Et si « faire commun » commençait par un simple ticket ?

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Sur la Forge des communs numériques éducatifs, pas besoin d’être développeur pour contribuer à un projet. Une idée, une suggestion ou un signalement de bug peuvent déjà faire avancer un outil utilisé par toute une communauté.

Encore un nouvel outil ?

Il y a quelques jours, je suis tombé sur plusieurs projets de création et de correction de QCM hébergés sur la Forge des communs numériques éducatifs.

Des projets intéressants, développés par des enseignants, avec des fonctionnalités parfois très proches. Chacun apporte ses idées, son expérience et ses solutions techniques.

J’avais moi-même commencé à réfléchir à un fork de l’un de ces projets (Correcteur QCM), avec l’idée d’y intégrer Grist pour faciliter la sauvegarde et la mutualisation des QCM.

Et puis j’ai découvert Cocciquiz (d’Emmanuel Gaunard, un chic gars !) un autre projet qui proposait déjà une bonne partie de ce que j’imaginais. Mieux encore, il existait avant celui que j’avais repéré !

Cela m’a amené à me poser une question toute simple :

Pourquoi développer une nouvelle solution quand on pourrait contribuer à améliorer celle qui existe déjà ?

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas créer de nouveaux projets. La diversité des approches est une richesse du logiciel libre. Mais parfois, plutôt que de repartir de zéro, il pourrait être intéressant de mettre nos idées en commun.

Et c’est justement l’une des possibilités offertes par la Forge.

La Forge : et si on construisait davantage ensemble ?

Il y a quelques jours, en découvrant plusieurs projets de création et de correction de QCM sur la Forge, j’ai fait un constat : plusieurs enseignants développent parfois, chacun de leur côté, des outils qui répondent à des besoins très proches.

J’étais moi-même sur le point de créer un fork pour développer de nouvelles fonctionnalités lorsque j’ai découvert Cocciquiz, un projet qui proposait déjà une bonne partie de ce que j’imaginais.

Alors, plutôt que de repartir de zéro, pourquoi ne pas proposer mes idées directement à son auteur ?

C’est justement ce que permet la Forge, et pas uniquement aux développeurs !

Deux idées me semblent essentielles : permettre à chacun de contribuer, même sans savoir coder, et encourager la construction collective plutôt que la multiplication de projets développés en parallèle.

Car la Forge ne devrait pas seulement être un espace où l’on partage ses créations, mais aussi un lieu où l’on imagine, améliore et construit ensemble.

1. Le ticket : contribuer sans écrire une ligne de code

Imaginons que vous utilisiez une application de la Forge.

Elle fonctionne bien, mais vous aimeriez pouvoir exporter vos résultats dans un autre format. Ou peut-être avez-vous rencontré un problème sur votre tablette. Ou encore, une fonctionnalité vous semblerait particulièrement utile dans votre pratique pédagogique.

Vous pourriez simplement passer à autre chose.

Mais vous pouvez aussi ouvrir un ticket.

Un ticket (appelé issue en anglais) est un espace de discussion associé à un projet. Il permet notamment de signaler un problème, de proposer une amélioration ou de discuter d’une nouvelle fonctionnalité.

Et bonne nouvelle : aucune compétence en programmation n’est nécessaire !

Comment créer un ticket sur la Forge ?

Rien de bien compliqué !

  1. Rendez-vous sur la Forge et connectez-vous.
  2. Ouvrez le projet auquel vous souhaitez contribuer.
  3. Dans le menu latéral, cliquez sur Planification, puis sur Tableau des tickets.
  4. Cliquez sur Nouveau ticket.
  5. Donnez un titre explicite à votre proposition.
  6. Décrivez votre idée, le problème rencontré ou l’amélioration souhaitée.
  7. Cliquez sur Créer le ticket.

Et voilà ! Votre proposition est désormais visible par les personnes qui participent au projet, selon ses paramètres de visibilité.

Attention : selon les paramètres du projet et vos droits d’accès, la création de tickets peut ne pas être disponible.

Comment rédiger un bon ticket ?

Pas besoin d’écrire un roman !

Un bon ticket doit surtout permettre au développeur de comprendre rapidement votre proposition.

Par exemple :

Titre : [Évolution] Ajouter un catalogue collaboratif de QCM avec Grist

Constat : les enseignants peuvent sauvegarder leurs QCM, mais il serait intéressant de faciliter leur mutualisation.

Proposition : utiliser Grist pour référencer les QCM partagés, avec un classement par discipline, niveau et notion.

Intérêt : permettre aux enseignants de découvrir, récupérer et adapter des ressources créées par leurs collègues.

Voilà ! En quelques lignes, une idée peut devenir une proposition concrète.

C’est d’ailleurs ce que j’ai fait sur le projet Cocciquiz.

Plutôt que de développer immédiatement une nouvelle application, j’ai ouvert un ticket pour proposer une expérimentation autour de Grist.

L’auteur du projet pourra réagir, proposer une autre approche ou simplement expliquer pourquoi cette évolution ne correspond pas à ses priorités.

Faire commun, c’est aussi accepter la discussion !

2. Pour les plus geeks : contribuer directement au code

Vous avez quelques compétences en développement ? Vous aimez mettre les mains dans le code ?

Il est possible d’aller encore plus loin.

La Forge permet de récupérer le code source d’un projet, de le modifier et de proposer ses améliorations à l’auteur.

Pour comprendre le principe, quatre termes sont utiles.

Le fork : créer sa propre copie

Un fork consiste à créer une copie d’un projet dans son propre espace.

Vous pouvez ainsi expérimenter librement sans modifier le projet original.

C’est particulièrement pratique pour tester une nouvelle fonctionnalité ou proposer une autre interface.

La branche : travailler sans perturber le reste

Une branche permet de développer une fonctionnalité indépendamment de la version principale.

On peut ainsi travailler sur une amélioration, la tester et la corriger avant de proposer son intégration.

Le commit : enregistrer une modification

Un commit est un enregistrement d’une modification dans l’historique du projet.

Par exemple :

fonctionnalité (ou feat pour les initiés) : ajout d'un filtre par niveau scolaire

Chaque commit permet de conserver une trace des évolutions réalisées.

La demande de fusion : proposer son travail

Une fois les modifications terminées, vous pouvez créer une demande de fusion (Merge Request).

L’auteur du projet pourra examiner les changements, les commenter et éventuellement les intégrer.

Le principe est donc assez simple :

Fork → Branche → Modifications → Commits → Demande de fusion

Il faut toutefois préciser qu’un fork n’est pas toujours nécessaire : lorsqu’on dispose des droits appropriés, il est possible de contribuer directement à partir d’une branche du projet.

Et surtout, une demande de fusion n’est pas automatiquement acceptée.

Le responsable du projet conserve la décision finale.

3. Faire commun, ce n’est pas seulement partager du code

C’est finalement ce qui me semble le plus intéressant.

Nous avons parfois tendance à associer les communs numériques au partage du code source.

C’est évidemment essentiel, mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Un enseignant qui signale un dysfonctionnement contribue à améliorer un outil.

Un collègue qui propose une fonctionnalité issue de sa pratique de classe apporte une expertise pédagogique.

Une personne qui rédige une documentation, réalise un tutoriel ou teste une application sur différents matériels participe également au projet.

La contribution ne se limite donc pas au développement informatique.

Elle peut prendre des formes très différentes, accessibles à des profils variés.

Et c’est probablement l’une des grandes forces des communs numériques éducatifs : permettre à des enseignants, développeurs et utilisateurs de construire des solutions ensemble.

Et si on arrêtait de réinventer la roue ?

La Forge regorge de projets intéressants, souvent développés par des enseignants qui répondent à des besoins similaires.

Mais pourquoi développer chacun notre solution dans notre coin, alors que nous pourrions unir nos forces ?

Bien sûr, la diversité des projets est une richesse. Il ne s’agit pas d’imposer un outil unique ni de freiner les initiatives. Mais avant de créer un nouveau projet, pourquoi ne pas regarder ce qui existe déjà et envisager d’y contribuer ?

Un ticket pour proposer une fonctionnalité, une demande de fusion pour apporter du code, une discussion pour rapprocher deux projets… Autant de possibilités pour éviter de multiplier les développements parallèles.

Car développer plusieurs fois les mêmes fonctionnalités, c’est aussi multiplier les efforts de maintenance, les corrections de bugs et les mises à jour.

Faire commun, ce n’est pas simplement mettre son code à disposition. C’est aussi accepter de construire ensemble plutôt que chacun de son côté.

Et c’est peut-être là tout l’intérêt de la Forge : passer d’une collection de projets individuels à une véritable communauté de contributeurs.

5. Une contribution, ce n’est pas une commande

Il me semble important de terminer par une nuance.

Derrière les projets de la Forge, il y a souvent des enseignants ou des développeurs qui consacrent du temps à créer, maintenir et améliorer leurs applications.

Ouvrir un ticket ne signifie donc pas demander à quelqu’un de travailler gratuitement pour nous.

C’est avant tout une proposition de contribution et une invitation à échanger.

Avant de créer un ticket, il est utile de vérifier que le sujet n’a pas déjà été abordé, de consulter la documentation et de formuler une demande suffisamment précise.

Il faut également accepter qu’une proposition puisse être refusée, reportée ou réorientée.

Le mainteneur connaît les contraintes techniques de son projet et reste libre de ses choix.

Le logiciel libre repose sur des libertés, mais aussi sur une forme de respect du travail des autres.

Et si on faisait vraiment commun ?

Nous sommes nombreux à utiliser, partager et recommander les outils développés par d’autres enseignants. Mais nous pouvons aussi participer à leur évolution !

Une idée, une suggestion, un problème rencontré ? Un simple ticket sur la Forge peut suffire pour engager la discussion, sans écrire une seule ligne de code.

Et avant de lancer un nouveau projet, prenons le temps de regarder ce qui existe déjà. Peut-être qu’un autre enseignant a commencé à développer une solution similaire. Pourquoi ne pas unir nos compétences et nos idées plutôt que travailler chacun dans notre coin ?

Faire commun, ce n’est pas seulement partager ce que l’on a créé. C’est aussi choisir de construire ensemble plutôt que côte à côte.

Et parfois, tout commence par un simple clic sur « Nouveau ticket » !

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Micro2text un petit programme avec l’API ALBERT : dictaphone instantané et souverain

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Bonjour à toutes et tous !

Je viens de terminer une petite application qui se place dans la zone de notification. Elle permet par un raccourci clavier configurable de dicter ce qu’on veut écrire et ça écrit sur le logiciel où on est comme libreoffice , pronote etc….

Voici un rendu (bon j’ai pas réussi à faire en sorte que le micro soit capté par l’application de screenshot et l’application micro2text, mais je suis bien en train de dicter ce que je veux.)

Le programme se situe dans la zone de notification.

Et on peut ainsi modifier la clé API, lancer les paramètres (pour changer de langue à détecter, l’anglais, l’espagnol et l’allemand sont disponibles)

J’ai fait un site très rapidement pour présenter et pouvoir télécharger l’outil (linux & windows).

https://mathix.org/micro2text

le site est disponible également sur la forge

https://micro2text.forge.apps.education.fr

Sinon côté clé qu’il faut récupérer auprès de la DINUM pour utiliser albert, c’est par là que cela se passe.

https://albert.playground.etalab.gouv.fr

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PdfCraft : un concurrent libre d’Adobe Acrobat qui avance à toute vitesse !

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Alors ça n’a rien à voir avec les maths, nous dirait Carlito (pour ceux qui ont la référence !), mais bien avec le libre !

Un gros projet est actuellement mené par une communauté de développeurs avec une ambition assez folle : proposer des alternatives gratuites et open source aux logiciels des grands éditeurs, et ainsi réduire notre dépendance à leurs solutions propriétaires.

Le projet s’appelle ArtCraft.

Ils ont commencé notamment par s’attaquer à Photoshop avec PhotoCraft, puis à Illustrator, Lightroom, Premiere Pro…

Et maintenant, ils s’intéressent aussi à la bureautique avec WordCraft, une alternative à Microsoft Word.

Et parmi tous ces logiciels, il y en a un qui m’intéresse particulièrement : PdfCraft, un lecteur et éditeur de PDF qui ambitionne de concurrencer Adobe Acrobat.

Alors, ça donne quoi ?

Je viens de tester PdfCraft dans sa version 0.9.0.

Première surprise : l’interface ressemble énormément à celle d’Adobe Acrobat. On retrouve rapidement ses repères, avec une organisation assez familière.

Etonnamment ressemblant n’est-ce pas ?

Deuxième surprise : c’est rapide, même méga rapide ! Le logiciel est développé en Rust, un langage qui permet d’écrire des applications performantes.

Et cerise sur le gâteau, il existe sur Windows, Linux, macOS, FreeBSD, mais aussi en version web. Il propose même une version native pour les PC Windows ARM64. Oui, même pour mon PC ARM !

Pour une version encore en construction, je trouve le résultat particulièrement abouti.

Et concrètement, on peut faire quoi ?

Déjà pas mal de choses !

  • Lire et annoter des PDF.
  • Fusionner plusieurs documents ou découper un PDF.
  • Réorganiser, ajouter ou supprimer des pages.
  • Remplir des formulaires.
  • Ajouter des signatures.
  • Protéger des documents.
  • Exporter en format word
Tout n’est pas encore disponible, cela reste une alpha

Bref, une bonne partie de ce que nous faisons régulièrement avec des PDF, y compris dans nos établissements scolaires.

Autre point qui me plaît beaucoup : le fonctionnement en local.

Pas besoin de compte, ni d’envoyer ses documents sur un serveur distant lorsqu’on utilise l’application installée sur son ordinateur.

À l’heure où nous manipulons beaucoup de documents institutionnels, parfois avec des données personnelles, c’est loin d’être anodin !

Tout n’est pas encore parfait !

Il ne faut pas non plus s’emballer : PdfCraft reste en version alpha.

Certaines fonctionnalités sont encore limitées…

On ne remplace donc pas encore complètement Adobe Acrobat, même cela ne serait tarder ! EN tout cas pour mon utilisation, ça l’est ! On peut en plus brancher son IA dessus par l’intermédiaire du protocole MCP (imaginer dans quelques années Albert dessus….. oui j’aime rêver !!!)

J’ai testé la version 0.6.0 il y a deux jours et, au moment où j’écris ces lignes, la version 0.9.0 vient déjà de sortir il y a 8heures, ça évolue vite (3 versions en quelques jours et dans le bon sens !)

Bref !

Bien sûr, il existe déjà d’excellents logiciels libres. Mais voir une communauté tenter de reconstruire toute une famille d’applications aussi ambitieuses, avec des interfaces familières et des performances déjà très intéressantes, mérite franchement qu’on s’y attarde.

Et si, dans quelques années, nous pouvions nous passer d’une grande partie de nos logiciels propriétaires sans perdre nos habitudes de travail ?

Imaginez un peu l’Éducation nationale qui tourne entièrement sous CRAFT ! Bon, on peut rêver, non ?

En attendant, PdfCraft mérite clairement un essai, et je vais continuer à suivre son évolution, tout comme celle de WordCraft (la version WORD libre), qui me titille particulièrement !

D’ailleurs, je suis déjà en train de réfléchir à porter mon projet Scidot sous WordCraft. Ce n’est pas gagné, puisqu’il n’y a pas de VBA dans WordCraft, mais l’idée de pouvoir proposer un outil qui fonctionnerait aussi bien sous Linux, macOS que Windows me plaît énormément.

Un même logiciel, sur toutes les plateformes, sans abonnement et sans dépendre d’un éditeur propriétaire… Avouez que ça fait rêver ! En plus le langage RUST est léger et permet d’avoir une certaine réactivité sur des machines anciennes…

Et c’est justement l’une des motivations derrière cette famille de projets : sortir de cette logique d’abonnement que les grands éditeurs cherchent de plus en plus à nous imposer.

Parce qu’au fond, pourquoi devrions-nous payer tous les mois pour continuer à utiliser des outils dont nous avons besoin au quotidien ?

Alors oui, il reste beaucoup de travail, tout n’est pas encore abouti… Mais personnellement, j’ai envie d’y croire !

Le lien :PdfCraft sur GitHub

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