Depuis un an, j’anime des FIL IA auprès d’équipes d’établissements.
En un an, le paysage a profondément évolué.
Les modèles de langage se sont perfectionnés. Le cadrage institutionnel s’est précisé. Les usages élèves se sont banalisés. Les inquiétudes des enseignants se sont structurées.
La formation que j’animais il y a un an ne ressemble plus à celle d’aujourd’hui.
Elle s’est enrichie :
au fil des évolutions techniques des LLM,
à la lumière des textes officiels,
à partir d’expérimentations menées en classe,
grâce aux échanges parfois très francs avec les collègues rencontrés lors des FIL.
grâce aux discussions approfondies avec mon binôme de toujours, Arnaud, avec qui je confronte régulièrement les idées,
et dans le cadre de la DRANE (sous couvert de l’EAFC), au sein de laquelle je travaille depuis huit ans comme animateur au numérique, et qui m’a permis de conduire ces formations.
Aujourd’hui, j’ai décidé de (re)mettre ce diaporama à disposition.
Pourquoi partager ?
Parce que l’IA en éducation n’est pas un sujet individuel.
Chaque établissement se pose les mêmes questions :
Que peut-on autoriser ?
Que doit-on interdire ?
Comment gérer la triche ?
Que dit réellement le RGPD ?
Peut-on faire créer un compte IA aux élèves ?
Faut-il détecter les productions générées ?
Laisser chacun reconstruire seul un cadre serait une perte d’énergie collective.
Mutualiser, c’est accélérer la réflexion.
Ce que contient réellement ce support
Ce n’est pas que un tutoriel d’outil.
Le diaporama aborde :
le fonctionnement réel des LLM (pré-entraînement, fine-tuning, alignement),
leurs limites (hallucinations, biais),
le cadre institutionnel récent,
les enjeux RGPD,
la question de la triche et de l’évaluation,
l’esprit critique à développer auprès des élèves
l’impact environnemental,
la nécessité d’une charte d’établissement.
Former à l’IA ne consiste pas à apprendre à “faire un bon prompt”.
Former à l’IA consiste à comprendre ce que l’on fait et ce que l’on en fait.
Un partage encadré
Le support est publié sous licence CC-BY-NC-SA :
utilisation libre,
adaptation possible,
citation obligatoire,
pas d’usage commercial,
partage sous la même licence.
Il s’agit d’une version datée (mars 2026). Le sujet évoluant rapidement, le document continuera d’être ajusté.
Et soyons clairs : un diaporama, à lui seul, ne suffit pas pour se former.
Seule une formation encadrée et un travail collectif permettent d’aborder sereinement les enjeux pédagogiques, juridiques et éthiques liés à l’IA.
Un enjeu de pilotage
La DRANE de Nantes et l’EAFC proposent des FIL IA à destination des établissements.
Ces formations permettent :
de poser un cadre juridique clair,
d’ouvrir un débat structuré,
d’accompagner les équipes,
de travailler à une charte IA contextualisée.
À l’heure de l’IA, piloter un établissement, ce n’est pas simplement gérer des outils numériques.
C’est structurer une vision et sécuriser les pratiques.
Le véritable risque
Le risque n’est pas que les élèves utilisent l’IA.
Le risque serait que les adultes ne soient pas formés.
Partager ce support n’est pas un aboutissement. C’est une contribution à une réflexion collective qui doit continuer.
Après avoir longtemps utilisé CartesMD, je viens de découvrir FlashMD, que je trouve plus simple et plus direct pour mon usage.
CartesMD est sans aucun doute plus complet, mais mon besoin est très orienté flashcards. Et sur ce point, FlashMD va clairement à l’essentiel.
FlashMD, c’est :
un outil simple et léger,
disponible sur la Forge,
basé sur un Markdown minimaliste,
avec la possibilité d’attribuer une couleur aux cartes, par exemple pour repérer le niveau de difficulté ou structurer une progression.
immédiatement exploitable en classe ou à la maison, en version papier ou interactive (pour les projeter au tableau et pouvoir les retourner à la demande
Depuis quelque temps, je l’utilise en combinaison avec l’IA générative. Pas pour déléguer la réflexion pédagogique, mais pour accélérer la production tout en gardant la main.
Concrètement :
l’IA peut générer rapidement des questions scolaires, produire un Markdown conforme, proposer des variantes ou une progression ;
FlashMD structure le contenu et permet une visualisation immédiate (PDF ou interactif) ;
le professeur valide, corrige, reformule.
Dans cette logique, j’ai rédigé un tutoriel accompagné d’un prompt (reverse prompting) montrant comment articuler concrètement les deux outils.
⚠️Point de vigilance indispensable L’IA n’est jamais une garantie de justesse : erreurs, questions mal formulées, imprécisions… Le fond comme la forme peuvent être discutables.
L’IA reste un outil d’aide, pas un auteur, encore moins un didacticien. Mais utilisée avec méthode et esprit critique, elle constitue un bon brouillon de travail.
Voici un résultat qu’il faudra découper, puis plier puis insérer dans des protections de cartes pour jeux (cela évite la phase plastifieuse)
Nouvelle activité autour de l’IA, mais sans utiliser l’IA.
L’idée est simple : faire vivre aux élèves une expérience concrète pour comprendre ce que signifie vraiment donnée anonyme… et surtout pourquoi ce terme est souvent trompeur.
Chaque élève remplit d’abord un questionnaire anonyme (sur pronote, moui par facilité 😉 ) : lieu de naissance, ancien professeur, centre d’intérêt, information personnelle non sensible. Pris séparément, ces éléments semblent anodins. Inexploitables. Inoffensifs.
Ensuite, par groupes, les élèves reçoivent plusieurs fiches « données » et doivent répondre à une question très précise : Peut-on retrouver l’auteur de la fiche uniquement en recoupant les informations ? Et surtout : expliquer le raisonnement.
Et là, sans magie ni technologie, les identifications apparaissent. Non pas parce qu’une information est sensible, mais parce que leur accumulation réduit drastiquement le nombre de possibilités. Les élèves ne devinent pas : ils raisonnent, éliminent, croisent.
C’est exactement le mécanisme utilisé par les intelligences artificielles : elles ne « connaissent » personne, mais exploitent des volumes massifs de données pour établir des liens.
La conclusion s’impose d’elle-même : ce n’est pas la donnée isolée qui pose problème, mais le recoupement.
Et c’est précisément ce que vise le RGPD : limiter les croisements non maîtrisés, pas empêcher toute donnée.
Une activité simple, sans écran, mais qui permet aux élèves de ressentir ce qu’ils entendent souvent de manière abstraite : « anonymisé » ne veut pas dire « non identifiable » et qui met du sens dans la réglementation de protection des données.(RGPD)
Cette activité sera testée la semaine prochaine avec ma collègue de Français en soutien (on se fait une semaine pleine avec les 3e sur l’IA et la sécurité. Voici l’activité :