Catégorie : expérience

Pédagogie inversée … mon premier petit test

Avant les vacances, j’écrivais un article sur la Khan-académie, j’ai eu certains retours d’enseignants qui m’ont cru contre le numérique. Etrange, quand même là où je précise que j’ai créé deux vidéos pédagogiques sur les relatifs, et bien entendu sans même parler des  problèmes DUDU!

En fin d’article, j’informais que j’expérimenterai l’apprentissage par vidéo chez soi.

J’ai d’abord donné la vidéo à voir à mes élèves pendant les vacances de la Toussaint. La voici pour rappel :

Journée 1 :

Rentré de vacances, je pose la question fatidique : « Qui a vu la vidéo? »

La moitié de la classe seulement…Zut! J’ai donc dû revoir la vidéo (pas grave j’avais prévu quand même de la revoir).

L’engouement des élèves qui ont vu la vidéo pour cette dernière, m’a permis néanmoins d’avoir l’adhésion de facto du reste de la classe. (l’effet de groupe).

En regardant la vidéo, les élèves sourient, chantonnent le générique de western, rigolent sur les batailles, et le film se termine.

« C’est tout? C’est simplement ça les relatifs? »

Le résultat est convaincant, les élèves manipulaient déjà très bien le concept d’addition des relatifs.

L’expérience est complètement réussie, et je crois que ce sera une vidéo que je reprendrai l’année prochaine.

Une série d’exercices se poursuit sur des additions simples puis doubles ….

Journée 2 :

Je souhaite passer à la notion de nombre relatif décimal.

Je vocabulaire sciemment passe de « 5 jetons noirs » à « 5 négatifs » et de « 4 jetons blancs » à  » 4 positifs« .

Les élèves ne sont pas choqués, certains ne s’en rendent même pas compte.

Vient la seconde partie de cours, j’attaque une expression du type (+4) + (-1,5).

Le changement de vocabulaire facilite la transition :

« 4 positifs combattent 1,5 négatifs »

 » On regarde ce qu’il reste après le combat » (l’idée de la soustraction est sous-jacente et maîtrisée)

Je donne à voir le second opus.

Journée 3 :

Tous les élèves ne l’ont pas vu.

Je la revois donc avec eux, une fois puis une seconde puis une 3e fois en faisant des pauses.
Donc même si les élèves avaient vu la vidéo, je ne suis pas certain que cela aurait été efficace, ici, soit je conclue que la vidéo est mal faite, soit que l’utilisation de pédagogie inversée ne peut s’étendre à tous les concepts surtout quand ces derniers sont difficiles. Mais juger sur cette simple vidéo est hâtif.

La vidéo passe moins bien, l’idée de contrat est validé par certains mais pas par tous.

J’écris l’opération suivante :

(+4) – (-5)

A la phrase : « Je souhaite tuer (enlever) 5 négatifs, …« , tous les élèves savent et répondent en chœur qu’il faut « ajouter 5 positifs« .

Mais ils ne comprennent pas vraiment pourquoi « il faudrait le faire« .

J’explique par un retour aux mathématiques que l’addition a plein de vertus comme le changement d’ordre des termes.

Tous n’ont pas été convaincus.

On est entré dans la phase de déstabilisation (tant évoquée en IUFM) lors de l’acquisition d’une nouvelle notion, certains élèves peuvent décrocher. Il faut donc rassurer et faire attention à ce que l’on dit et être vigilent aux soupirs des élèves.

À force de pratique, de rappels, et d’entraînements, on a fini par y arriver. (2 semaines en tout pour ce chapitre).

Tous les élèves maîtrisent la notion.

Des petits cris du genre de guerre « Ahhhhhhh » quand deux termes du camps opposés sont à ajouter, s’entendent encore….

Epilogue

Une collègue m’a demandé la permission d’utiliser la vidéo.

Certains de ses  élèves avaient décrochés lors de la fameuse phase de déstabilisation, elle leur a montré la vidéo et certains se sont accaparé l’image mentale. Elle en a eu l’utilité non comme la pédagogie inversée mais plutôt comme une aide.

J’ai gagné un peu de temps avec mes élèves en leur montrant avant la vidéo, cependant j’aurais du mal à évoquer le gain réel précis.

La vidéo s’est révélé être un bon outil, l’expérience est à poursuivre. (je ne sais pas pour l’heure si j’aurais le temps d’en faire d’autres, les problèmes DUDU me prenant pas mal de temps)

Affaire à suivre ….

 

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Les énigmes vidéos, c’est mieux que les énigmes textuelles? Oui, pour les dys et bien plus!

cinema1[sommaire]Voilà pendant ces vacances, j’aurais conçu des énigmes vidéo (dont une avec mon frangin).

Pourquoi ne pas faire simplement un énigme écrite? Pourquoi ne pas continuer mes problèmes de recherches et d’estimations?

Il est vrai ces dernières étaient plutôt une réussite, même si on ne les a pas reconduites cette année. Je reste persuadé qu’elles sont utiles comme tâche complexe, mais pour cela je vous invite à un article que j’avais écrit il y a un peu moins d’un an.

Alors pourquoi avoir dévié vers la vidéo?

Je pourrais répondre brièvement que le projet BREFbref m’a fait découvrir les joies du montage, de la mise en scène  (Une passion de la réalisation que j’avais en moi depuis longtemps ) et que c’est la raison de cette déviation.  Mais en fait, ce n’est vrai qu’en partie…..

La vidéo a pour moi plusieurs utilités :

->Sur la prise d’informations :  « Elle en donne trop, elle en cache.! »

En fait dans une vidéo, on doit observer et aussi écouter. Faire appel donc à un sens qu’on a peu l’habitude d’utiliser : l’ouïe.

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ette prise d’informations se fait en 2 étapes :

  1. – extraire les informations en faisant attention de bien tout extraire, comprendre le contexte de la situation de problème en utilisant la vue et l’ouïe.
  2. – filtrer les informations seulement utiles au problème.

Généralement, la première étape dans une énigme écrite se résume à localiser  les nombres et le vocabulaire mathématique pour extraire les informations associées.

C’est à la fois simple mais malheureusement difficile pour les dyslexiques.

Une vidéo évite la lecture d’énoncé, fait appel à des sens que les dyslexiques savent aussi bien utiliser que les non-dys. Malgré leurs différences, ils sont sur le même pied d’égalité.

->Le développement des élèves :

On attend des élèves qu’ils puissent réagir, qu’ils prennent des initiatives et surtout que dans la vie de tous les jours, ils puissent résoudre les problèmes qu’ils rencontrent. Des objectifs que fixe le socle commun!

Et surtout du bon sens !!!  Depuis quand les problèmes que l’on rencontre sont écrits?

anglemortJe me rappelle un jour, je voulais modéliser mon appartement un peu biscornu sur sweethome3d. Un obstacle de taille : aucun angle droit dans les angles des pièces! Comment mesurer ces angles? Passer un rapporteur est impossible! (Voyez sur un papier, c’est tellement simple!). On a dû donc utiliser une équerre et créer un triangle dont on pouvait mesurer les côtés. Un coup de trigo et le tour était joué.

Comment en faire un texte sans donner l’astuce de l’équerre?

La vidéo va de soi! On présente le contexte visuellement et les essais infructueux (pas de rapporteur possible….)

Bref, une vidéo confronte les apprenants sur des situations concrètes, qui font sens du point de vue mathématique, on voit ce qui se passe comme dans la vie de tous les jours.

->La richesse des égnimes :

Et oui, là où l’énoncé écrit doit être lisible et concis (plus c’est long, plus c’est dur), la vidéo, elle, permet de montrer (une action), de dire, d’écrire.

Bref avec plus de sens tel l’ouïe et la vue, on peut diffuser deux fois plus d’informations en un minimum de temps.

Voyez la dernière vidéo que j’ai faite avec mon frangin :

On retrouve :

  •  le plateau de l’échiquier (les pions en arrière plan devrait aider) et non d’un plateau de dames.
  •  l’explication du ‘doublage’ des pièces de case en case à l’oral
  •  l’explication du ‘doublage’ des pièces de case en case en remplissant les premières cases (moment où c’est accéléré)
  •  énigme posée, on recouvre la France? (image faisant appel à la vue pour souligner la question de manière efficace)
  •  2e énigme posée, on recouvre le monde? (image faisant appel à la vue pour souligner la question de manière efficace)
  •  Une donnée : il y a deux avis contraires, les deux solutions sont donc probables, il faut donc montrer qui a raison avec un raisonnement.

[maVideo]https://mathix.org/video/problemes_ouverts/PB_DUDU/PBDUDU1.mp4.mp4[/maVideo]

voir l’article précédent

 

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Méthode des Abaques…

Voilà, toujours en contact avec Michel VIGIER (pour rappel, il est à l’origine de l’assocation API qui lutte contre l’innumérisme, et entend vouloir changer l’enseignement des mathématiques par un retour aux  capacités innées de l’enfant : la proportionnalité et l’équivalence des quantité par le boulier).

J’ai donc acheté son livre, Michel Vigier m’a promis le boulier qui allait avec.

Ce livre est à destination des parents et instructeurs.

Le livre est bien fait, d’ailleurs une première question me taraude encore, est-ce Michel Vigier qui est dessiné?

[La réponse est oui. Au début, ce devait être Einstein mais pour des raisons de droit à l’image, Mr Vigier a demandé d’avoir une caricature d’un prof de mathématiques, le dessinateur a choisi]

Pourquoi ce livre?

Ci-contre la première et la quatrième de couverture.

Mr Vigier a repensé l’enseignement des mathématiques pour aider les élèves les plus en difficultés. Son message est simple, en 2009, une enquête de l’OCDE a révélé que quasiment un élève sur deux avait de sérieuse difficulté en mathématiques.

Il s’est donc mis en tête d’agir contre cela.

Aidé de recherches (notamment celle de M. Fisher), il défend l’idée que tout élève peut acquérir le minimum vital en mathématiques, il rejette la notion de dyscalculie développementale (non issue d’un trauma). Il a donc créé sa méthode :  « la méthode des abaques« .

Il a conçu, en plus d’une association, d’un jeu, d’une méthode et  des expérimentations,    un livre en vente portant le même nom.

Sa méthode consiste à avoir élaboré une échelle de savoir et savoir-faire, 80 barreaux environ, et de trouver les moyens de passer d’un barreau à l’autre.

Ce livre explique comment passer de barreau à un autre.

Dans cette échelle, on retrouve entre autres, les items des compétences liées au socle commun.

On retrouve la même idée du socle, à savoir l’obtention par tous de ces compétences mathématiques.

II. Présentation du livre

 

 

Au premier abord, le dessin type bande dessiné, le rend accessible, je me suis même dit qu’au début ça faisait trop, mais…

force est de constater, que le livre est de qualité, facilement lisible, clair.

Chaque page est découpée en 3 parties :

  • Un bandeau rappelant les  acquis nécessaires pour la nouvelle notion et ce qu’elle explique (on sait que…. on va voir)
  • Un rappel d’un cas concret et intuitif  (image mentale)
  • Extension du cas à la généralité

 

Le boulier est constamment présent, ce qui suggère fortement une utilisation régulière de celui-ci comme extension de l’usage des doigts que nous avons. C’est donc une méthode à appliquer sur le long terme et non applicable à court terme.

 

Bon ceci dit, il y a des explications qui me chiffonne notamment le fameux produit en croix (l’association de la flêche comme un produit) , Michel Vigier m’avait dit qu’on s’appellerait pour en parler, on ne l’a pas encore fait. Peut-être dira-t-il qu’il faut aussi donner des techniques non bloquantes.

Le livre est, en somme, bien fait, pour un enseignant on peut prendre ce qu’il nous intéresse, ou tout prendre. Dans le livre, chaque notion est accompagnée par les acquis qu’il faut avoir.

III.L’Histoire

Il y a aussi énormément de références historiques, un vrai régal pour un féru d’histoire des mathématiques que je suis. Sur ce point, j‘adhère complètement, il est nécessaire de faire comprendre que les mathématiques ont évolué et évoluent encore! Les mathématiques sont vivantes. Il y a des raisons pour toutes choses. Rien ne vient du hasard.

On y présente les différentes civilisations qui ont imprégné les mathématiques que nous connaissons aujourd’hui.

 

 

 

IV. Le but pédagogique

Bien entendu, en lisant le livre, on voit qu’il s’adresse d’abord aux professeurs des écoles, en effet, on est sur l’apprentissage des nombres, des opérations et de la résolution de problèmes simples.

Bien entendu, Michel Vigier m’avait dit qu’on pouvait étendre cela au début du collège. La proportionnalité est effectivement un axe majeur du programme du collège de la 6e à la 3e.

Le tableau est donc l’outil qu’il faut développer, il a même soumis l’idée que le théorème de Thalès pourrait être appliqué à l’aide d’un tableau.

Au début, je me suis dit que c’était un sacrilège, mais à y réfléchir pour les élèves en difficulté, on pourrait différencier l’apprentissage et leur faire apprendre le théorème de Thalès par un tableau. Quelle différence? On parle toujours de proportionnalité dans les deux cas, non?

Bref, l’optique est d’instituer le tableau comme référence constante (bien entendu, en martelant que le tableau doit être de proportionnalité).

Je vais donc me lancer dans cette petite expérimentation en marquant encore plus l’usage du tableau  avec mes 5e et 4e. 

Pour finir, Michel VIGIER, le 20 septembre, va défendre son projet pour demander un appui de l’enseignement, au ministère. La suite au prochain épisode.

Les images du livre ont été publiées avec l’accord de Michel Vigier.

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