La titularisation d’un stagiaire : un choix pas si facile…

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La fin d’année se profile déjà, les hormones chatouillent les élèves de 4e et 3e, le climat est moins propice au travail, le rythme ralenti.

Alors que le brevet arrive à grands pas, nous, on a envie d’aller plus vite, plus en profondeur, difficile casse-tête!

Vient aussi l’heure des bilans, l’année s’est-elle bien passée? La relation avec nos classes a-t-elle été productive? Comme un rituel, je fournirai un petit questionnaire anonyme pour savoir ce qu’ils ont aimé, les accroches, les projets et aussi la fameuse question  » As-tu triché, si oui, comment? » (c’était une ancienne collègue de physique qui faisait ça, elle avait eu quelques retours affirmatifs et donc elle a su corriger cela… J’ai trouvé l’idée intéressante.)

choix

Le Bilan

Vient aussi l’heure du Bilan (avec un grand B) pour les collègues stagiaires de cette année, de moins en moins nombreux en maths malheureusement, avec cela 3 choix : la validation, le doublement et enfin la radiation.

Quand ça se passe super bien ou du moins quand au moins il y a une écoute, des initiatives prises par le stagiaire, je me dis que le rôle de tuteur doit être excellent, quoique prenant en temps et le choix final relativement facile. On sent quand un stagiaire a la fibre pour être enseignant : capter l’attention, maîtriser la transmission du savoir pour tous, différencier, laisser de l’autonomie….

Mais quand le stagiaire n’écoute que maigrement ce qu’on dit, quand il y a des mensonges pour donner le change quitte à se dédouaner sur autrui, quand il n’y a aucune remise en question et quelques retards inexcusables,  quel choix prendre face à ça?

virerLà où avec fougue, il y a quelques années j’aurais proposé la radiation! Là, je me ravise. Le concours du CAPES est relativement difficile, c’est une vocation, un choix de vie, humainement radier un stagiaire, c’est provoquer un chamboulement que l’on doit préparer avec luiMais face à un déni, aucune préparation à cela n’est possible. La question est là : Que faire? Il s’agit aussi d’être humain…

 

evolutionEt puis une année supplémentaire, peut aussi permettre à l’individu de changer complètement et de se défaire d’une réputation (celle auprès des parents ou élèves quand elle n’est pas à piquer des vers), mais c’est aussi prendre le risque de pénaliser une autre cohorte d’élèves, car oui en bon prof de maths, on influence 135 élèves en moyenne par an. Alors que faire?

 

On parle d’autonomie chez les élèves, mais c’est aussi ce qu’on demande aux stagiaires. Au début d’année, c »est difficile en tant que collègue ou tuteur, de ne pas donner ses cours etc…. Car on le voit comme un petit oisillon un peu perdu,  on repense à nos galères que l’on a connues. Et puis quand on donne du contenu à ses collègues pourquoi ne pas en donner aussi au stagiaire?

loupeMais là peut survenir un autre problème : Que faire quand on donne du contenu, et que ce dernier ne se  l’approprie pas, ne se  pose pas de questions sur le « pourquoi? », « comment? », « que dire? » ? Donner du contenu ne force pas à chercher, fouiner, tester, se corriger et re-tester : ce qu’on attend d’un enseignant tout simplement.

Bien entendu, les stagiaires savent sur quoi ils seront évalués,  on est donc en droit d’attendre des prises d’initiatives que ce soit des demandes de conseils ou des réflexions ouvertes auprès de ses pairs.

3 personnes sont impliquées dans la validation du stagiaire.

Le chef d’établissement doit faire un rapport pour mettre en exergue l’implication de l’enseignant-stagiaire, sa ponctualité, le travail en équipe, son aura auprès des élèves, l’agenda. Des faits qu’un inspecteur ne peut voir en classe en 1 séance.

Le tuteur, lui, fait un rapport sur l’évolution de la réflexion pédagogique  et didactique que le stagiaire mène. Oui, on ne demande pas au stagiaire d’être parfait (ce serait idiot de penser le contraire!), mais au moins qu’il sache se poser des questions (chose qu’il fera toute sa carrière), et qu’il aille de l’avant en testant…  Il permet aussi à l’inspecteur de mettre en relief son regard.

Je me rappelle de mon inspection où 15 élèves sur 24 n’avaient pas fait leurs exercices le jour de l’inspection, c’était la première fois que cela arrivait! Dans le stress, la séance d’avant je n’ai pas marqué les exercices à faire au tableau…. J’avais donc pris 15 carnets et je les avais sermonné avec véhémence. Mon tuteur présent lors de l’inspection, avait glissé à l’inspectrice que je n’étais pas dans mon état habituel, très stressé.

L’inspecteur, lui, est avant tout un supérieur hiérarchique, et faisant figure d’autorité concernant l’aspect pédagogique et didactique de notre profession. Il est « l’expert » et doit aussi juger la pertinence de notre travail, de notre séance et notre progression globale.

Le rôle du tuteur est sans doute le plus difficile car on est juge et parti, on doit aider notre stagiaire mais en même temps à la fin de l’année, on doit écrire un rapport qui aura une place prépondérante dans la validation de ce dernier. Tâche ardue et difficile, c’est avant tout un pari sur l’avenir… Et les quelques tuteurs que je connais redoutent le rapport qu’ils doivent faire. Difficile de se sentir juste et droit.

Cette année, ce sera sans doute un choix difficile pour certains stagiaires

et heureusement plus facile pour d’autres.

Dans ma promotion, nous étions tous validés,

sauf  pour 3 personnes : 2 redoublements et une radiation

(reconnue par le stagiaire et préparée tout au long de l’année.)

 

*Toute ressemblance à une situation réelle ne saurait être voulue. Je m’appuie sur quelques témoignages de tuteurs ayant eu des difficultés avec leurs stagiaires que j’ai eu ces dernières années. Cette réflexion a juste pour but de mettre en exergue le fonctionnement complexe de validation et d’accompagnement d’un enseignant stagiaire.

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28 commentaires

  1. Je suis moi même stagiaire cette année et j’ai envie de dire que se poser des questions sur sa démarche didactique et pédagogique c’est bien encore faut’il avoir le temps pour ce genre d’introspection (si l’on veut être productif hein)…
    Entre les séquences (durant lesquelles il est de bon ton de varier les supports)à construire, la gestion des rapports d’incidents, les journées de formations à l’autre bout de l’académie (bah oui le rectorat est une agence de voyage), les projets pluridisciplinaires, l’agenda à remplir…bah perso je ne repasse pas au microscope ma séance pour déceler LE moment où je n’ai pas géré.
    Les journée de font encore que 24h aux dernières nouvelles !

  2. Bonjour,
    en tant que stagiaire d’espagnol, je suis tout-à-fait d’accord avec ma collègue. Nous manquons terriblement de temps. Sans compter la formation, qui repose essentiellement sur le tuteur (il ne faut pas mentir, les journées de formation, en espagnol en tout cas, ne sont que des moments où les professeurs choisis par l’inspecteur nous font étalage de leur savoir et leur maîtrise que nous devons acquérir en moins d’un an alors qu’eux-mêmes sont arrivés là en minimum 10 ans). Mais, quand l’inspecteur choisit un tuteur qui vous guide et vous conseille pendant un an, grâce auquel vous prenez des habitudes de travail et avez l’impression de progresser et que, ce même inspecteur quand il vient vous inspecter, vous conseille d’aller voir et prendre conseil auprès d’autres collègues que ledit tuteur, il y a de sérieuses questions à se poser sur la crédibilité de cette formation. Qui paye les pots cassés? Le stagiaire qui ne reçoit pas de vraie formation et auquel on reproche de trop s’être appuyé sur son tuteur pour chercher à progresser. Vive l’hypocrisie.

  3. Bonjour,
    Je suis lauréat au capes de math 2014 session exceptionnelle. Afin de préparer au mieux ma future année de stage, pourriez-vous me dire s’il y a des points à travailler particulièrement (comme enseigner avec le numérique, narration de recherche, etc…) ou bien s’il y a des livres ou des ressources incontournables à lire afin de « bien » penser son enseignement? Tout conseil sera le bienvenu. Je précise que j’ai eu le capes en candidat libre et que je n’ai aucun master mais juste un diplôme d’ingénieur qui date… Merci d’avance

  4. Et comment expliquez-vous qu’un bon professeur stagiaire ne soit pas validé ? La « formation » des professeurs stagiaires : un véritable gâchis humain, une honte, une machine à détruire des bons profs. Quelle hypocrisie !

    1. Qu’entendre par ‘bon’? L’as-tu vu en situation? Peut-on dire que le jugement prononcé est mauvais? Est-on mieux placé pour réfuter l’avis de non-validation? Franchement?
      Autant de questions auxquelles je me refuserai de répondre ne connaissant ni l’histoire du point de vue du stagiaire « recalé » que celle du point de vue des inspecteurs (dont c’est le métier même si l’excuse de la venue sur une seule séance est décriée, l’entretien permet aussi de montrer ce que l’on fait avec les élèves durant l’année comme les projets etc… ), ou des principaux ou encore mieux du tuteur.

      S’il y a eu recalage et que le stagiaire réfute l’avis, je pense alors qu’il y a, au moins, un réel défaut de communication qui implique cette incompréhension. Les rapports doivent normalement être clairs sur les raisons du recalage (généralement un redoublement qui donc ne signifie pas une radiation définitive)

      Le véritable gâchis humain porte plutôt sur la masterisation des enseignants qui limite l’entrée des candidats et impacte fortement la sérénité des candidats pour entrer dans le métier.

      Je ne vois pas où est l’hypocrisie sur le recalage des stagiaires, croire qu’il faut avoir envie pour être apte est un leurre, des stagiaires j’en ai connu des excellents, des moins bons et des inaptes (qui ont tous redoublés, on leur a tous laissé une seconde chance je ne sais pas s’ils ont été validés).
      D’ailleurs on peut s’interroger sur l’impact auprès des élèves de faire redoubler un enseignant stagiaire peu performant.

      On peut s’interroger de valider un enseignant qui souffre avec les élèves par ses carences en matière d’enseignement, car oui des stagiaires souffrent, certains même démissionnent.

  5. Bonjour,
    Je suis prof de math et je pense que l.on peut toujours modifier nos pratiques pour mieux transmettre… Donc oui, on ne peut pas toujours avoir le temps de corriger nos erreurs mais une qualité essentielle pour un future professeur est la capacité à remettre ses pratiques en questions.
    Pour JP, je te conseille le livre transmath qui contient de bonnes activités et il est surtout une bonne base d.exercices.

  6. Pour moi il y a trois sortes de tuteurs:
    – Le tuteur qui prend ce rôle pour se faire bien voir de l’inspection.
    – Le tuteur nommé par défaut et qui accepte parce qu’il ne peut pas refuser.
    – Le tuteur qui veut réellement aider son collègue.

    La dernière sorte est très rare, clairement, être tuteur pour aider un jeune collègue, moi je veux bien, mais alors pourquoi tous ceux qui le prétendent font mine d’ignorer la situation des stagiaires:
    – parachuter dans une académie et dans un établissement dont il ne connaisse rien.
    – A temps plein, directement!
    – parfois en ZEP ou en classe à examen alors que tout le monde croit que « ce n’est pas possible » (mais oui, et la prime de 200 euros je la touche comment?)
    – avec des classes dures que les collègues ne voulaient pas DONT la classe du précédent collègue stagiaire qui a démissionné en février! Une classe à examen de surcroît… Merci les collègues de m’intégrer aussi bien à votre « équipe »!
    – pour construire pour la première fois des cours difficiles intégrant plusieurs paramètres et devant tenir dans un temps restreint en sélectionnant des priorités.
    – En travaillant sur de l’humain, ce qui est tout de même le sujet le plus sensible qui soit, on a la responsabilité d’adultes et de citoyens en devenir, ce n’est pas un mince sujet et l’on ressent vivement le poids des responsabilités.

    Vous commencez, on ne vous montre aucun cours, on ne vous en donne pas, on vous dit vaguement comment ça se monte sur une feuille de papier. Mais on passe parfois des heures à démonter le vôtre méthodiquement, alors que vous débutez. Vous vous dites que ça doit être normal, que c’est comme ça que ça doit se faire, vous êtes naïf… Les conseils sont aussi péremptoires que contradictoires du côté des formateurs comme du tuteur. Vous entendez tout le temps « je n’aurai pas fait comme cela » avec tes tas d’arguments que vous ne percevez pas clairement, au début vous représentez mal les enjeux, alors vous acquiescez. Tout va trop vite, difficile d’assimiler. On vous dit que vous êtes trop en attente et que vous ne travaillez pas assez, alors que vous ne cessez de travailler.

    Au bout d’un mois après la rentrée le tuteur, dont vous apprendrez qu’il est « fragile » par une formatrice (mais bien plus tard), vous pousse à changer de tuteur, en disant que le problème vient de vous (mais bon c’est quand même lui qui a eu un stagiaire qui a démissionné en cours d’année… Je dis je ne rien, mais ça m’interroge aujourd’hui…) alors qu’il sait pertinemment que ce n’est pas possible (mais vous pas…), et vous engueule devant toute la salle des profs quand vous vous refusez à le faire… et vous finissez par le faire vous jetant ainsi alors dans la gueule du loup. Vous êtes mis en alerte dès octobre.

    Vous commencez à remettre tellement tout en cause que ça devient un véritable problème pour avancer. Parce que remettre en cause son travail, ses manières de faire, son comportement ça vous savez le faire. Mais remettre au cause ce qui constitue son être, pratiquement jusqu’à l’autodestruction, ça non! Accepter et prendre en compte des conseils vous voulez bien, subir des critiques incessantes c’est insupportable. Il y a un moment où vous n’acceptez plus rien parce qu’il s’agit de survie psychologique pure et simple.
    Tout au long de l’année, on vous rebat les oreilles que le tuteur, avec qui vous ne vous entendez pas (c’est dur après ça…), mais avec qui vous êtes forcé de travailler sous injonction d’un inspecteur, l' »équipe » et la « direction » sont là pour vous « aider », comprenez « fliquer » voir « enfoncez ». On parle d’une « équipe » qui est capable de changer le devoir commun de votre classe pour leur en donner un sur une partie du programme non encore travaillé en cours, vous décrédibilisant devant vos élèves. Ou encore des convocations avec le chef d’établissement où l’on vous fait attendre 40 minutes seul dans une salle vide pour bien vous faire sentir comment on vous considère…

    J’arrête là, je pense que vous avez compris. J’ai eu un renouvellement de stage, j’ai eu un autre concours la même année et je suis encore stagiaire, mais maintenant je ne suis plus « un oisillon perdu », mes cours je les construis seul, mon nouveau tuteur (un professionnel, construit, intelligent et fin) vient me voir et me donne des conseils, je les applique et point. Rien d’autre, un peu de discussion, bonjour, au-revoir, merci. Tout le reste ce n’est que du vent, de l’hypocrisie pure et simple, et tout le monde le sait.

    Je ne tente pas de me justifier, j’ai ma part de responsabilité, j’aurai du m’affirmer dès le début et ne pas laisser penser un seul instant que j’étais »un oisillon perdu ». Il aurait fallu que je fasse comprendre de manière claire que c’était moi qui menait la barque dans mon travail et dans mes classes, et que le tuteur était simplement un collègue et un invité dans mes classes chargé de me donner des conseils, et non un directeur de conscience ou un maître à penser auquel je devais obéir.

    La titularisation n’est basée que sur un seul et unique critère, que le tuteur vous apprécie. Un mauvais feeling et vous repiquer, au pire vous êtes viré, le travail et les efforts que vous faites ne compte que bien peu face à cela. Pourquoi? Parce que le chef d’établissement ET l’inspection ne se basent presque que sur l’avis du tuteur pour prendre une décision, et ce n’est pas la seule visite à la fin de l’année qui changera quoi que se soit.

    Je suis mal tombé, certes, mais il faut que les tuteurs cesse fantasmer leur rôle, les critères de titularisation sont totalement faussé parce que basé sur l’arbitraire d’une seule et même personne, le tuteur, pratiquement tout puissant. Tous les autres acteurs se basent sur son avis, et il est facile et même humain de privilégier les côtés positifs ou négatifs du regard que l’on porte sur le travail d’une autre personne, c’est un avis qui même s’il veut objectif, est et reste totalement subjectif.

    Je tiens à préciser une chose, durant cette année-là je n’ai pas eu un seul retard, et quelques jours d’absences maladie en tout, pourtant j’aurai eu des raisons de déprimer et de partir en arrêt maladie pour dépression (mon médecin traitant m’a proposé plusieurs fois de m’arrêter quand je le souhaitais tant il voyait que j’allais mal, je n’avais rien à simuler) ou même de démissionner. je me suis accroché pour mes élèves, même si j’avais des soucis de gestion de classe et que je n’étais pas soutenu du tout par ma hiérarchie pour les résoudre. J’ai travaillé seul comme un dingue pour construire des cours à partir de rien, et quand vous dîtes qu’on peut abuser d’internet, mon tuteur ne voulait pas que je le fasse, et je le faisais quand même, sinon je me serai noyé.

    Aujourd’hui je suis heureux dans mon travail et dans mes classes, je sais beaucoup mieux les gérer même si ce n’est pas toujours facile, je viens au travail avec le sourire aux lèvres, je m’entends bien avec mes collègues et même si je travaille tous les jours même le dimanche en explosant, comme tous les professeurs consciencieux, les 40H/ semaine, je suis heureux d’avoir choisi ce métier.
    Je n’ai rien contre vous, ni contre les tuteurs, je vous invite simplement à vous mettre à notre place. La relation stagiaire tuteur laisse à désirer, c’est à se demander si on ne fonctionne pas dans un système totalement archaïque où le vieux chaman enseigne à l’apprenti ses techniques héritées et ses recettes inventés. A se demander pourquoi on a inventé l’école avec plusieurs maîtres et plusieurs élèves, celle où nous enseignons justement. Peut-être est-ce pour résoudre l’arbitraire et les mauvaises pratiques, et retirer l’affect des relations? Je ne sais pas, je pose juste une question.
    Merci.

  7. Bonjour, moi même enseignant stagiaire après avoir était enseignant et en CDI pendant 7 ans, j’aimerais pouvoir obtenir quelques réponses.
    Mon année de stage s’est très bien déroulé, super rapport de mon tuteur, validation de mon chef d’établissement avec avis favorable et rapport élogieux, institut Saint Cassien ( car je suis dans le privé) favorable, mais un point noir, l’ IPR qui est venu me voir n’a pas été satisfait et a émis un avis défavorable.
    Je dois passer devant une commission, un jury m’a -t-on dit, pouvez- vous m’aider, m’en dire plus??? Ai-je une chance d’être valider malgré cette avis défavorable de l’IPR.
    Cordialement

    1. Bonjour, cela dépend de ce qui a été marqué dans le rapport de l’inspecteur (que tu as dû avoir).
      Si tu passes devant une commission, elle sera constitué de chefs d’établissements, professeurs et inspecteurs (je dis ça de mémoire).
      Elle te permettra de pouvoir t’exprimer sur ton année.
      Il est effectivement possible que tu sois non validé cette année et que l’on te propose de refaire une année de stage, mais cela dépend des éléments qui ont été écrits sur les différents rapports.
      On peut bien entendu te valider à l’issue de cette commission comme te proposer un redoublement.
      Il faut savoir prendre du recul sur les critiques qui t’ont été dites et montrer que tu as su évoluer vis-à-vis de cela.

  8. Surtout que cet IPR n’a pas tenu compte de l’avis de mon tuteur qui est venu me voir une dizaine de fois et m’a fait vraiment de très bon rapport.
    Bref, je suis un peu perdu tout comme lui car en gros en 1h cet IPR a remis en cause le travail d’un effectué avec lui.
    Merci de votre aide sincèrement.

  9. Merci Arnaud Durand pourrions nous échanger en Privé, je pourrais t’envoyer les différents rapports et t’exposer un peu plus clairement ma situation. Je me suis fais inspecté 1 jours avant la date légal et donc n’est pas pu demander à ce que l’ IPR revienne, si jamais nous pouvions discuter en PV cela serait plus simple merci beaucoup en tout cas.
    cordialement

  10. Je rejoins parfaitement « un stagiaire » qui a publié le 01-02-2015 et je suis même hallucinée de lire une histoire qui ressemble trait pour trait à la mienne. J’ai eu une tutrice qui ne souhaitait pas l’être et qui a sûrement oublié que la formation n’était qu’un gloui boulga abject de diaporamas eduscol et de débats sur le bien fondé des magnifiques réformes qui nous pendent au nez. Elle en attendait autant de moi que moi d’elle alors que j’avais tout à apprendre. Construire un cours, je ne savais pas le faire. Gérer une classe non plus. Je n’ai reçu aucun conseil, je faisais comme je pouvais puisque ses réponses à mes questions restaient vagues. Et le pire ont été ses premières visites : elle ne me conseillait pas mais m’évaluait clairement et posait son carnet rempli de note en m’enfonçant avec ses yeux noirs et contempteurs. J’étais en plus en plein déménagement et je galérais et je me heurtais pour la première fois à ce monde inconnu, à ces responsabilités. Tout était neuf, je ne dormais plus la nuit tant l’adaptation à cette nouveauté me paraissait impossible. J’ai perdu du poids, fait des crises d’angoisse et à ma décharge je ne suis pas allée assez régulièrement aux cours de a tutrice qui bien qu’énérvée d’être tutrice avait assez d’ego pour avoir enie d’être indispensable (très bizarre comme comportement…). Peu après j’ai été déclarée en alerte. J’ai appris ça suite à une discussion corsée dans laquelle je me suis vue reprocher point par point des choses qu’elles ne m’avaient jamais dites, le tout dans un registre insultant. Elle a conclu que je n’étais sûrement pas faite pour ce métier et que je devais être une aberration. Au bout d’un mois, seule, sans aide, d’autant plus sans son aide, effectivement je vois mal comment j’aurais pu m’améliorer tant faire un cours semble abstrait après avoir passé sa vie à faire des plans, des dissert, des choses pour soi et pas pour les autres.
    J’ai commencé à faire des cauchemars récurrents dans laquelle je la voyais me répeter cela toutes les nuits. A la rentrée j’ai compris qu’elle recherchait la faveur du directeur et souhaitait se décharger de son manque d’implication sous couvert de manque de professionnalisme de ma part. J’ai subi suite à cette mise en alerte un harcèlement assez grave toute l’année, venant des formateurs, de ma directrice adjointe et de certains collègues. Le mépris des autres, les messes basses et les jalousies dues à ma jeunesse ont eu raison de mon enseignement qui est devenu froid et terne, comme moi… Je me suis traînée pour venir, j’avais un mal au ventre perpétuel, presque envie de mourir. Eh oui… J’ai fini en dépression et demandé ma démission fin mai 2014. Et tout cela pour une femme qui avait autant de chaleur humaine qu’une porte de prison.
    Cette entrée dans le métier n’est que le reflet d’un système malade qui peut être dangereux et très pervers. J’ai cependant connu des collègues géniaux,des enfants motivants et c’est clairement pour eux que je suis restée mais j’ai vu, dans un métier dans lequel les valeurs sont au coeur de nos transmissions, tellement de pourritures que j’ai préféré quitter l’école et vivre loin de cette malveillance destructrice. Et le témoignage d' »un stagiaire » me rassure dans la mesure où je sais que je ne suis pas folle et pas seule, mais me dégoûte.
    On devrait pouvoir être aidé, soutenu, et parler de nos difficultés. Le but étant de « se former », de « DEVENIR » un prof correct et non pas d' »ETRE » ce que l’on attend de nous. Par ailleurs l’alerte n’est qu’une manière de ficher le stagiaire et d’avoir une excuse pour éjecter tous ceux qui ne veulent pas de ce moule ou n’y entrent pas assez vite. Combien de camarades j’ai vu écoeuré …

    Alors mesdames messieurs mes chers tuteurs, pensez à vos stagiaires qui pour certains entrent pour la première fois dans le monde professionnel et qui auront besoin de temps avant de muer et de devenir un prof plus qu’un étudiant, qui auront besoin de temps pour acquérir des réflexes. Pensez que vous participez activement au bien-être de vos stagiaires et qu’un peu d’humanité n’est pas de refus et que vous n’avancerez pas les échelons plus vites en dénonçant un stagiaire si tôt dans l’année.

  11. Bonjour,

    je suis stagiaire post-capes.

    je rejoins mes collègues pour leur discours ci-dessus portant sur les rudes conditions de travail des stagiaires.

    Par ailleurs, non les stagiaires ne sont pas des oisillons perdus et chétifs que les tuteurs doivent « prendre sous leur aile ». Ce sont des professionnels, pour la plupart motivés, d’âges divers, diplômés (M1 à M2 voire doctorat), ayant passé et été reçus à un concours, qui entrent dans le métier et passent par une année de « période d’essai », evtlt renouvelable, pendant laquelle ils ont besoin d’être formés correctement et informés pour s’organiser au mieux face à cette masse de travail déstructurée. La construction des séquences, l’évaluation, la gestion de classe, la différenciation réclament l’appropriation de techniques malheureusement trop peu transmises par nombre de tuteurs.

    L’infantilisation est difficile à vivre, les directives contradictoires ministère/inspecteurs/espe/tuteurs (parfois non formés aux nouvelles pratiques éducatives et didactiques), encore plus. Les tuteurs oublient également trop souvent que le rythme de formation espe (14h/semaine + des déplacements + des rapports et mémoire de recherche à rendre) plombe bcp l’emploi du temps des stagiaires.

    En matière de gestion de classe et de didactique, les stagiaires reçoivent également toute l’année nombre de conseils disant ce qu’il ne faut pas faire, mais quasiment jamais ce qu’il faut faire. Très éclairant.

    Alors par pitié, comprenez que, oui les stagiaires sont prêts à se remettre en question pour s’améliorer, il ont déjà fait un vrai choix de carrière et ont pris le temps d’y arriver ; mais que, non, ils ne peuvent accueillir sereinement et de manière constructive, critique sur critique, sans en contrepartie avoir des directives simples, claires, applicables et un suivi rigoureux et honnête du/de la tuteur/trice. Ayez également conscience que le rôle de couperet des rapports fausse toute relation collégiale stagiaire/tuteur.

    De leur côté les stagiaires comprendront volontiers que la prime « tuteur » est ridicule à l’égard du travail qui leur est réclamé et que ça peut en rebuter plus d’un. Dans ce cas, chers tuteurs, si vous ne vous investissez pas trop, revoyez au moins vos attentes à la baisse, sinon vous vous retrouverez, faute de nouveaux titulaires, avec un turn-over considérable de contractuels encore moins diplômés et formés, et qui sont tellement critiqués en salles des profs.

    Cdt

  12. Ayez également conscience que le rôle de couperet des rapports fausse toute relation collégiale stagiaire/tuteur.

    Exactement

    Le vouvoiement me parait d’ailleurs être la meilleure solution dans ce type de relation

  13. Bonjour
    Je suis PE depuis 17 ans en reconversion dans le secondaire car j’avais envie d’enseigner ma matière : les maths.
    Je n’ai eu aucune formation, pas de tuteur. Seulement une visite conseil en octobre durant laquelle le chargé de mission a pointé mes forces et mes faiblesses lors d’un échange très constructif. Cela constitue ma seule formation si je peux dire.
    Ma CDE m’a mis la note administrative maximale et a souligné que j’avais très bien réussi ma reconversion.
    J’ai donc continué à préparer consciencieusement mes cours, pensant aller dans le bon sens en essayant de transférer mes compétences du primaire. A ma dernière inspection, on m’avait conseillé de préparer le cafipemf afin de devenir formatrice car  » mes préparations pourraient servir d’exemples à de jeunes stagiaires ».
    Je n’étais donc pas inquiète par la venue de l’IPR qui s’était chargé de la formation à la réforme dans notre collège réfractaire.
    Cependant, cette visite m’a « cassée ». Je n’ai jamais subi de telles remarques. Je n’a pas eu le droit d’argumenter car on m’a demandé de me taire (la première qualité d’un enseignant c’est d’écouter) puis on m’a démonté pièce par pièce (mon langage, mon manque d’écoute des élèves et des conseils, le fait que je n’attendais que les bonnes réponses(erreur de débutant)). J’ai eu le sentiment de vivre un cauchemar. J’en sors « démotivée », avec le sentiment d’être une mauvaise enseignante, une mauvaise pédagogue.
    Désolée pour ce message si long.

  14. (nouvelle version sans fautes: merci)

    Si tu veux être titularisé, lis les programmes officiels, suis les recommandations de ton IPR et applique leur pédagogie (même si tu la trouves foireuse) en classe. Le tuteur est toujours de la vieille école: souvent, il se prend pour un IPR (en fait c’est son rêve). Si sa pratique est contraire aux recommandations officielles et de l’IPR, présente lui gentiment ces recommandations-là et engage des discussions courtoises, sans le blesser: car le jour de ton inspection, si l’IPR constate que ta pratique n’est pas celle qu’il t’a recommandée, il ne te valide pas. Ton tuteur va se désolidariser de toi, tu sera le fautif qui n’a pas suivi les conseils du tuteur, car dans la tête de l’IPR, ton tuteur enseigne comme il te l’a recommandé.

    Surtout, évite le bordel dans tes classes: l’après-midi, fais des petits devoirs sur table ou collectifs noté /10, ou fait faire des choses ludiques aux élèves: documentaire à visualiser, recherches au CDI. Cale toujours tes évaluations aux heures chaudes et fais en le plus souvent. Un professeur qui n’évalue pas est un fainéant qui n’aime pas corriger les copies; et surtout qu’il y en a beaucoup de recommandées: évaluations diagnostique, formative, sommative.

    Surtout, ne cherche pas à tout prix à « faire cours » au sens d’inoculer tes notions à tes élèves: parmi eux, il y a des abrutis, ceux-là même qui font trop de bruit dans les établissements et qui emmerdent tout le monde. Ils iront raconter qu’il ne comprennent rien à ce que tu dis et on dira que tu n’individualise pas ou que tu ne te mets pas à leur portée. Donne beaucoup d’exercices aux élèves bons pour consolider leur niveau, et aux abrutis, donne leur du facile: ça s’appelle individualiser.

    Evite surtout qu’il y ait le bordel dans tes classes: même si c’est une classe de merde, tes collègues titulaires, quand le principal voudra en savoir un peu plus, soutiendront que ces élèves ne leur posent pas de problème particulier parce qu’ils ont peur qu’on ne leur balance un IPR. Ne te fais pas non plus marcher sur les pieds…Va souvent dans le sens de l’opinion partagée en matière des élèves et jamais en matière de pédagogie: fais ce que ton IPR te recommande. Ne commence pas à critiquer avant d’être dedans, car celui qui n’applique pas les recommandations du supérieur hiérarchique ne peut être un bon fonctionnaire (en France).

    Evite retards injustifiés, et surtout, à ton arrivée, présente-toi à tout le monde de manière sympa: CPE, Surveillants et autres administratifs.

    Conseils d’un refusé définitif à la titularisation qui repasse son capes.

  15. Bonjour a tous.

    Je suis stagiaire maths en collège. Je suis mariée et j’ai 1 enfant.

    Voilà : depuis le début de l’année, avec ma tutrice les relations sont compliquées. Le premier rapport de mon tuteur mémoire, chef d’établissement et tutrice publiés en janvier sont bons. En février/mars, ma tutrice a estimé qu’il fallait lancer une procedure d’alerte sur ma personne : elle me reproche des difficultés pédagogiques.

    Lors de cette annonce, j’ai craqué dans le bureau de ma proviseure qui a estimé que je faisais  » un caprice ». Les relations se sont donc compliquées avec ma CA et ma tutrice ( qui lui a bien monté le mou..)

    Une chargée de mission est passée : elle décrit des difficultés pedagogiques de l’ordre du normal pour un stagiaire , mais remarque un manque d’humilité et de remise en question, ainsi qu’une incapacité à reformuler ce que me dit ma tutrice. Mon tuteur mémoire ESPE passe le même jour sur la même séance: rapport positif. ( conflit d’intéret?)

    J’ai rencontré ma CA depuis qui m’a indiqué que je ne servais pas l’Etat par mon comportement immature. Elle m’a ensuite montré des captures d’écran ou j’aurais écrit que ma tutrice et ma CA pouvaient aller se faire mettre. Elle a trasmis à la cellule juridique du rectorat.

    Précision: je suis sous anti-dépresseur depuis janvier à cause de ce conflit de personne.

    Ma question est la suivante : Vais je être radiée selon vous?

    Que faire dans ce cas? Repasser le CAPES MATHS? est ce possible si on est radié/ révoqué?

    Peut on aller enseigner en belgique par exemple?

    Mon boulot c’est ma passion, je ne peux y renoncer.

    Merci à vous.

    1. Je n’ai pas la réponse à ta question. Le seul motif pour être radié, c’est pour faute grave.
      Je ne pense pas que cela soit le cas, donc on devrait te proposer le redoublement.
      Je te conseillerai d’aller quand même voir un syndicat pour exposer ta situation et voir ce qu’ils en pensent notamment avec tes rapports et les différentes pièces inhérents à ton dossier.

  16. Merci beaucoup pour ta réponse.
    Nous avons pris RDV au DRH et le syndicats m’ont dit qu’en gros, si ils voulaient me licencier, ils me licencieraient pour un autre motif, et que quoi qu’il en soit, je n’aurais pas vraiment de recours…
    Ils m’ont dit qu’on allait tenter de faire « blocus » pour éviter le licenciement mais qu’il ne pouvait me le certifier a 100%.

    Quoi qu’il en soit je devrais passer devant le jury académique et devoir me défendre.

    Concrètement, que faire en cas d’une non titularisation c’est à dire d’un licenciement déguisé?

    1. Tout d’abord, la non-titularisation ne veut pas dire licenciement.
      Ne pas titulariser un stagiaire, signifie qu’il va redoubler, point.
      En cas de mise en danger, ou faute grave, le stagiaire est radié.(pas de redoublement)
      Cependant même radié, on peut enseigner en tant que contractuel.
      Lorsque tu parles de passer devant le jury académique, c’est justement un jury qui parle avec toi de ta non-titularisation et la possibilité d’un redoublement.

  17. Merci pour votre réponse.

    Le conflit de personne ayant dégeneré avec ma tutrice et ma chef d’éatablissement je pense que les captures d’écran peuvent être vues comme une faute grave non?
    Est ce une faute grave de dire que son CA et sa tutrice peuvent aller se faire mettre sur un réseau social diffusé uniquement aux amis et non public?

    Si nous sommes radiés peut on repasser le concours?

    Merci.

    1. Euh, un réseau social est un espace public, il n’y a pas de notion d’espace privé sur internet, le c’est le B-A-BA de la législation sur internet.
      On peut en théorie repasser le concours

  18. Globalement je ne sais pas comment envisager cette fin d’année.
    Je ne connaissais pas ce BA BA.
    Je ne sais pas si ils m’octroieront un redoublement au vu de ce conflit de personne puisqu’ils doivent penser que je suis immature…
    Ai je tout de meme mes chances selon vous d’obtenir un redoublement/une titularisation?

    1. Pour moi, il est envisageable d’avoir un redoublement.
      La titularisation par contre me semble compromise si tu es convoqué.
      (B-A-BA, à lire Béhaba, signifie que c’est élémentaire, et c’est, en tant qu’enseignant, ce qu’on doit aussi enseigner aux élèves, que les réseaux sociaux sont soumis aux règles d’un espace public. Injurier, ou diffamer sur ces réseaux sociaux est identique à crier cela dans la rue.)

  19. Oui je le conçois tout à fait, et c’est ce que je dis par ailleurs a mes élèves. ( j’avais bien compris pour le B A Ba 😉 )
    C’est arrivé un soir ou j’ai craqué sous le poids du stress, de l’angoisse , de la fatigue et sous traitement. Mes mots ont dépassé ma pensée c’est simplement ça…
    En tout cas merci a toi pour ton super blog et ton super forum 🙂

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