Catégorie : scolatix

Clap de fin pour l’évaluation par compétences sur scolatix

Voilà, cela faisait longtemps que j’y pensais, l’expérimentation de scolatix va prendre fin au mois de juin, date où je dois reconduire l’abonnement de l’hébergement.

Bon, c’est non sans mal, que j’ai pris cette décision, mais force est de constater, que ce site techniquement me prend beaucoup mais vraiment beaucoup de temps à entretenir et là avec l’arrivé de php 7 où pas mal de fonctions que j’ai écrite sont à réécrire, je n’ai tout simplement plus le courage, ajoutez cela les 180€/an, il fallait je pense faire un choix.

Alors c’est quand même la fin d’une grande aventure qui a débuté lorsque j’étais  Titulaire 1 ère année avec mon frangin et une autre collègue Tifenn Favreau. Ces deux derniers ne l’utilisent plus.

Ça a carburé dès le début, on a vu grand. On a été mis en relation avec la MIVIP (ex nom de la CARDIE), Mme Ladret (celle qui gérait la MIVIP) nous a  demandé de présenter un atelier sur l’évaluation par compétences pour un séminaire de l’INRP au lycée Livet à Nantes. Gros stress, mais cette intervention a été très riche à préparer, cependant : quelle déconvenue lors de notre arrivée là-bas, le jour J !

L’accueil a été glacial par des collègues présents là-bas :

  • Eux : « Bonjour.Vous êtes là pour voir quel atelier? »
  • Nous : « Heu, en fait, on présente un atelier »
  • Eux : « Quoi?!Vous êtes jeunes pour présenter quelque chose… je vais voir les organisateurs »

Je ne parle pas de l’atelier en lui-même, ça a été catastrophique, il manquait un vidéoprojecteur, donc la présentation déjà commençait mal, mais on s’est adapté en serrant les dents.

3 collègues présents ont accrochés, le reste s’est montré très réticent, ils ne se sont focalisés que sur les petites erreurs de vocabulaire comme si à 23 ans on était au point sur la science de l’éducation. La personne la plus virulente avait été nommée « rapporteur » pour parler de notre atelier au reste des personnes qui n’avaient pas pu venir. Gloups!

Chaque rapporteur était enregistré lorsqu’il présentait l’atelier auquel il avait assisté. Bizarrement, seul l’enregistrement de notre rapporteur n’avait pas été publié a posteriori sur le site… De toute façon cela s’est résumé et sans être caricatural :

« Je n’aime pas, c’est n’importe quoi, en plus les cahiers pédagogiques vont parler d’eux, je vais les prévenir que c’est n’importe quoi, on ne peut présenter cela… Bon je m’en vais car je suis vraiment en colère »

Bref, une réelle humiliation, en tout cas, on l’a pris en pleine face… Destructeur pour des titulaires premières années qui n’avaient rien demandé et auquel on avait demandé de faire une présentation. Mme Ladret nous a quand même convaincu de continuer tout comme M NEVADO notre IPR à l’époque.

Il a fallu 1 an pour passer au dessus de cela, oublier le nom de cette personne nocive (qui nous a écrit de nombreux mails en disant encore que notre projet n’était pas bon et qu’on devait la convaincre que c’était bien, on lui a répondu qu’on ne lui devait rien du tout…).

Bref, ensuite, et bien le projet a évolué. J’ai fait parti d’un GRAF sur l’évaluation. Cela a été super riche, des échanges constructifs même si on n’était pas tous d’accord, cependant il n’y avait aucun jugement sur les manières de fonctionner qu’on avait les uns et les autres.

Ensuite, et bien le projet a continué tel quel, je n’ai jamais pris le temps d’aller plus loin, d’autres projets sont nés entre temps : le blog sur lequel vous êtes, les PB DUDU , les IDD sur la pub etc.

Néanmoins, j’ai toujours évalué mes 4emes avec scolatix (c’est le cas cette année encore). En fait, je me rends compte que je n’ai jamais mis de notes en 4eme! Cela fait drôle de ne s’en rendre compte que maintenant.

Bref.

Je pense que le moteur d’évaluation par compétence va être gardé et remis sur mathix.org (site originel au début de l’expérimentation), le nom de domaine va être gardé également (pas question qu’une entreprise fasse la même entourloupe qu’un autre site que j’avais laissé), mais plus d’hébergement en tant que tel. Le moteur ne sera plus ouvert à inscription. Cependant si j’ai le temps, je ferais un tuto pour montrer comment le mettre en place. Mais je ne saurai que conseiller Sacoche, qui se rapproche beaucoup de scolatix et qui fait même beaucoup plus.

 

 

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Changement de serveur pour le site scolatix.org

Voilà!

Le site scolatix.org n’est plus hébergé chez AMENWORLD mais chez 1and1.

La migration s’est passée sans soucis, la base de données a été correctement déplacée d ‘un serveur à l’autre.

Il reste maintenant au nom de domaine de migrer et cela peut prendre plusieurs jours , en attendant j’ai fait une simple redirection vers le nom de domaine provisoire que l’on m’a attribué à savoir : http://s508310926.onlinehome.fr/.

Le nom de domaine a migré le 1er janvier.

Le site devrait être un peu plus réactif et plus sécurisé et … pour moins cher que dire de mieux?

G-E-N-I-A-L!

 

 

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Lorsque l’enseignant bidouille les notes

stylo[sommaire]Une journée du GRAF qui se termine, une journée forte intéressante, tant les débats étaient sérieux et argumentés.

Toujours ce Pierre, l’opposant à l’anti-notele groupe anti-note et… moi un peu entre les deux avec mon expérimentation scolatix où la note trimestrielle (que je voudrais annuelle ) est gardée mais où les notes ont disparu des devoirs.

Pierre, que j’apprécie beaucoup pour le rôle qu’il joue dans ce GRAF, celui qui oblige a poser le débat et éviter de perdre pied dans notre engouement à tout modifier. Il s’agit d’avancer en posant les idées solidement.

Le GRAF

outils_imagesJ’aimerais maintenant témoigner d’un passage important où les arguments contre la note furent vraiment intéressants qui relevait une pratique connue de nous les enseignants : la bidouille.

Replaçons-nous dans le contexte, les IPR présents nous demande de réfléchir sur le pourquoi de nos expérimentations sur l’évaluation par compétences.

note20scolaiPierre comme à son habitude relance ses arguments  « Je ne sais pas pourquoi la note serait catastrophique, elle a aussi des bons côtés et on peut évaluer par compétences avec des notes. Elle peut servir de récompense, et est en quelque sorte universelle (du point de vue de la compréhension)« .

La réponse fuse, moi et le reste du groupe anti-note « Que fais-tu des échecs qui pénalisent la note trimestrielle?« .

Sa réponse : « Et bien, si réellement c’est un accident, je mets non noté« 

Puis au fur et à mesure Pierre remet sur le tapis une idée que j’aime beaucoup (qu’un inspecteur il y a 4 ans m’avait évoqué lors d’un entretien) :

De toute façon, nous, les enseignants,  connaissons le mieux les élèves, on est capable de savoir quelle note trimestrielle correspondrait au niveau des élèves, il s’agit de la leur mettre si l’on veut.

En fait tout simplement nous faire confiance dans le jugement que l’on porte sur les élèves, nous sommes normalement expert en ce domaine.

Qui n’a pas entendu au conseil de classe,  » Je précise sa moyenne ne reflète pas son niveau, il a eu un accident, vraiment ça me désole qu’il ait cette moyenne » ou même « Il a loupé plein de devoirs, et donc il a une très bonne moyenne alors qu’il ne devrait pas« ?

Bref, on peste contre cette fabrication de cette moyenne, on peste car on se refuse de la contrôler.

Certains, comme Pierre, osent manipuler les notes pour que cela reflète le ressenti qu’ils ont de l’élève, d’autres se font violence et subisse le système de la moyenne au grand dame de l’enfant.

Pourquoi subir? Qui nous impose de faire une moyenne?

Ce que devrait refléter la note trimestrielle :

D’abord afin de ne pas enterrer la note j’aimerais avancer un argument de l’inspection générale :

« La note est … relative, peu fidèle, peu explicite. Et pourtant elle est admise par tous, élèves, parents, enseignants, chefs d’établissement. C’est le support de (presque) tout dialogue sur les acquis des élèves ».[1]

Il s’agit donc de se dire que la note est un moyen universel de dialogue, compréhensible par les allophones, et les personnes dont les appréciations leurs seraient incompréhensibles.

C’est là que notre petit groupe s’est scindé, j’étais comme Pierre favorable à l’utilisation d’une note bulletin qui pourrait évoluer tout au long de l’année. Pierre semblait donc convaincu par mon idée, mais il se refusera sûrement d’y adhérer totalement, j’étudierai les raisons après.

Bien entendu les professeurs de l’expérimentation sans note présents , nous ont affirmé qu’un bulletin sans note (avec des couleurs ou pour d’autres seulement avec des appréciations) que le conseil de classe se passait de manière identique et les parents regardaient d’avantage les appréciations.

C’est un atout certain. Mais pourquoi une note ne refléterait pas le niveau d’acquisition de l’élève (un pourcentage d’acquisition?) et l’appréciation se limiterait à décrire l’évolution de l’élève au cours du trimestre et son attitude face au travail et chez lui ( les compétences transversales et interdisciplinaires)?

 On garderait donc les mêmes bulletins de classe, mais la note représenterait exactement l’idée du niveau d’acquisition de l’élève.

Mais pourquoi Pierre ne passe pas à l’unique note représentant le bilan d’acquisition de l’élève?

Une histoire de … discipline

Tout est là! Pierre est un professeur des SVT, son programme lui est scindé en séquence autonome où les connaissances ne se chevauchent pas, les seules compétences transversales sont au nombre de 3 :  Réaliser, Raisonner, Communiquer. Elles sont d’ailleurs relatives au Socle Commun de Connaissances.

Une discipline où il est difficile de « spiraler », l’utilité de l’évaluation par items en devient diminuée. Ma discipline étant les mathématiques, spiraler les connaissances est aisé, et donc permet aux élèves de pouvoir récupérer des échecs…

Un collègue de sciences physique-chimie qui lui évalue comme moi selon l’expérimentation scolatix a les mêmes sensations que Pierre, néanmoins cela lui permet de voir les profils des élèves (ceux ayant plus d’aisance en électricité, optique ou chimie …)

A ceux qui disent qu’une note seule ne veut rien dire!

Je suis parfaitement d’accord!

C’est d’ailleurs le but de scolatix, avoir différents paliers de précision dans la visualisation du niveau d’acquisition :

  1. un global (la fameuse note ou pourcentage)
  2. un intermédiaire (les items sont regroupés en thème, on ne voit donc que le taux d’acquisition de chaque thème)
  3. un précis (on voit les acquisitions de chaque item).

directionLes expérimentations sans note, se sont confrontés à un dilemme :

  • avoir un livret de compétences avec beaucoup d’items qui rend difficile son appréciation globale. (il manque un bilan global pour les parents qui se questionnent en disant aux enseignants, alors c’est bien ou pas?)
  • avoir un livret plus succinct, mais quand il s’agit de sa voir précisément quoi retravailler, on sait plus. (Oui, d’accord la manipulation des nombres n’est pas acquise, mais sur quel type de nombre?Quelle opération?)

Cette journée m’a convaincu d’autant plus du bien fondé de mon expérimentation ou du moins de l’axe de progression choisi.

Et vous, vous en pensez quoi?objectif4

 

[1] : IGEN 2007, Les livres de compétences : nouveaux outils pour l’évaluation des acquis, inspections Générale de l’Éducation Nationale, Rapport à Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale

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