Le numérique dans l’Education Nationale

Je reviens d’une formation pour les RUPN, pour les non-connaisseurs ce sont les Responsables des Usages Pédagogiques pour le Numérique.

Cette formation en plus de rencontrer des têtes que je ne connaissais que par internet, a mis en exergue la grande problématique du Numérique, cette transition qui est train de se dérouler au sein de l’Education Nationale.

Côté communication, sous-entendre pub auprès du grand public, le numérique c’est le top, tout est plus simple et répond à de grandes problématiques que l’école du livre (par opposition à l’école du numérique) connaît. Je ne saurais que trop parler de la différenciation, le poids du cartable, le suivi, la communication instantanée, l’accès à d’autres types de médias, classe inversée….

Tout ça, chers parents, collègues, c’est vrai. Le numérique, c’est chouette !

C’est un univers à découvrir pour nous, enseignants, les applications sont nombreuses, et on n’a pas fini d’explorer ce nouveau territoire encore vierge.

Lors de cette formation, on a découvert justement ces pratiques, les formateurs, qui devaient nous former à former nos collègues sur le numérique, se sont cassé le nez sur un mur, le mur de la crainte. La crainte de la réaction de nos collègues qui poseront les questions légitimes auxquelles nous n’auront pas de réponses… Celles des moyens dans les établissements, celles de l’accès au numérique dans les familles…

Il est vrai qu’en tant que RUPN, on se trouve un peu pris entre deux feux, celui de la hiérarchie « vous êtes formateur, vous devez former vos collègues, c’est votre mission », celui de nos collègues qui poseront ces questions…

  • Peut-on exiger des travaux en ligne à faire chez soi ?
  • Si un parent refuse que son enfant aille sur l’ordinateur lorsqu’il n’est pas présent avec lui, et quand il travaille tard peut-on exiger un devoir numérique à l’enfant?
  • Si des parents n’ont pas les moyens d’avoir accès au numérique ?

Et j’en passe !

A y penser, on se retrouve un peu, 50 ans en arrière lors de l’apparition des calculatrices dans l’enseignement. Le même premier argument qu’aujourd’hui faisait place dans le débat : l’inégalité des moyens des familles pour avoir cet équipement.

Le marché des calculatrices scolaires étant concurrentiel, le prix a baissé et maintenant il est naturel de demander 7€ de dépense aux familles (voir même plus : règle, équerre, compas, crayon à papier, rapporteur…)

Ensuite, s’est posé la question de savoir quand donner l’accès à cette calculatrice dans le parcours de l’élève. Et c’est la distinction aujourd’hui entre ces deux bouleversements de l’Education Nationale.

Cette question, nous ne nous la posons pas pour les ordinateurs « parce qu’ils (les élèves) sont nés avec ». Cependant savent-ils l’utiliser correctement, les parents ne donnent-ils pas accès trop vite à cet outil ?

C’est là, la différence fondamentale qu’il y a entre l’apparition de la calculatrice et l’accès à l’ordinateur (au sens d’accès à internet). L’utilisation de la calculatrice a été initié par l’école, celui de l’internet par les « familles ».

L’école doit donc former à ce nouveau média alors que la majorité des élèves a déjà profité des outils, et possède des us et coutumes biaisés par une utilisation souvent sociale (facebook) et non utile ou pratique comme nous l’avons connu.

On se retrouve donc confronté à une forte de demande institutionnelle pour former les élèves à un nouvel usage des Tices parce qu’ils y ont déjà accès pour la plupart d’entre eux…. Et une autre pression pour laquelle l’école doit rester égalitaire et donc faire face au manque de moyens des familles qui ne peuvent se payer ces outils.

Les conseils généraux se sont lancé dans l’équipement des collèges, mais sans doute avec du retard, et l’argent à débourser est colossal.

Là où en plus une calculatrice peut durer 10 à 20 ans, l’ordinateur ou la tablette dure souvent bien moins longtemps avec un coût de maintenance prohibitif.

Cette période transitoire durera sans doute quelques années comme pour la calculatrice. Maintenant reste à savoir si on prendra le choix du BYOD (Bring Your Own Device) ou de l’équipement à 100% des élèves par le collège ou une autre voie.

A propos de l'auteur : blank

Enseignant de mathématiques : collège Belle-vue de Loué Membre de l'équipe du "Rallye mathématique de la Sarthe" blog : mathix.org

a écrit 931 articles sur mathix.org.

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6 commentaires

  1. Peut-on engager ici une discussion un peu plus poussée ici car tout n’est ni totalement noir, ni totalement blanc sur le sujet ?

    Je pose la question car peut-être que vous ne cherchez pas la polémique (ands le bon sens du terme bien entendu).

    1. Euh, oui, disons que je ne pense pas avoir dit que tout était noir, ou tout était blanc. J’ai plutôt tenté de dire que c’était juste une période incertaine… La discussion peut avoir lieu, en espérant que ça ne parte pas dans du n’importe quoi.

  2. Bonjour,
    Pour moi la question est tellement dérisoire…le numérique pourquoi faire? Voila la vraie question.

    D’ailleurs cette question n’a rien à voir avec le numérique.

    Si c’est pour proposer des situations où l’ont construit du sens, bien sûr…mais si c’est pour proposer des situations encore plus transmissives comme les classes inversées, si c’est pour pouvoir donner encore plus de travail à la maison…si c’est pour nous décharger de tout le travail pédagogique, je reste perplexe, à vous de me convaincre mais je préfère ma classe avec des cailloux que celle de mon voisin avec des tablettes.
    a+ mr

    1. Bonjour Marc.
      « à vous de me convaincre… » Je ne te dois rien, donc on se calme un peu, ok? 🙂
      Côté avantage du numérique… En vrac et ce n’est certainement pas objectif :
      Les vidéos? Les extraits d’erreurs de JT? Les exercices traités que l’on peut revoir chez soi (surtout pour les élèves ayant besoin d’oralisation)? Les animations geogebra (pour améliorer la perception de l’espace et du plan) ? Les vidéos d’animations pour se créer des images mentales? Les exercice sous forme de quizz autocorrigé? ….
      Maintenant cela ne veut certainement pas dire que « ce qui n’est pas numérique est nul » bien au contraire , il y a des notions que je ne me vois pas passer par le numérique!
      Et je n’ai pas écrit que le numérique avait réponse à tout, mais qu’il apportait de nouvelles choses qui méritaient qu’on s’y attarde…donc soyons moins tranché et plus pragmatique sur la question, non? 😉

  3. Désolé,
    le ton devait être le mauvais et je ne m’en suis pas rendu compte et je m’en excuse. Je voulais juste insister sur la construction des notions, en opposition à la transmission des notions.

    Les vidéos bien sûr, je suis heureux t’utiliser vos prbDUDU justement parce ce ne sont pas des problèmes de maths, mais des problèmes qu’on résout grâce aux maths.

    Les erreurs de JT vraiment sympa comme supports.

    Mais malgré ça, je suis persuadé qu’en France il y a plus de collège equipés en tablettes plutôt qu’en cailloux et en effet ça me chagrine.
    a+ mr

    1. No soucy, au moins tu as le mérite d’échanger, et ça j’aime beaucoup!
      Je partage ton avis, sur le fait que le tout numérique n’est pas une fin en soi, mais l’accompagnement au numérique reste cependant une de nos missions qui s’est imposée malgré nous! 🙂
      Au plaisir de te lire et sans rancune vraiment 😉

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