Un nouvel élève : Albert, un LLM comme camarade de classe.

Edit : Je l’ai appelé Albert car notre I.A. made in Éducation nationale s’appellera Albert, donc autant prendre de l’avance.

Mon projet : intégrer un LLM au sein de la classe, avec mes élèves de 4e et de 3e.
L’an dernier, j’avais expérimenté ponctuellement l’utilisation de corrections réalisées par un LLM. Cette année, je souhaite inscrire cette pratique dans une démarche plus régulière et structurée.
C’est ce qu’Arnaud va appeler : « Education avec l’IA » (le prof reste maitre de ce qui se passe), d’ailleurs, allez jeter un coup d’œil sur son article qui permet de clarifier les différentes places de l’IA dans l’éducation.

Constat de départ :

Un LLM commet des erreurs, propose parfois des réponses pertinentes et « sait » également expliquer ses choix, comme un élève somme tout.
Mon intention est donc de le présenter aux élèves sous cet angle : quelque chose de faillible et tordre le cou à ce dogme de l’IA a toujours raison. Tout Chatbot est faillible et le présenter autrement me parait dangereux.
( Cet article est écrit en 2025, si des lecteurs des années 2040 se marrent en tombant sur cet article, il faut le mettre dans le contexte, peut-être que plus tard, les LLM ou autres modèles seront gages de vérité, pour le moment ce n’est pas le cas, dixit les ingénieurs d’OpenIA : Modèles de langage : aux origines des hallucinations | OpenAI)

Pré-requis :

Au préalable, il faut un compte sur un LLM, afin d’avoir un suivi de cet élève virtuel.

Bien évidemment, quand Albert ( l’IA) sera là, je la prendrai. Par défaut, je vais le tourner vers un LLM privé ( je ne mettrai pas de données personnelles, seulement mes cours et exercices vont être donnés au modèle. )

J’afficherai régulièrement au tableau l’interface du LLM pour montrer son travail à la classe.

je vais décider ( je changerai peut-être d’avis sur ce point) de ne pas sélectionner en amont les réponses du LLM, je veux garder la surprise, pour moi comme pour eux.

Je n’ai pas de doute, il aura par moment raison et par moment tord. Je ne veux pas tomber dans le travers de ne montrer que des démarches fausses, favoriser l’esprit critique passe par voir du faux mais aussi voir du vrai.

Les objectifs :

  • Développer l’esprit critique des élèves face aux productions d’une intelligence artificielle.
  • Favoriser la verbalisation des raisonnements et la justification des démarches.
  • Améliorer la compréhension des erreurs et les dédramatiser.
  • Promouvoir un usage réfléchi, éthique et éducatif de l’IA en classe.

Déroulement de ma première séance.

Ma présentation tout en affichant au tableau l’interface du LLM :
« Nous accueillons un nouvel élève, Albert, qui suivra le même programme de mathématiques que nous. Il réalisera les exercices demandés, tant en classe qu’à la maison, et passera les mêmes évaluations, que je corrigerai. »

Je préciserai ensuite que, comme pour chacun d’entre eux, il sera parfois interrogé sur son travail et que celui-ci fera l’objet de remarques collectives. Il pourra également, à certaines occasions, apporter son aide à ses camarades et, inversement, bénéficier de leur soutien lorsqu’il en aura besoin.
L’idée est d’en faire un véritable pair d’apprentissage, ni modèle, ni rival, mais un interlocuteur commun.

Apports du dispositif

Alors, oui, il va y avoir l’effet « WAHOU », qui je l’espère, se dissipera avec le temps pour tirer pleinement du dispositif :

  • Permet de dédramatiser l’erreur en l’attribuant à un tiers virtuel.
  • Développe l’esprit critique et l’argumentation entre pairs.
  • Introduit l’IA de façon responsable et éducative.
  • Donne à voir les limites des modèles de langage (problème d’alignement, prompting.)

J’espère également favoriser une meilleure qualité des échanges entre pairs, en encourageant des dialogues constructifs fondés sur l’argumentation, l’écoute et le respect mutuel.

Comment garder trace ? :

Je vais leurs donner des cartouches comme celle-ci (je vais surement retravailler la forme en fonction de retours élèves :

Bilan de l’expérimentation

Un bilan sera réalisé à la fin du semestre, incluant un retour des élèves sur le dispositif.
Je prévois même d’aller (si ça fonctionne bien) jusqu’à rédiger un bulletin semestriel pour Albert, en concertation avec la classe, comme pour n’importe quel élève.

A propos de l'auteur : blank

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