Bon, on revient avec Julien d’une journée sur l’IA organisée par la Chaire Unesco RELIA et l’université de Nantes.
Le matin on a fait un atelier sur l’IA pour des lycéens , Julien a présenté son activité sur la modélisation pour montrer comment l’IA prédisait de la même manière qu’eux en faisant n’importe quoi… (mais qui mesure 2,58mà 30 ans?!) et puis j’ai présenté des ia loufoques qui doivent être remise en question par l’expertise, on en peut utiliser l’IA que si on peut juger de son travail.
Ensuite l’après-midi, on a été convié à une petit table ronde café Jasette. (d’ailleurs nos chefs d’établissements ont été remerciés lors des discours)

Une journée riche , merci Julie BARON et Lucie GRASSET qui nous super bien accueillies!
Maintenant lors du café Jasette où on n’était pas tout-à-fait d’accord avec ce qui était dit, mais c’est la richesse des débats qui aurait mérité pour moi beaucoup plus de temps et … de préparation pour les intervenants. J’avais participé à une table ronde sur E-TIC au Mans, le thème et questions avaient abordé en off lors d’un dîner.
D’ailleurs je trouve un peu dommage malheureusement que nous ne fûmes que les seuls enseignants auprès d’élèves du secondaire pour parler de l’impact de l’IA sur la jeune génération…. Des profs de lycées et collèges auraient eu leur place.
Disclaimer : je parle d’IA générative et pas d’IA symbolique, laïus qui a été évoqué par une chercheuse… force est de constater que culturellement parlant le mot IA évoque l’IA générative et la programmation évoque l’IA symbolique…
La vraie question de l’IA qui mérite pour moi l’importance c’est l’aide qu’elle apporte et ce qu’elle retire. Comment former à l’IA ? Comment éduquer à l’IA ? Comment accompagner les parents? Comment se former à l’IA ? Comment suivre l’évolution de l’IA?
Et j’ y ai taquiné mon frère sur le vibecoding alors que je plonge dedans aussi car l’IA , devient performante au delà de ce que je sais faire. Mais je sens aussi que je perds en compétence car je ne fais plus autant d’effort de comprendre ce qu’elle fait. Car lui poser des questions coûtent également des tokens au détriment de la compréhension de ce qu’elle fait.
Lors du café Jasette la réflexion n’a pas tout le temps été poussée car une réflexion mérite du temps, et d’être en forme, la route m’avait fatigué, et j’ai eu des arguments que je n’ai pas eu la présence d’esprit de dire.
Mon message se résumerait en
L’IA libère autant qu’elle enferme.
C’est paradoxal, mais pourtant tellement vrai.
L’IA est un « compagnon » qui peut permettre de structurer notre pensée par un dialogue, je questionne, je propose, elle me propose et me questionne, (si je lui demande d’arrêter d’être complaisant ça marche plutôt bien) Mais l’IA ne juge pas, et cela ne nous aide pas à trouver un vrai compagnon qui peut nous juger, on ne s’entraîne pas aux relations sociales à la gestion de notre stress etc…, l’IA nous désocialise un peu non?
L’IA permet de développer des compétences « virtuelles », on peut coder sans savoir coder, on peut résumer rapidement des documents sans les avoir lus. On a l’impression d’aller plus vite, d’aller plus loin. Alors oui, dans un sens pour savoir si on fait fausse route ou pas, cela peut permettre de gagner du temps (je l’utilise parfois pour des conférences pour savoir si le thème que je veut développer est présent). Mais parfois voir une conférence qui n’est pas totalement sur notre thème permet quand même d’élargir notre champs de vision : ça émancipe, on fait un pas de côté. On peut aussi « coder » rapidement un programme pour agrémenter notre cours rapidement, avoir une animation qui corresponde à nos besoins, ça « pimp ». Mais on ne progresse pas, on ne développe pas des compétences. C’est pour cela que donner cela à des « apprentis » et bien il n’apprenne pas. Donner à des adultes, ils régressent. Oui, je régresse en programmation même si parfois je discute avec l’IA et j’apprends, force est de constater que cela demande un effort de vouloir savoir et cette passivité cognitive peut être tellement agréable.
L’IA permet de maîtriser ses outils numériques, par exemple j’ai une tablette onyxboox, j’ai conçu des programmes android pour gérer des cahiers de suivi pour mes élèves (suiviPP), l’outil n’existait pas, j’avais l’idée , l’IA l’a faite, l’IA m’a permis de pouvoir utiliser mon outil de manière plus performante. Mais je reste dépendant dans le sens où avant j’étais dépendant de ma machine et son écosystème, maintenant je suis dépendant de ma machine et l’IA…
L’IA est une béquille, au lieu de demander à des collègues ou professionnels je demande à une IA d’abord… ça m’arrive parfois, ou aussi parfois quand je doute. Je me déresponsabilise un peu en fait, au lieu de me dire que je me suis planté, je me dis que c’est l’IA qui s’est trompé car je lui ai demandé en dernier ce qu’elle pensait de MON idée. Et comme je ne suis pas responsable, suis-je en capacité de me remettre en question? Ferai-je attention la prochaine fois ? Rien est bien sûr honnêtement.
L’IA aura un moment un pouvoir (l’a-t-elle déjà ? ) qui fera que seule une machine pourra lire et vérifier ce qu’elle produit…. un peu comme dans la révolution de l’entrée de la machine pour prouver le théorème des 4 couleurs (par le calcul seulement mais non vérifiable par des humains)… Est-ce que la machine de type LLM peut dire si quelque chose est vraie même si des programmes peuvent vérifier a postériori? Développerions-nous des compétences si la recherche en mathématiques était dévolue aux machines ? Quel avenir pour la recherche alors?
L’IA bouleverse nos habitudes, moi personnellement, j’ai l’impression fugace d’avoir mis le doigt dans un pot de confiture de caramel au beurre salé et ne pas pouvoir m’arrêter, et d’être dans le déni d’une forme d’addiction.
Est-ce que je serai capable de revenir 4 ans en arrière sans IA ?
Et bien je ne suis pas si sûr de savoir et… même de vouloir le savoir….









