Auteur/autrice : Julien Durand

L’IA et l’éducation , l’exception française ?

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Alors oui je fais dans le titre sensas’, parce que je viens de prendre connaissance d’un graphique issu de l’enquête TALIS et il me questionne (merci au passage au café pédagogique d’où est sorti celui-ci.).

Face à l’enquête TALIS, notre prudence française face à l’IA est-elle une forme d’arrogance intellectuelle ?, ou une forme de sagesse collective ?

I. La défiance française : héritage culturel ou résistance salutaire ?

N’est-ce pas là une exception française ? A l’image de notre cinéma français, qui était est une exception mondiale avec des financements publics pour permettre de mettre en avant des projets pas bankables mais pourtant essentiels à notre culture.
Notre cinéma est souvent celui qu’on mérite, pas forcément celui qu’on veut (par confort ou facilité ) et il nous pousse à réfléchir.
Peut-être en va-t-il de même avec l’IA : la société (le monde de la Tech) nous propose ce qu’elle peut vendre, pas forcément ce dont l’éducation a besoin.

Ne faut-il pas y voir simplement cela? les érudits français qui prennent de la distance avec les IA, précisons les IA (basées sur du machine learning), voire même les LLMs.
Les arguments de la défiance sont nombreux :

  • Un prof est un sachant, point besoin de machine (oui c’est un peu la position qu’on a envie de prendre et moi le premier, on a fait des études et on sait),
  • Un manque de fiabilité (toutes les enquêtes le montrent, dont la dernière avec France Info)
  • L’homogéinisation de la pensée,
  • L’endettement cognitif,
  • Absence de confrontation à la friction cognitive essentielle pour l’apprentissage.
  • Développement des biais de représentation.

Cette méfiance, associée (à tort ou à raison) à notre culture française, peut être vue comme une résistance éclairée. Mais elle peut aussi masquer un certain retard, voire une frilosité face aux transformations en cours.
D’où une deuxième lecture possible…

II. Les promesses et limites réelles de l’IA dans nos métiers.

Ou alors, on est en retard, on ne prend pas la mesure de la technologie qui peut nous :

  • faire gagner du temps,
  • corriger nos fautes d’orthographe et même proposer des tournures de phrases permettant de mieux exprimer nos idées.
  • nous permettre d’être efficace plus facilement ( rapidité d’écriture)
  • permettre de répondre au besoin croissant de différenciation et d’individualisation ( je n’aime pas le dernier terme, il me renvoie à l’individu, or je préfère faire société…).
  • produire des images pour illustrer nos propos,
  • rendre plus abordables ou plus attrayant les notions à travailler avec des illustrations explicatives

M’étant penché sur la question depuis presque 2ans, j’ai eu la hype, ce moment déraisonné où l’on voit la Terra incognita s’étendre devant soi, et de se dire que des nouveaux possibles sont à portée de main…
Comme toujours, les désillusions arrivent, et en masse :

La didactique appartient « encore » à l’Homme. Certains me diront que ça permet de générer des quantités d’exerices ou de cours, des corrigés etc… mais qu’il faut relire, corriger, réadapter. Pascal Picq disait que toute évolution ne conduisait pas à moins de travail, mais à un déport de celui-ci, je crois assez à cela, on va devenir expert en relecture, mais relire ne permet pas d’innover, et l’IA n’innove pas car elle ne peut que générer ce qu’elle a absorbé.

En conséquence, un LLM est entrainé à manipuler du texte, il le fait bien.
Il est bon pour « remanier un texte », le rendre accessible à des allophones, ou des élèves « dys » ou « peu lecteurs « . Mais attention il ne l’est certainement pas pour donner des « nouvelles » idées, il donne du réchauffé voir du déformé, cela génère (IA générative)

III. Les bots : entre promesse sociale et mirage technologique

Sur ce point, je suis très partagé, je ne parviens pas à chosir un camps, je vais rester sur un « je ne sais pas » mais avec un éclairage malgré tout. Les Bots peuvent permettre de répondre à la fracture sociale, les élèves peuvent continuer d’apprendre à l’aide de cette nouvelle interaction. Les feedbacks instantanés, l’engagement ( par l’effet Wahou) réel, cela représente 2 des 4 piliers de l’apprentissage .

Cependant, sur l’engagement nécessaire aussi (1 autre des piliers de l’apprentissage), cela reste à voir, car celui-ci peut devenir superficiel (on consomme).

Un autre argument vient du fond on doit aussi les alerter sur les biais de représentation, la consommation écologique, la pensée normée, l’absence de fiabilités de sources.

Les défendeurs des Bots, viendront me préciser que les RAG permettent de limiter les hallucinations, mais on peut glisser vers une confusion pour les élèves entre Bots-RAG et LLM grand public. Je trouve cela dangereux.

En somme, cela pourrait être intéressant MAIS… Je suis dans le dilemme.

Le débat sur l’apport de l’IA est faussé dès le départ : on met en avant les réussites spectaculaires, rarement les échecs. J’en suis moi-même parfois complice, emporté par la hype. Arnaud m’a éclairé sur ce point (c’est ma caution quand je dérive et que je m’enflamme, c’est bien ce qui fait notre force, notre « contradiction lucidifiante »). De plus la plupart des défenseurs sont ceux issus des EdTech qui souhaitent vendre leurs services. Attention aux arguments commerciaux.

IV.La dissonance cognitive pour moi

Arnaud m’a remis en avant le syndrome du survivant, il y a aussi le biais d’ancrage.

C’est vrai que l’an passé, je commençais mes formations par « l’IA ne me fait toujours pas gagner de temps dans mon travail de prof », et c’est toujours le cas. La relecture est toujours dense, et on finit souvent par tout reprendre, MAIS, on s’enfermant dans la « logique de pensée du LLM » (je devrai plutot dire dans le machin que le LLM écrit), prisonnier d’une certaine norme.

En fait ce qu’il y a de plus bizarre, c’est que je prends conscience des dangers de l’IA et ma peur grandit de ne pas contrôler cette utilisation, et de l’autre, je reste enthousiaste face aux possibilités offertes (on ne s’enflamme pas, la scénarisation péda reste à ma charge, mais pour les reformulations, c’est pas mal, non ? Alors faut-il freiner l’utilisation ? Je serai tenté de dire oui, mais pour mieux y réfléchir.

Les enjeux économiques sont énormes : Les Edtech se pressent à nos portes. Entre promesse et réalité, il serait temps de prendre… le temps.

V.Conclusion

Face à l’enquête TALIS, peut-être notre prudence n’est-elle pas de l’arrogance, mais une forme de sagesse collective. L’IA reflète peut-être simplement notre société : fascinée par la perfection et l’instantanéité.

Mais l’apprentissage, lui, se nourrit d’imperfection, d’erreurs, d’essais et de temps.

Freiner, non pour refuser, mais pour comprendre, s’imprégner.

Car si l’IA nous pousse à aller plus vite, notre plus grand acte de résistance sera peut-être de continuer à penser… lentement.

Alors oui, ma position n’est pas confortable, tiraillée entre réflexions, envies et doutes.
Mais elle est sincère : j’expérimente, je doute, j’apprends, en prenant le temps, n’est ce pas ce qu’on demande à nos élèves ?

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I.A et Education – une réflexion nourrie par le terrain

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Depuis mars dernier, j’ai retravaillé le diaporama que je présente dans le cadre du FIL (Formation Initiative Locale) consacré à l’intelligence artificielle et à l’éducation.
Ce travail est le fruit de nombreux échanges – avec Arnaud Durand, la DRANE de Nantes, et mes collègues Benjamin et Annelyse (si vous me lisez ), et d’une conviction renforcée : avant d’intégrer l’IA dans nos classes, il faut d’abord s’y acculturer.

L’objectif de cette formation est clair : comprendre comment fonctionne l’IA pour mieux en parler avec nos élèves et mieux choisir quand et comment l’utiliser.
Le diaporama s’articule autour de quatre axes (Merci Arnaud Durand pour cette restructuration):

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– Éducation à l’IA : donner aux enseignants et aux élèves une culture éclairée sur les principes, les biais, les impacts sociaux et les enjeux écologiques de ces technologies. Comprendre, avant tout, ce qu’il y a derrière la “magie”.
Les faire réfléchir à ce que ces outils peuvent réellement apporter à l’apprentissage. Comment influencent-ils la motivation, l’attention, la posture d’élève ?

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– Éducation avec l’IA : explorer les usages concrets dans nos pratiques quotidiennes – notamment les prompts utiles pour la différenciation, la conception d’exercices ou le soutien personnalisé – tout en gardant une distance critique sur ce que ces outils produisent.

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– Éducation enrichie par l’IA : L’IA comme soutien pour l’enseignant afin de l’aider dans la recherche de différenciation, adaptation. L’IA pour le prof. Attention, l’IA ne remplace pas le travail pédagogique, elle peut seulement l’éclairer sous un autre angle.

– Éducation par l’IA : imaginer des scénarios pédagogiques où les élèves deviennent acteurs avec des bots : conception de chatbots disciplinaires, apprendre avec l’IA mais avec prudence.
Je reste sceptique sur l’idée d’une “éducation par l’IA”, qui, en l’état, manque encore d’une véritable réflexion didactique. Trop souvent, les productions de l’IA (exercices, activités, séquences) oublient la progressivité, la posture d’élève, et la finalité d’apprentissage.

Ce diaporama n’est donc pas un mode d’emploi, mais une invitation à la réflexion collective.
Apprendre à s’emparer de ces outils, à en mesurer les apports, à en critiquer les angles morts.
Parce qu’avant d’enseigner avec l’IA, il faut surtout apprendre à enseigner sur l’IA — et à garder notre discernement d’enseignant face à la tentation de l’automatisme.

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L’intelligence collective, le partage… Planclasse v3.7

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Bonjour à tous,

En découvrant PlanClasse, créé par Sébastien Henriot (IAN éco-gestion, académie de Besançon), j’ai été bluffé par la qualité de l’outil : fluide, ergonomique, bien pensé… bref, du beau travail !

Il est présent ici.

Mais j’avoue avoir ressenti une petite frustration : il faut que Pronote tourne en arrière-plan et c’est pas ce que je souhaitais. Sébastien voulait éviter toute utilisation de données.

Or, je cherchais une solution 100 % hors ligne : utiliser Pronote une seule fois pour importer la liste et les photos des élèves, puis tout gérer en local.
On manipule bien sûr des données personnelles, mais rien de plus sensible que lorsqu’on garde un trombiniscope en PDF sur une clé USB.
En somme, tout reste stocké en local, sur l’ordinateur, sans aucun envoi en ligne et cela va sans dire : ce fichier ne doit jamais être partagé ou mis en ligne.

Du coup, je me suis retroussé les manches et j’ai modifié PlanClasse pour répondre à ce besoin.
Je ne m’attribue aucun mérite : l’idée de départ est celle de Sébastien, et j’ai simplement travaillé avec l’aide de l’IA pour adapter le code. Après quelques heures de bidouillage, j’ai obtenu une version qui colle à mes usages.

Et c’est justement ce que j’aime dans ces projets : la logique du partage et de la co-construction.
On s’inspire, on adapte, on améliore, et chacun apporte sa pierre à l’édifice.

On appelle ça les REL (Ressources Educatifs Libres) : Retenir, Réutiliser, Réviser, Remixer, Redistribuer.

Si le sujet vous intérésse, l’UNESCO a publié une brochure sur cela : Ressources éducatives libres (REL) accessibles: document d’information – UNESCO Bibliothèque Numérique

C’est vraiment cette logique de partage qu’il faut garder à l’esprit.
Et qu’on soit bien clairs : Sébastien reste l’auteur de PlanClasse. Il n’y a aucune perte de paternité dans cette démarche.
Son outil est juste en train d’évoluer grâce à des idées venues d’ailleurs, comme cela devrait toujours se passer dans une communauté éducative ouverte.

Je sais que c’est souvent une crainte chez les enseignants : qu’on leur “pique” leur travail.
Mais honnêtement, la plupart d’entre nous sont droits et respectueux du travail des autres.
Je préfère mille fois miser sur cette confiance collective que de se méfier de ceux qui voudraient simplement se faire mousser sans rien apporter.

Arnaud, de son côté, a ajouté sa touche (sans IA !) pour affiner le style et la gestion des tables (il a déjà quelques idées en stock, comme on se dit souvent quand on a un truc qui tient la route, le fameux « Ouais c’est pas mal. »)

Prochaine étape : rendre l’application compatible avec la BOOX Ultra, cette tablette e-ink avec stylet qu’on adore tous les deux.
Objectif : pouvoir prendre des notes rapidement sur les élèves, directement depuis la tablette.
D’autres versions viendront, et pourquoi pas la vôtre ?

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Comment on l’utilise ?

Démarrage

  • Ouvre le fichier « planclasse_offline – v3.6.1.1.html » dans ton navigateur (Chrome, Edge ou
    Firefox).
  • L’application charge automatiquement une disposition complète (18 tables de 2 élèves).
  • Tout est local : aucune donnée n’est envoyée sur Internet.

Importer les élèves depuis Pronote (à ne faire qu’une fois par classe)

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  • Clique sur « import-de-pronote », puis on fait glisser Bookmarklet sur les favoris du navigateur.
  • Ouvre dans un autre onglet Pronote et on se place sur le trombinoscope d’une classe et on clique sur le favori Bookmarklet.
  • Enregistre le fichier JSON ainsi créé.
  • Importe le fichier JSON

Gérer les tables et les placements

  • « + Ajouter une Table » : ajoute une nouvelle table.
  • « Configuration rapide » : choix d’une disposition (standard, U, îlots, etc.).
  • « Placement aléatoire » : place les élèves automatiquement.
  • Chaque table peut être tournée , renommée , redimensionnée ou supprimée .

Gérer les élèves

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  • Recherche : tape un nom pour filtrer la liste.
  • Double-clique sur un élève pour ouvrir ses notes sur l’élève.
  • Active le mode « points » pour attribuer des actions positives ou négatives.
  • Historique et total de points visibles sur chaque fiche élève.

Sauvegarder et restaurer

  • Exporter : crée un fichier JSON avec le plan complet (élève, disposition des tables, photo, points )
  • Importer : recharge un plan ou des élèves à partir d’un JSON.

Impression

Imprimer : génère une version papier du plan de classe.

Interroger un élève

Sélectionne un élève aléatoirement et le met en surbrillance.

RGPD

  • Toutes les données sont traitées localement sur l’appareil.
  • Aucune transmission ni stockage externe.
  • Conforme au RGPD pour un usage individuel en classe.

J’allais oublier, voici la bête :

Le plan de classe n’aura jamais été aussi simple !

Update : des nouveautés grâce à Arnaud, on peut avoir des boutons raccourcis qui permet de jongler entre différentes salles/classes (sauvegarde de l’ensemble dans le cache du navigateur)

Et voici le tuto qui va avec (j’avais des captures avec l’ancienne mouture), import et export sont devenu importer la base et exporter la base

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