne va pas faire croire qu’un smartphone est l’outil idéal pour rédiger un long devoir ou produire un travail complexe.
Mais pour retrouver une activité, consulter une consigne, revoir une vidéo, répondre à un quiz, vérifier un travail à faire ou reprendre un parcours commencé en classe, le téléphone est souvent l’objet le plus accessible.
Il est là. Dans la poche. Allumé. Utilisé tous les jours.
Autant s’en servir intelligemment.

Une appli, ce n’est pas du gadget

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Une application mobile bien pensée, ce n’est pas juste “faire moderne”.
C’est réduire la friction.
Et en numérique éducatif, la friction, c’est l’ennemi numéro un.
Quand il faut cinq étapes pour retrouver une activité, certains élèves décrochent avant même d’avoir commencé. Quand l’accès est direct, clair, fluide, on gagne du temps. Et ce temps-là, on peut enfin le remettre là où il devrait être : dans les apprentissages.
Avec une application Éléa, l’élève pourrait retrouver plus facilement ses parcours, ses activités, ses notifications, ses échéances. L’enseignant pourrait aussi vérifier rapidement un contenu, consulter un retour, guider un élève, sans forcément devoir ressortir l’ordinateur.
Ce n’est pas révolutionner la pédagogie.
C’est juste rendre l’outil utilisable dans la vraie vie.
Et parfois, c’est déjà énorme.

Le vrai sujet : l’usage réel des élèves

On peut discuter longtemps de la place du smartphone à l’école. On peut aussi avoir des réserves légitimes.
Mais il faut regarder les choses en face : les élèves vivent déjà dans un monde mobile. Leur rapport au numérique passe massivement par des applications. Quand un service est simple, ils y vont. Quand il est compliqué, ils l’évitent.
Ce n’est pas une question de paresse.
C’est une question d’ergonomie.
Si l’on veut qu’Éléa devienne un vrai outil de travail, il faut qu’il soit aussi simple à ouvrir qu’un cahier. Ou presque.
Une application mobile ne remplacerait pas le travail en classe, ni l’accompagnement du professeur, ni la nécessité d’apprendre aux élèves à s’organiser. Mais elle pourrait devenir une porte d’entrée plus naturelle vers les parcours.
Et ça change beaucoup de choses.

Pour les profs aussi, ce serait un vrai confort

Côté enseignant, on sait très bien comment ça se passe.
On prépare un parcours. On le teste. On le modifie. On veut vérifier un lien. On veut regarder rapidement si un élève a avancé. On veut projeter, corriger, ajuster.
Pouvoir accéder simplement à Éléa depuis son téléphone ou sa tablette, sans se perdre dans des authentifications pénibles, ce serait un vrai gain.
Pas pour travailler moins.
Pour travailler mieux.
Et surtout pour éviter que l’outil numérique devienne plus lourd que l’activité pédagogique qu’il est censé servir.

Attention quand même : une appli ne fait pas une pédagogie

Évidemment, il ne suffit pas de mettre Éléa dans une application pour que tout fonctionne miraculeusement.
Une appli peut faciliter l’accès. Elle ne garantit pas la qualité du parcours. Elle ne remplace pas la scénarisation pédagogique. Elle ne transforme pas automatiquement un dépôt de PDF en activité intéressante.
Le cœur du sujet reste le même : que veut-on faire apprendre ? À quel moment ? Avec quelle progression ? Quelle place pour l’erreur ? Quel retour pour l’élève ? Quelle autonomie réelle ?
Mais une fois que ce travail pédagogique est fait, il serait dommage que l’accès technique vienne tout gâcher.

Éléa a besoin d’être simple

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Éléa peut devenir un outil puissant pour les enseignants et les élèves.
Mais pour cela, il doit être simple, visible, accessible.
Une application mobile, ou au minimum un accès mobile vraiment fluide, irait clairement dans ce sens.
Parce qu’au fond, le numérique éducatif ne devrait pas être une épreuve d’orientation dans des menus.
Il devrait être un raccourci vers les apprentissages.
Et si Éléa veut vraiment entrer dans les usages quotidiens, il doit peut-être commencer par entrer dans la poche des élèves et des enseignants.

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