Leçon sur la discrimination : quelques supports

I.Reportage

En pleine réflexion sur l’Education à la sexualité et au respect des autres, je tombe sur un reportage autour d’une expérimentation assez surprenante. Elle se déroule dans une école primaire, une institutrice demande aux élèves s’ils veulent vivre une expérience sur la discrimination, les enfants, un peu innocents, répondent par l’affirmative.

a)Descriptif et 1ère journée

Dès la réponse donnée, l’institutrice met en marche son mécanisme de discrimination, rapportant qu’une autorité scientifique a prouvé que les plus petits sont plus intelligents, gentils, attentifs que les grands.

Elle catégorise sa classe en deux groupes, les grands et les petits en prenant 1m34 comme taille limite. Le groupe des grands va revêtir un chasuble rouge. Elle va favoriser les petits en leurs donnant des privilèges. La frustration comme jeu de discrimination en plus de l’irrespect, un uniforme pour créer un groupe paria.

C’est choquant, gênant, il dérange ce comportement de part l’attitude de l’institutrice. Les enfants devraient se révolter … mais non!

La journée se passe, un élève grand qui était rejeté par la classe est plus serein comme si la honte qu’il subissait était partagé avec son groupe : « Il n’est plus seul« .

A la fin de la journée, c’est effrayant les enfants s’insultent de « grands » sans que la maîtresse les y pousse.

b)2e journée et bilan

Le lendemain, elle inverse les privilèges, prétextant qu’elle s’est trompé et que son directeur (un homme très grand) lui a démontré que ce sont les plus grand les plus intelligents. Les privilèges sont donnés au plus grands.

On pourrait croire que le groupe des grands qui a subit la discrimination soit plus sympa avec l’autre groupe : Erreur! Ils sont tout aussi méchants! La nature humaine est terrible, à croire que le phénomène de groupe est réellement dangereux.

Le bilan à la toute fin est mitigé, les enfants se liguent contre l’institutrice, il faudra attendre quelques jours pour que les enfants comprennent ce qu’il s’est passé et apprennent de cette expérience.

Le résultat est intéressant, les enfants ne rejettent plus l’élève marginal, il y a plus de respect entre eux.

Un apprentissage efficace par le vécu :  subir la discrimination ne suffit pas pour qu’on en soit après l’auteur.

Mais faire un travail a postériori apporte vraiment un réel apprentissage marquant!

 

b)La vidéo

II.La vague

Le livre

Un livre et puis un film (basé sur le livre), inspiré d’une histoire vraie.

C’est l’histoire de Ron Jones un professeur avec des élèves de première du lycée Cubberley, en 1967. Voulant faire un cours sur l’autocratie, en 1 semaine il met en place un mouvement (la 3e vague) un peu sectaire, montrant aux élèves ce qu’est une dictature, et les  élèves se prennent au jeu et finissent ensuite par y croire. (source : wikipedia , dans la le livre la date indiquée est 1969 et non 1967)

Le film est une adaptation du livre qui est lui-même une adaptation de l’histoire vraie.

Le film est convaincant, réaliste et dérangeant, tout doucement et en transparence, par le jeu de question/réponse avec les élèves l’enseignant met en place les rouages de la dictature.

 

La bande annonce du film « La vague » :

La Vague – Bande-annonce par baryla

III.Une expérience à faire au collège?

Inspiré de l’expérience québecoise, j’ai fait la demande à mes supérieurs, l’infirmière et la CPE pour mettre en place le même genre d’expérimentation avec mes 3e.

Je pensais faire l’expérience sur 2 ou 3 jours, rapportant qu’un groupe de scientifiques disait que ceux qui avait des lunettes étaient plus intelligents. Il s’agissait de donner une caractéristique clairement loufoque pour juger de l’intelligence des individus, et je voulais leur signifier que c’était une expérience et qu’on verrait si cela fonctionnerait comme le disaient les scientifiques.

Il s’agit ensuite de voir les réactions des 3emes, je m’attendrais à ce que certains réagissent et s’opposent. Et enfin après ces 3 jours, je comptais  faire le descriptif de leurs ressentis et faire le parallèle avec la haine, le communautarisme et la discrimination et en dégager le mécanisme.

Bien sûr, c’est une classe que j’ai choisi, je ne la ferai pas avec d’autres. Je comptais prévenir les parents et inspection si, bien sûr, l’aval de ma hiérarchie, du CPE et de l’infirmière, j’avais.

 

Mes supérieurs ainsi que le CPE ont refusé, car, pour eux , pas assez de garde-fous afin d’éviter les dérapages.Néanmoins, ils ont montré de l’intérêt, d’ailleurs j’ai appris lors d’une discussion de l’expérience de Ron Jones : Ils ne souhaitent actuellement pas courir le risque.

Il est vrai, on travaille avec des adolescents, des êtres en construction donc plus crédules. Mais faut-il constamment les protéger, y-a-t-il vraiment un danger? L’enseignement par les erreurs et le vécu est un apprentissage pourtant efficace. Surtout que l’on ne demandait pas à ce que toute l’équipe enseignante joue le jeu de la discrimination mais un seul professeur, justement pour qu’ils observent qu’il y ait un problème et apprennent à contrer ce genre de pratique d’eux-même.

 

Tout n’était pas parfait! Un problème me gênait, mais j’aurais néanmoins tenté l’expérience :

Comment rétablir un climat de confiance entre l’enseignant « fautif » et la classe? En effet, il s’agit de tromper les élèves en usant du statut d’enseignant…

Réflexion à suivre…

 

Un petit extrait du film « la vague » qui résume la mise en place de la dictature avec le consentement global des élèves.

étude expérimentale La Troisième Vague par nature-boy-79

Vous avez aimé cet article ? Alors partagez-le avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :

Twitter Facebook email
Licence Creative Commons

Démarrez une conversation

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code