26 août 2017

Une évaluation par compétences globales

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Voilà! De retour de vacances bien reposantes! J’espère que pour vous ça l’a été!

Je vous laissais avant les vacances avec cette big news, comme quoi, on évaluait tous par compétence au collège. Et qu’on avait définit une grille de 50 compétences pour tout le monde. J’ai eu des questions de la part de collègues sur la faisabilité et aussi le pourquoi que 50 compétences et pas plus afin d’être plus précis. Ce questionnement, je l’ai eu aussi de la part d’un collègue qui vient d’arriver chez nous.

Je vais donc mettre en concurrence 3 systèmes d’évaluations, la chiffrée ( comprendre la note), l’évaluation par compétences de type items et l’évaluation par compétences globales (celle que l’on va faire cette année).

I. L’évaluation pour quoi?

D’abord pour comprendre notre réflexion, il s’agit donc de définir à quoi sert notre évaluation. C’est idiot, car je pense qu’on le sait tous un peu, mais afin de faire des liens avec la suite, je pense ce passage nécessaire.

L’évaluation sert d’abord à l’élève pour se situer au regard :

  • des objectifs d’apprentissage qu’on attend de lui
  • de savoir ce qu’il lui reste à faire à issue de l’évaluation

Alors généralement, l’appréciation que l’on met sur l’évaluation  (tout système confondu) permet de répondre facilement à ces deux points.

En effet, généralement, notre appréciation se découpe en trois parties :

  • Un bilan général (Très bien, bon travail, bilan mitigé, des faiblesses … )
  • Un bilan détaillé sur les notions maîtrisées, ce qui a été bien fait
  • Une conclusion sur ce qu’il reste à faire (ce qui a été mal maîtrisé)

Donc en somme tout système confondu du point de vue de l’objectif d’une évaluation y répond.

Alors pourquoi plusieurs systèmes d’évaluation?

II. Savoir faire un bilan global de toutes les évaluations qui soit juste.

A. La note son apparition et son utilité

La vraie problématique reste que si l’on fait plusieurs évaluations, il faut être capable de pouvoir en tirer un renseignement afin qu’au conseil de classe par exemple ou face aux parents capable de résumer une période de la scolarité de leur enfant.

La première astuce qu’on a trouvée a été de mettre une note, (pour le BAC d’ailleurs en 1890) afin de comparer les différentes évaluations entre candidats.

Puis ce système de notation a essaimé dans le secondaire, la note s’est propagée comme un outil pratique pour voir s’il y a une progression positive ou négative entre cette fois-ci les différentes évaluations d’un même élève. La moyenne,elle, est venue un peu plus tard comme élément de synthèse objectif (qui ne dépend pas de l’évaluateur).

Si bien qu’entre appréciation et note, il y a depuis  une coexistence du bilan global. On sait que 19/20 c’est très bien par exemple! Pire, la note a supplanté la lecture du bilan global de l’évaluation a contrario de l’appréciation. C’est un vrai défaut que je vois en la note, elle occulte l’appréciation. Nous y reviendrons un peu plus tard.

B. Vers l’évaluation par compétences de types items.

Ce  système d’évaluation a été inventé en premier lieu pour contrecarrer un défaut de la note : la comparaison entre évaluation qui n’a pas lieu d’être sachant que les évaluations ne sont pas comparables du fait qu’elles ne portent pas forcément sur les mêmes notions.

Il permet aussi de répondre de manière plus synthétique à l’élève pour savoir ce qu’il lui reste à faire à issue de l’évaluation. (un des objectifs de l’évaluation)

La progression par items est visible de manière très efficace. Bref, le bilan est très précis, mais on perd la notion de globalité, entre 5 points verts et 4 points rouges qu’en dire? C’est moyen? C’est bien? C’est faible?

Bref, un peu comme un gros balancier, on est arrivé dans un excès de précisions qui à perdre du sens sur le bilan global.

D’ailleurs généralement, l’appréciation était redondante par rapport au bilan précis d’acquisitions des items (savoir ce qu’il lui reste à faire à issue de l’évaluation), c’est d’ailleurs ce qui la met en second plan. On retrouve le même défaut que celui de la note. L’appréciation est occultée or c’est pourtant, elle, la plus précise car on peut donner des priorités ou de l’importance sur certaines notions contrairement à d’autres.

D’ailleurs j’ai souvenir encore que l’année dernière certains collègues avaient remarqués cette redondance et se contentaient d’écrire en appréciation : « Toutes les compétences n’ont pas été acquises, certaines sont à retravailler. »

Bref, c’est exactement ce qu’il faut éviter. Et même si on préservait l’appréciation, le bilan des items est plus affriolant car plus simple d’analyse au premier abord pour l’élève, mais difficile de donner des priorités de révisions, de l’importance à certains objectifs.

En plus, imaginer qu’un collège entier choisisse d’évaluer comme cela, on se retrouverait facilement avec 400 items voir plus (j’en avais 70 pour juste le niveau 4eme en mathématiques par exemple). Le bilan général est impossible à faire que ce soit pour le professeur principal voir même les parents.

C. Redonner sa place à l’appréciation

Ça me parait plus sensé, l’appréciation permet de passer de vrais messages et est plus précise (pour peu qu’on s’y donne la peine d’en écrire des précises, on est d’accord!). Donc il faut trouver un système qui permette de voir la progression globale (et non par item) de l’élève tout en ne parasitant pas l’appréciation.

Mais comment préserver la progression de l’élève durant l’année, comment comparer les évaluations et ce de manière globale?

C’est là qu’intervient la notion de ce que j’appelle les compétences globales.

Réduire le nombre de compétences pour :

  • Les rendre interdisciplinaires, c’est un non sens d’évaluer la même chose dans deux endroits différents uniquement parce que les disciplines sont différentes.
  • Rendre plus lisible le bilan global pour les parents avec des compétences lisibles : des intitulés clairs.
  • Remettre plus avant des compétences liées au savoir-être (puisque moins de compétences, celles-ci apparaissent mieux), ce sont ces compétences que les parents recherchent : « Mon enfant est-il attentif? Apprend-il avec soin son cours? Est-il altruiste? Respectueux? … »

On retrouve donc ici deux avantages :

  • Celui où l’information quant aux objectifs à revoir est remise en avant par une appréciation plus visible
  • Une progression qui rend compte sur des compétences globales qui ont plus de sens, et qui donne une meilleure lecture par les parents.

Après, tout comme l’évaluation par compétences de type item, ce nouveau système va demander une phase d’apprentissage pour les parents et pour les élèves mais aussi pour les enseignants. En effet, l’appréciation aura plus d’importance, il faudra donc bien la construire, ce qui nécessitera je pense un peu plus de travail lors des corrections de copie et du remplissage du bulletin, mais tout ça au service de l’élève.

Pour moi, il n’y a donc pas de perte d’informations, mais justement une meilleure communication.

Alors je pense à certains collègues qui m’avaient soumis cet argument  :  » Avec ce système tu parasites clairement l’information : savoir ce qu’il lui reste à faire à issue de l’évaluation qui est plus accessible avec l’évaluation par items, tu parasites la remédiation ». Rah, la remédiation. Et bien en maths en tout cas, je suis parfaitement capable de me rappeler quels élèves ont des difficultés sur telles ou telles notions. D’ailleurs j’en parlais avec une amie professeur il y a quelques semaines, on a remarqué qu’on utilisait très peu voir pas du tout, l’outil informatique d’évaluation par item pour savoir quoi donner comme remédiation à tel ou tel élève.

Alors normalement l’argumentaire (toujours cette amie) se poursuit avec : « Comment font les disciplines qui ont tous les élèves? » Ah oui, nos chers collègues d’Arts-plastique ou d’éducation musicale. Quand je regarde les appréciations sur les bulletins, celle-ci s’attache surtout au savoir-être (attitude en classe) et quelques compétences artistiques globales ce qui correspond parfaitement à l’évaluation par compétences globales justement!

III. Vers l’évaluation par compétences globales.

Dernier argumentaire pour ce type d’évaluation est celui du conseil de classe, voir plutôt de l’orientation.

En fonction des notes dans chaque discipline on dégageait des profils scientifiques, littéraires, sportif, manuel, artistiques …. que ce soit de manière explicite ou implicite, on le fait pour savoir si l’orientation choisie par l’élève correspond à ces compétences qu’il a.

D’où l’importance de compétences globales qui soient interdisciplinaires et qui respectent les pôles. C’est pourquoi le socle commun n’est pas si mal fait car par exemple, pour le domaine 1, il a été séparé en sous-domaines  qui correspondent aux pôles.

Bref, ce système permet aussi une meilleure analyse de ce qu’est capable l’élève pour son parcours avenir.

Bref, il répond à des problématiques qui vont bien au delà de la simple évaluation.

Après je ne dis pas que ce sera simple à mettre en place cette année,

on risque d’essuyer pas mal de plâtres.

Et vous, vous en pensez quoi?

 

 

 

 

 

 

 

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4 Réponses

  1. Vincent - 30.08.2017

    Merci pour ce long et bel article qui apporte un bon argumentaire suite à l’article précédent qui présentait le dit référentiel.
    J’ai pris conscience de la différence entre évaluation par item et évaluation globale. Bien sûr que je sais la différence, mais jamais je n’y avais réfléchi comme cela… et c’est tellement plus clair !
    Merci et bonne continuation

  2. Aurélien - 01.09.2017

    Bonsoir!

    Tout d’abord merci pour toutes vos publications. Je fais de temps en temps un petit tour sur votre site et je trouve toujours de nouvelles choses très intéressantes. C

    L’évaluation… grand sujet qui me torture toujours l’esprit.
    L’an passé, j’ai commencé par cette évaluation par items très détaillés. Je ne m’en suis pas sorti très longtemps… Je suis venu à utiliser une grille qui ressemblait fortement à vos compétences globales.

    Ce mode d’évaluation aurait pu me convenir si on ne faisait des évaluations qu’avec 100% de tâches complexes. Or ce n’est pas le cas. ca m’a dérangé d’évaluer des exercices d’applications, des connaissances avec ce type de compétences. J’en suis revenu à mettre en parallèle des notes…

    Cette année, notre établissement a décidé d’utiliser le Document d’accompagnement pour l’évaluation des acquis du socle d’octobre 2016. Nos items deviennent les « éléments signifiants » de ce document. Je suis plutôt satisfait de cette grille.

    J’en viens à mes questions 🙂
    Pensez-vous que vous allez pouvoir tout évaluer avec votre grille? Comment évaluer vous les exercices d’applications?
    Ne faudrait-il pas évaluer certains exercices avec une note et d’autres avec compétences? Mais comment faire un bilan pour les parents?

    Faites vous une synthèse des différentes évaluations d’un item? Si oui, comment synthétiser l’item calculer, par exemple, qui peut tout aussi bien regrouper des calculs avec des fractions, des relatifs, puissances, …

    Comment allez vous faire la validation des domaines pour le DNB? L’année dernière nous avons regardé les « barres de couleurs » de Pronote mais celle-ci ne tiennent pas comptent du nombre d’évaluations dans chaque discipline. Certaines disciplines n’étaient quasiment pas visibles…

    Encore quelques jours pour réfléchir avant les premières évals…

    Bonne rentrée avec les élèves et bon courage!

  3. Arnaud Durand - 02.09.2017

    Salut Aurélien.
    Déjà merci pour ce partage de ta réflexion et ton expérience passée.
    Je suis d’accord avec toi sur le problème de l’évaluation des exercices d’application. Mais la solution pour moi est tout autre, on les évalue, mais doit-on garder trace de cette évaluation? Doit-elle rentrer dans le « calcul » (grosses guillemets car ce n’est pas vraiment un calcul) de la « moyenne » (y a pas de moyenne, mais l’idée du bilan global du bulletin plutôt).
    Pour moi, ça n’est que mon avis : Non. mais j’y reviendrais peut-être, le tout c’est de voir ce que ça va donner, hein? 🙂
    Pour la validation du DNB, notre grille se rattache aux domaines, je suis d’accord sur le principe que certains collègues évaluent beaucoup et d’autre beaucoup moins, donnant plus ou moins d’importance de certaines disciplines par rapport aux autres, c’est un vrai problème, une réflexion est menée pour l’instant pas de solution très satisfaisante, je pencherai pour un choix de chaque discipline sur un niveau d’acquisition, et on « fait » une moyenne, mais c’est pas top top.
    Pour la synthèse de la compétence calculer (la plus difficile) et bien on en revient à l’appréciation 😉
    L’idée principale c’est de réduire le nombre de compétences pour être lisible par les parents, de ne plus avoir de note,de rendre l’appréciation plus visible par les parents et élèves.

  4. Aurélien - 11.09.2017

    Bonsoir!

    Merci pour la réponse, j’ai hâte d’avoir des nouvelles de votre expérimentation afin de pouvoir avancer un peu plus dans ma réflexion

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