L’auto-évaluation

Voilà, une journée de reprise pour le GRAF  (Groupe de Recherche Action-Formation), certains collègues en sont partis, et 4 autres nous ont rejoints (représentant une expérimentation d’évaluation sans note). Un IPR a rejoint également le groupe, ce qui monte à 3 le nombre d’IPR (SVT, Maths, Musique).

Journée délicate, moins fertile que les autres, dûe sûrement à la présence des nouveaux. L’IPR de l’éducation musicale durant la matinée nous a parlé de l’auto-évaluation au sein sa discipline.

J’ai mis longtemps à m’approprier le sujet qui mérite sans doute qu’on s’y attarde.

I.L’auto-évaluation au sein d’un cours d’éducation musicale.

Présenté par l’IPR, tout d’abord comme un moyen de suivre (évaluation formative) la progression des différents élèves.Comprenons la problématique de cette matière, ils ont un nombre important d’élèves, et seulement 1 heure par semaine.

Ici, l’auto-évaluation prend son sens par le fait que les élèves doivent s’évaluer par rapport à une grille de critères. L’enseignant agit lui par pointillisme, réajuste lorsqu’il interroge au hasard les élèves, leurs auto-évaluations.

L’objectif est clair, et les élèves sont en position d’avoir un élément de mesure de leur positionnement par rapport aux attendus dans le temps.

 

Intrigué, je suis intervenu dans la présentation faite par l’IPR, est-on sûr que les élèves s’auto-évaluent bien? L’enseignant a-t-il toutes les ressources (temps) pour réajuster l’ensemble des auto-évaluation des élèves?

L’IPR ne m’a pas répondu directement à la question, il a juste évoqué l’évaluation sommative comme moyen de vérification ultime.

Pour l’instant, l’auto-évaluation ne concerne donc qu’un moyen d’évaluation formative, aucune incidence sur la « note » de l’élève.

Ensuite a eu lieu un travail sur la mise en place d’un système d’autoévaluation :

Et si on autorisait l’auto-évaluation comme évaluation sommative? Et si on l’étendait à l’évaluation entre pairs?

 

Ces questions ont été soulevées, trop peu de temps pour s’y attarder concrètement, on a embrayé sur nos expérimentations et le comparateur de systèmes d’évaluations.

Mais je vais m’y attarder un peu.

II. L’auto-évaluation en mathématiques

 

Tout d’abord, l’auto-évaluation est un moyen de travailler une compétence du socle commun, il ne s’agit donc pas de renier cet outil.

Avec l’évaluation par objectifs.

Ce que je fais en terme d’auto-évaluation (par objectifs) : au moment de l’évaluation, je demande aux élèves de prendre du recul et m’écrire les objectifs qu’ils pensent avoir acquis.

Ici, l’élève s’auto-évalue et son évaluation de sa copie est confrontée à celle de l’enseignant, une fois la correction effectuée.

Cela apporte deux avantages :

  • On connaît le ressenti de l’élève par rapport aux acquis demandés, et la confiance aussi qu’il s’accorde.
  • Quand l’élève pense avoir un objectif et qu’il ne l’a pas du tout, un dialogue peut se construire plus facilement, du moins, on peut être plus précis dans l’appréciation.

 

Bien entendu, je n’évalue cette année que les 4e par compétences, contrairement à l’année dernière (ce « recul » s’explique simplement, j’ai envie de revoir pourquoi mon système d’évaluation par objectifs a ses avantages, et aussi tirer les avantages de l’évaluation chiffrée, il s’agit pour moi de me faire une idée objective de ces deux systèmes)

Avec l’évaluation chiffrée.

En 5e (note chiffrée), je demande également qu’ils s’auto-évaluent. Le système est simple, je leur donne le barème et je souhaite qu’ils écrivent au crayon à papier la note pour chaque exercice. Ici l’objectif recherché n’est pas le même que pour les 4e, d’ailleurs ils évaluent des exercices et non des compétences, une différence de taille!

L’élève est obligé de prendre du recul sur la consigne de l’exercice : Répond-il aux attendus de la question? 

Le cas échéant, il peut ( et j’espère qu’il le fasse) corriger son exercice.

Ce système d’auto-évaluation permet donc de faire prendre du recul aux élèves et avoir une relecture efficace de leurs copies.

Elle permet donc de créer une dynamique de travail de relecture.

 

III. L’auto-évaluation comme évaluation sommative?

Là, je doute fortement, à m’essayer à l’auto-évaluation comme évaluation finale.

Il suffit de voir l’évaluation entre pairs (qui se pratique très bien, en demandant par exemple, à la classe de critiquer le travail d’un élève affiché au tableau, d’ailleurs les caméras-documents reliées au projecteur, c’est tout simplement génial! ), on remarque souvent, qu’ils exigent souvent la perfection qui d’ailleurs soit dit en passant, me questionne sur la perception, qu’ont les élèves, de l’école.

De plus, les élèves ont une idée précise du niveau de chacun, leur évaluation est donc biaisée par la volonté de confondre l’évaluation de la copie de l’élève par le niveau qu’on pense de lui.

C’est le même effet que la « constante macabre » ou que « l‘évaluation sociale« . Nous, enseignants, avons sans doute plus de recul que les élèves sur ces points, bien entendu cela ne veut pas dire qu’on ne peut le travailler avec les élèves, mais de là à leurs donner un crédit sur l’évaluation sommative,  il y a un pas que je ne franchirai pas pour l’instant.

Et vous?

 

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Un commentaire

  1. Et pourquoi pas pour l’évaluation sommative ?

    Je réagis à ton article Arnaud car je me pose la question de l’évaluation par auto évaluation également. Puisque tu poses la question et vous ? je prends le temps d’y répondre.

    Au final, on revient sur le « à quoi sert l’évaluation ? ». Et quelles sont les croyances derrière ce terme ?

    Finalement, on pourrait se poser la question rétroactive de « Et nous, comment avons nous perçu l’évaluation lorsque nous étions enfant, ados, étudiants, adultes ? »

    Souvent même adulte nous nous formons encore et l’évaluation peut nous servir en terme d’appui, pour voir si nous possédons ou non la connaissance. Est-ce que si nous nous étions évalué nous même nous aurions mis le même résultat ? Probablement je pense, car il s’agit de progresser et d’apprendre de ses erreurs, non ?

    L’évaluation telle que nous la concevons est basée sur nos croyances de ce qu’est ou n’est pas une bonne évaluation. Mais si nous donnons réellement les clés de l’apprentissage aux élèves, en quoi ne pouvons nous pas leur donner les clés de leur évaluation (au moins en parti) y compris sommative ? Si nous ne possédons plus cet outil, cela signifierait-il que nous n’avons plus le « pouvoir » de dire si c’est juste ou faux, bien ou pas bien ?

    Je n’ai pas testé l’évaluation complète d’un élève par lui même, mais pourquoi ne pas le tester… A voir !

    Merci à vous deux pour vos partages !
    Belle rentrée.

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