Le travail du soir? Espoir?

Un petit jeu de mot sur une petite polémique du travail du soir au collège.

La polémique est constante et dure et dure encore …. Doit-on mettre en place une heure en fin de journée collège pour permettre aux élèves de faire leurs devoirs du soir ou les laisser les faire comme par tradition chez eux?

J’avoue en première instance, j’étais convaincu qu’il faille garder cette tradition, pour que les élèves aient le goût du travail et assument leurs rôles d’élèves à savoir apprendre et faire des exercices. Pour moi, le danger que représentait « les devoirs du soir » au collège était, entre autres, le non-apprentissage des leçons.

Avec sourire, on imagine forcément un élève entrant chez lui, posant rapidement son sac, la maman disant « T’as fait tes devoirs? » et le gamin de répondre « oui oui j’ai fait ça au collège« , pas de vérification de la part des parents. Bref, laresponsabilisation des parents…. Si leur enfant n’a pas appris c’est la faute au collège et plus de l’enfant.

Pourquoi j’ai changé d’avis?

Gardons-nous bien de cela, je ne dis pas que les devoirs du soir au collège sont la panacée. Mais…

J’avertis, je vais tomber dans le stéréotype exprès, parfois c’est en exagérant que l’on perçoit les limites et qualités d’un fonctionnement.

Je nommerais deux catégories de parents, les favorisés et les dé-favorisés.

  • Les favorisés possèdent un accès à la culture instantané, et possèdent le temps de s’occuper de leur enfant le soir (les horaires de travail sont classiques : environ 9h-18h)
  • Les défavorisés possèdent un accès à la culture plus limité, et les contraintes du travail les empêchent de s’occuper de leur enfant le soir. (les horaires décalés, ou de nuit …)

Bien entendu, se limiter à cela, n’a pas de sens, c’est même réducteur, j’en ai conscience, mais comme je le dis, j’exagère exprès pour pousser la réflexion.

D’expérience, les élèves ayant des problèmes d’apprentissage sont soit laissés en autonomie le soir pour les devoirs, soit les parents n’arrivent plus à aider leur enfant (niveau requis trop élevé)

Nous affirmons que l’école est un ascenseur social, il permet d’élever les élèves dans la connaissance afin qu’il s’intègre dans la société, et on espère réduire l’écart des niveaux  de culture au sein du groupe d’individus (dans le sens des connaissances, non des croyances) .

Alors demander à des élèves de faire les devoirs chez eux le soir, quel problème cela pose-t-il?

Les parents dits « favorisés » pourront aider les élèves alors que même les moyens offerts par la famille auront pu aider seul l’enfant.

L’enfant issu du milieu défavorisé, lui, n’aura pas d’aide de la part de ses parents, et son milieu ne permettra pas qu’il s’en sorte dans de bonnes conditions.

Faire les devoirs du soir au collège, permet de mettre les enfants dans la même posture de réussite : une école égalitaire.

Bien entendu, l’égalité des chances, ce n’est pas empêcher l’épanouissement des meilleurs pour se rallier au plus faible.

 

 

 

Comme disait A. Lepage

L’égalité des chances, c’est mettre un lièvre et une tortue sur la même ligne de départ.


Les élèves ayant des capacités de travail accrues s’en sortiront toujours plus que les élèves ayant des difficultés, mais au moins l’environnement ne sera pas handicapant et c’est le principal, non?

Bien entendu croire que l’on hissera au même niveau les élèves venant de tous les milieux est un leurre, 75% de l’éducation est faite par les parents, les stimuli favorisant la curiosité, la soif d’apprendre, de comprendre les choses, d’apprécier la culture, sont du fait des parents, nous, enseignants, n’agissons que  sur une partie infime, déjà parce que nous les voyons moins longtemps et que nous ne sommes pas le référent principal de ces enfants.

Faire les devoirs du soir au collège c’est laisser l’opportunité aux élèves d’un même accès à la connaissance, par la présence d’un adulte érudit.

Techniquement cela suppose que les cours soient aménagés autrement, surtout pour les collèges ruraux qui sont soumis à la règle des transports,

Augmenter l’amplitude horaire, est-elle une solution? J’avoue là, que je n’en sais rien car pour des élèves de 6eme, une journée de 9h à 17h chez moi, cela correspond à partir de chez eux avant 8h et revenir après 18h.

Agrandir cette amplitude pour permettre le travail du soir au collège est-elle vraiment, dans ce cas, un choix pertinent?

 Et vous? Vous en pensez quoi?

 Suite de la réflexion

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2 commentaires

  1. bonjour,
    je partage votre idée sur les devoirs du soir, mais je rebondis sur les points suivants.
    Le système « égalitariste » que vous décrivez me semble plus devoir relever de l’équité (donner plus à ceux qui ont moins) que de l’égalité des chances. A vrai dire, mettre un lièvre et une tortue sur la même ligne de départ n’est pas une image satisfaisante. Car c’est toujours supposé que les deux font la même course, la même compétition.
    Concernant l’aide aux travaux du soir, l’aide d’un « adulte érudit » ne fait pas tout, mais c’est une bonne expérience, pour un professeur, de se confronter au travail demandé par un autre collègue. Pas toujours évident soyons honnête.
    Enfin, par curiosité, est-ce que le chiffre de 75% de l’éducation due aux parents est une estimation à la louche, personnelle, ou vous appuyez-vous sur une quelconque étude ? Car on entend aussi parler des effets maîtres, établissements, pairs…
    Bref, au final, je vous rejoints tout de même qu’il appartient bien à l’école de s’occuper de manière prioritaire et globale des questions pédagogiques, ce qui n’empêchera pas les familles – heureusement – d’y investir le champ.

    Cordialement

    1. Bonjour, content de vous lire de nouveau.
      Je parle bien d’égalité des chances et non d’équité (quoique cela revient au même d’après une définition de wikipédia qui est loin d’être une source fiable mais bon….), chaque élève a la possibilité d’avoir de l’aide de la part d’un adulte du collège au moment des devoirs du soir comme l’accès à toutes autres ressources du collège.
      Ils partent tous avec les mêmes chances que le collège peut leurs fournir.

      L’image du lièvre et de la tortue ne vous plaît pas? Pourtant c’est supposer que les élèves partent tous du même endroit de non-érudition et que certains iront plus loin, plus vite, que d’autre avec la même « chance ». Bien entendu le parcours différera, l’école ne fait pas que des politiciens, et heureusement!

      Les 75%, me viennent des souvenirs de l’IUFM, sur l’impact qu’ont les enseignants ou l’établissement ou de la discipline sur l’éducation de l’élève.
      De souvenir, 75% des parents, 15 % la renommée de l’établissement, 10% la discipline, et enfin 5% l’enseignant.
      Bien entendu cela ne dit pas que les parents enseignent tout à l’élève, mais que ceux-ci ont un impact sur l’implication de dernier dans son apprentissage.
      Malheureusement, je n’ai aucune source de ce document, seulement les dires de ma RGR de l’époque (il y a quelques années déjà!)
      Au plaisir!
      Cordialement.

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