Les contrôles « grattés » en 4e

Ca y est c’est la rentrée ! Les petits 6e vont découvrir demain leur nouvel environnement. Mais parlons plutôt de la pré-rentrée, après la découverte du fameux emploi du temps, d’entendre geindre certains collègues jamais content, après la réunion du socle commun où rien n’est vraiment décidé car on a soit oublié ce qui s’était dit l’année dernière, soit on est encore en mode « vacances », après avoir connu les premiers ennuis informatiques du collège, le serveur scribe qui ne démarre pas, il est venu le temps de la concertation. Bref parlons plutôt de ce qui s’est dégagé dans cette petite heure de concertation disciplinaire.

I. Le petit bilan des contrôles grattés en 3e et apriori sur le niveau 4e.

Maintenant nous sommes trois à gérer l’apprentissage des maths au niveau 4e. Je retrouve l’ancienne collègue avec qui je partageais ce niveau. c’est aussi avec elle que nous avons expérimenté en 3e la « gratte officielle » (antisèche).

Cette dernière a proposé l’idée de le faire en 4e.

L’année dernière, l’expérimentation en 3e, a été intéressante. Certains élèves ont su vraiment exploiter ce petit morceau de papier et ont tellement réfléchi à sa conception que le cours a été appris. En effet, il s’agissait qu’ils réalisent que « comprendre le cours » est quasiment équivalent à « l’avoir appris« , ce qui a été le cas pour nombre d’entre eux.

Dans chaque évaluation, nous demandions le nombre de fois qu’ils avaient utilisé leur gratte, et le nombre n’excédait jamais 2 ou 3, et pour la moitié, ils ne l’utilisaient jamais, le cours étant su.

Certains 3e étaient gêné par le fait de « tricher », ou ne voyait pas l’intérêt, ce qui suggérait une discussion sur l’expérience avec les élèves pour dédramatiser le côté « sacrilège ».

 

Mes réticences :

– L’exploitation de la gratte requiert un sérieux et une compréhension de son utilisation et surtout de sa création. En effet, il est primordial qui prenne du temps pour la créer, exploiter le cours pour en sortir les points essentiels, ce qui est le premier pas vers l’apprentissage. En 4e, j’ai peur qu’ils soient désarçonnés par l’expérience et qu’ils considèrent que c’est simple de faire une gratte et que celle-ci soit faite à la va-vite. On perd ainsi tout intérêt de l’expérience.

– D’expérience personnelle c’est sans doute dans ce niveau où j’ai le plus triché. Aider à faire une gratte ne serait-ce pas leur donner les clés pour mieux tricher et aussi les convier à poursuivre dans cette voie? Sont-ils assez grands pour comprendre qu’il y a une différence?

 

Mais on parle bien d’expérience, on verra où celle-ci nous mènera, j’espère avoir de bonnes surprises.

 

Parlons maintenant du concept.

II. Le concept.

Il s’agit donc de les autoriser à avoir une gratte (antisèche) au contrôle. Celle-ci avait une dimension : 5cm par 7cm et que le recto, le verso servant à mettre leur nom dessus.

L’année dernière, nous avions aidé les 3e dans leur conception de leur première gratte (enfin plutôt première gratte officielle!). J’avais pris une demi-heure avec eux pour qu’ils commencent la création de leur anti-sèche.

On voulait d’abord voir les élèves qui travaillait efficacement, prenant leur cours et extrayant les points essentiels. Ensuite les grattes intéressantes, je les présentais pendant cette demi-heure, afin que les autres comprennent ce qui est intéressant à mettre dessus. Ensuite comme pour toutes les autres fois, je les conviais à me les montrer en fin de cours s’il le souhaitait afin que je leur donne mon avis.

Faire une anti-sèche requiert un apprentissage, il ne faut pas le négliger.

Première chose surprenante, on remarque deux profils : les littéraires (gratte romancée, peu de schémas) et les scientifiques (gratte schématique, peu de phrases).

Pendant le contrôle, ils doivent la poser sur le coin de leur table (pour que je puisse la voir). En fin de contrôle, ils doivent indiquer le nombre de fois qu’ils l’ont regardée. L’objectif ici est qu’ils comprennent l’inutilité d’une antisèche pour l’apport de connaissance.

Cette dernière  a un avantage : le côté rassurant. Les élèves ont paru moins stressés sauf ceux où la gratte était mal conçue.

Ils doivent rendre aussi l’antisèche avec le contrôle. Au moment de la correction pour nous cela permet de suivre certains élèves qui doivent prendre du recul sur le cours.

III. Conclusion

Cette expérience  a été riche pour les élèves et pour nous, par les anti-sèche on comprend aussi certains fonctionnements d’élèves.

Les  objectifs de l’expérience ont été pleinement remplis à savoir :

– Prendre du recul sur le cours, savoir dégager les points essentiels pour soi, ce qui est le premier pas dans un apprentissage efficace du cours.

– Saisir que comprendre le cours est primordial et généralement que un cours compris est un cours appris. Inutilité de l’anti-sèche.

 

On leur a appris à apprendre.

Nous verrons ce qu’il en adviendra en 4e. L’expérience est aussi reconduite pour les 3e.

 

Les antisèches de 3e sur un contrôle portant sur la notion de fonction et aussi sur les nombres (puissance, écriture scientifique, relatif….)

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4 commentaires

  1. Bonjour,
    Je trouve l’expérience intéressante, mais je ne comprends pas l’intérêt de présenter l’anti-sèche comme telle. Pourquoi ne pas leur dire « vous faites un résumé du cours et vous avez le droit de l’utiliser pour le devoir surveillé ». Tout en limitant si vous le souhaitez la taille du résumé.
    Il me semble que ça supprimerait une partie des réticences, non ?

    1. Bonjour Coralie.
      L’idée était aussi de montrer l’inutilité de la gratte au moment du contrôle car de faire un résumé suffit à apprendre le cours.
      L’objectif était aussi de prendre les élèves au contre-pied (quoi on fait un truc illégal) pour qu’ils adhèrent facilement, des fois ça marche, des fois non….

  2. Bonjour
    Je suis un collègue de Vendée. Est ce que tu continues l’utilisation des « grattes » ? Cela m’interpelle positivement.

    Message pour Julien : la tronsmart T2000, c’est pas mal .. Je suis en phase de test 🙂
    A plus.

    1. J’ai utilisé la gratte encore cette année, mais seulement une fois, j’ai par contre été optimiste et j’ai tenté à ce qu’ils fassent leur gratte chez eux, résultat pas top du tout. Donc je persiste à penser qu’il faut faire la gratte en classe.

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