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Modéliser ou Halluciner ?

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Comment faire comprendre aux élèves le lien entre une modélisation mathématique et la prédiction statistique d’un Large Language Model (LLM) ?

Cette activité propose d’utiliser un exercice de traitement de données pour mettre en lumière les « hallucinations » de l’intelligence artificielle face au bon sens.

Le point de départ : Un nuage de points « presque » alignés.

L’activité commence par une tâche familière : on fournit aux élèves un tableau de données numériques. Ce qu’on ne leur dit pas immédiatement, c’est que ces données représentent la croissance d’un enfant (âge en haut, taille en cm en bas).
La consigne : Représenter ces données graphiquement et deviner les valeurs manquantes pour x=0, x=20 et x=30.

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Le scénario : Les points fournis (de 4 à 13 ans) sont quasi-alignés.

Le réflexe de l’élève : Tracer une droite de régression pour extrapoler.

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L’erreur de modélisation : Le piège du hors-contexte

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Sans le contexte « humain », l’élève se comporte comme une machine : il prolonge la droite.

AU verso de la feuille d’activité se trouve l’origine de données.

À 0 an, il trouve une taille qui lui semble plausible (oui, oui 78cm pour les élèves, ça passe).
Il y a moins de doute à 20 ou 30 ans, la modélisation linéaire l’amène à prédire des tailles absurdes (comme 2m40).

C’est ici que réside le cœur de l’activité : modéliser sans contexte peut conduit à l’absurde.


L’agentivité de l’élève : Apprendre de son propre modèle

Le dispositif s’appuie sur quatre piliers de l’apprentissage :

  • Intentionnalité : L’élève veut prédire.
  • Pensée Prospective : Il utilise son graphique pour prédire.
  • Autoréaction : Il est confronté au verso (la réalité).
  • Autoreflexion : Il comprend pourquoi son modèle a echoué.

Conclusion : L’élève apprend à ne plus faire confiance aveuglément à un « prolongement logique », il doit questionner ses propres manières de modéliser.

Et si on demandait à l’IA ?

Proposition : Faire faire l’exercice à un LLM (ici Gemini) devant les élèves.

Observation : Gemini prédit aussi 2m57,

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On passe de la curiosité de l’élève sur ce que va répondre un LLM à la nécessité d’une vigilance accrue.

La réponse d’un LLM est statistiquement correcte au regard de ses données d’entrainement et celui-ci, mais elle n’est pas vérité, car le LLM appose le même modèle que l’élève.
L’erreur vient du manque de contexte.
C’est bien le coeur du problème dans l’utilisation des LLM, s’assurer qu’ils ont le contexte et l’entrainement suffisant pour pouvoir apposer le bon modèle, sans quoi il y aura des hallucinations. Cela permet d’insister sur l’importance du prompt

Corrélation ne vaut pas causalité.

Ce qu’on en retient en classe de maths

Cette activité permet de travailler des points essentiels du programme tout en développant l’esprit critique :

  • La limite de l’extrapolation : Un modèle mathématique n’est valide que dans un intervalle donné (ici, la période de croissance) et sous certaines conditions réelles.
  • Corrélation n’est pas causalité : Ce n’est pas parce que deux variables semblent liées sur un échantillon qu’elles le sont de manière universelle et infinie.
  • La nature des LLM : La réponse d’une IA est statistiquement correcte au regard de ses données d’entraînement, mais elle n’est pas « la vérité ».

En confrontant leurs propres erreurs à celles de la machine, les élèves comprennent que la mathématique est un outil de compréhension du monde, et non une simple manipulation de symboles. Pour ne pas « halluciner » comme une IA, il faut garder les yeux ouverts sur le réel !

Voici l’activité :

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LLM et FlashMD

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Après avoir longtemps utilisé CartesMD, je viens de découvrir FlashMD, que je trouve plus simple et plus direct pour mon usage.

CartesMD est sans aucun doute plus complet, mais mon besoin est très orienté flashcards.
Et sur ce point, FlashMD va clairement à l’essentiel.

FlashMD, c’est :

  • un outil simple et léger,
  • disponible sur la Forge,
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  • basé sur un Markdown minimaliste,
  • avec la possibilité d’attribuer une couleur aux cartes, par exemple pour repérer le niveau de difficulté ou structurer une progression.
  • immédiatement exploitable en classe ou à la maison, en version papier ou interactive (pour les projeter au tableau et pouvoir les retourner à la demande

Depuis quelque temps, je l’utilise en combinaison avec l’IA générative.
Pas pour déléguer la réflexion pédagogique, mais pour accélérer la production tout en gardant la main.

Concrètement :

  • l’IA peut générer rapidement des questions scolaires, produire un Markdown conforme, proposer des variantes ou une progression ;
  • FlashMD structure le contenu et permet une visualisation immédiate (PDF ou interactif) ;
  • le professeur valide, corrige, reformule.

Dans cette logique, j’ai rédigé un tutoriel accompagné d’un prompt (reverse prompting) montrant comment articuler concrètement les deux outils.

⚠️Point de vigilance indispensable
L’IA n’est jamais une garantie de justesse : erreurs, questions mal formulées, imprécisions…
Le fond comme la forme peuvent être discutables.

L’IA reste un outil d’aide, pas un auteur, encore moins un didacticien.
Mais utilisée avec méthode et esprit critique, elle constitue un bon brouillon de travail.

Voici un résultat qu’il faudra découper, puis plier puis insérer dans des protections de cartes pour jeux (cela évite la phase plastifieuse)

Voici le tuto :

et voici le prompt :

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IA, données « anonymes »… vraiment ?

Par blank

Nouvelle activité autour de l’IA, mais sans utiliser l’IA.

L’idée est simple : faire vivre aux élèves une expérience concrète pour comprendre ce que signifie vraiment donnée anonyme… et surtout pourquoi ce terme est souvent trompeur.

Chaque élève remplit d’abord un questionnaire anonyme (sur pronote, moui par facilité 😉 ) : lieu de naissance, ancien professeur, centre d’intérêt, information personnelle non sensible. Pris séparément, ces éléments semblent anodins. Inexploitables. Inoffensifs.

Ensuite, par groupes, les élèves reçoivent plusieurs fiches « données » et doivent répondre à une question très précise :
Peut-on retrouver l’auteur de la fiche uniquement en recoupant les informations ?
Et surtout : expliquer le raisonnement.

Et là, sans magie ni technologie, les identifications apparaissent. Non pas parce qu’une information est sensible, mais parce que leur accumulation réduit drastiquement le nombre de possibilités. Les élèves ne devinent pas : ils raisonnent, éliminent, croisent.

C’est exactement le mécanisme utilisé par les intelligences artificielles :
elles ne « connaissent » personne, mais exploitent des volumes massifs de données pour établir des liens.

La conclusion s’impose d’elle-même : ce n’est pas la donnée isolée qui pose problème, mais le recoupement.

Et c’est précisément ce que vise le RGPD : limiter les croisements non maîtrisés, pas empêcher toute donnée.

Une activité simple, sans écran, mais qui permet aux élèves de ressentir ce qu’ils entendent souvent de manière abstraite : « anonymisé » ne veut pas dire « non identifiable » et qui met du sens dans la réglementation de protection des données.(RGPD)

Cette activité sera testée la semaine prochaine avec ma collègue de Français en soutien (on se fait une semaine pleine avec les 3e sur l’IA et la sécurité.
Voici l’activité :

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