Étiquette : IA

Une activité mathématique sur l’IA sans IA

Par blank

Je suis en train de concevoir une série d’activités mathématiques sans recours à l’IA, mais qui portent sur l’IA elle-même, afin de sensibiliser les élèves de 4e et de 3e. L’idée centrale est d’utiliser les mathématiques comme vecteur (jeu de mots quand tu nous tiens) pour aborder ces notions, tout en restant pleinement dans le programme.

Cette approche répond à une inquiétude récurrente des collègues :

le programme est dense, et l’on doit malgré tout intégrer la sensibilisation à l’IA, le PIX, l’éducation aux médias, etc.


L’enjeu est donc de proposer des activités qui restent disciplinaires, tout en ouvrant la réflexion : « d’une pierre deux coups. ».

Voici donc la première, disponible en fin d’article. Elle est conçue pour être imprimée en recto-verso.

Dans cette première activité, les élèves commencent par représenter un tableau de valeurs sur un repère (page 1). Une fois les points placés, ils doivent deviner les valeurs manquantes en prolongeant la tendance.

Ensuite, ils découvrent en tournant la page d’où proviennent réellement les données : la courbe représente la taille d’un enfant (moi d’ailleurs 😅 ).
C’est le moment clé de l’activité (en tout cas sur l’IA)
Ils comparent leur prédiction avec la réalité, puis se questionnent sur la pertinence de leur estimation.
Cette prise de conscience permet d’expliquer, de façon intuitive, le phénomène d’hallucination des IA : comme les élèves, les modèles ne font que prolonger une tendance à partir des données disponibles. Et lorsqu’ils extrapolent trop loin, ils se trompent.

Objectifs explicites de l’activité

  1. Objectifs mathématiques
    – Lire et compléter un tableau de valeurs.
    – Représenter des données dans un repère orthonormé.
    – Identifier une tendance graphique et effectuer une prédiction.
  2. Objectifs culture numérique et IA
    – Comprendre que les modèles d’IA analysent des données pour repérer des régularités.
    – Découvrir que la prédiction algorithmique, comme celle des humains, peut être erronée lorsqu’elle se base sur une extrapolation trop lointaine.
    – Introduire la notion d’hallucination : une prédiction fausse produite avec aplomb.
    – Renforcer l’esprit critique face aux productions des IA.

Vous avez aimé cet article ? Alors partagez-le avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :

Licence Creative Commons

La matrice des métamorphoses : l’IA et l’école

Par blank

blank

Je viens de lire Métamorphoses à l’ère de l’intelligence artificielle de S. Amarsy (qu’un ami m’a donné hier).

Je ne rentrerai pas dans une analyse détaillée de l’ouvrage : certains passages dépassent mon champ d’expertise, et d’autres m’ont paru déjà familiers si l’on a suivi les débats récents autour de l’IA.
L’ensemble comporte quelques redondances, mais l’ouvrage a le mérite de proposer une vision accessible et d’ouvrir des pistes de réflexion pour celles et ceux qui découvrent le sujet.
Le livre se veut avant tout une réflexion sur l’impact de l’IA dans la société, et j’avoue être resté sur ma faim concernant le lien entre IA et enseignement.
L’auteur soulève de belles questions, mais sans vraiment proposer de pistes concrètes. On reste davantage dans une réflexion sur l’épanouissement personnel des élèves que sur l’École comme lieu d’apprentissage.
Cependant, j’ai poursuivi la lecture et j’y ai trouvé un outil intéressant : basé sur la matrice de Staley, que l’auteur nomme Matrice des Métamorphoses (je pense qu’il s’appuie aussi sur la fenêtre d’Overton).

blank


J’ai donc décidé d’en créer une version adaptée à l’IA et à l’école.

blank

Cela m’a permis de visualiser les glissements qui pourraient s’opérer.
En vulgarisant, les concepts ont tendance à descendre (de l’impensable vers le populaire) et à se déplacer vers la droite (de l’exploratoire vers le déployé).
Tous ne suivront pas ce chemin, heureusement, mais cette matrice me semble être un outil utile pour observer et anticiper les transformations à venir, notamment celles que l’Éducation nationale devra nécessairement entreprendre.

J’y ai ajouté, en rouge, les quatre visions de l’IA que je dois à Arnaud, pour compléter la lecture.

Et oui, pour la première case, je me suis amusé à la compléter : on est en plein dans les concepts un peu loufoques, entre Matrix (c’est de ma génération) et les implants neuronaux qui peuplent désormais la pop culture.
Je crois qu’on pourrait d’ailleurs la remplir de bien d’autres références issues de la culture scientifique et fictionnelle… mais ça, c’est une autre histoire.
À vos retours.

Vous avez aimé cet article ? Alors partagez-le avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :

Licence Creative Commons

I.A et Education – une réflexion nourrie par le terrain

Par blank

blank

Depuis mars dernier, j’ai retravaillé le diaporama que je présente dans le cadre du FIL (Formation Initiative Locale) consacré à l’intelligence artificielle et à l’éducation.
Ce travail est le fruit de nombreux échanges – avec Arnaud Durand, la DRANE de Nantes, et mes collègues Benjamin et Annelyse (si vous me lisez ), et d’une conviction renforcée : avant d’intégrer l’IA dans nos classes, il faut d’abord s’y acculturer.

L’objectif de cette formation est clair : comprendre comment fonctionne l’IA pour mieux en parler avec nos élèves et mieux choisir quand et comment l’utiliser.
Le diaporama s’articule autour de quatre axes (Merci Arnaud Durand pour cette restructuration):

blank

Éducation à l’IA : donner aux enseignants et aux élèves une culture éclairée sur les principes, les biais, les impacts sociaux et les enjeux écologiques de ces technologies. Comprendre, avant tout, ce qu’il y a derrière la “magie”.
Les faire réfléchir à ce que ces outils peuvent réellement apporter à l’apprentissage. Comment influencent-ils la motivation, l’attention, la posture d’élève ?

blank

Éducation avec l’IA : explorer les usages concrets dans nos pratiques quotidiennes – notamment les prompts utiles pour la différenciation, la conception d’exercices ou le soutien personnalisé – tout en gardant une distance critique sur ce que ces outils produisent.

blank
blank

Éducation enrichie par l’IA : L’IA comme soutien pour l’enseignant afin de l’aider dans la recherche de différenciation, adaptation. L’IA pour le prof. Attention, l’IA ne remplace pas le travail pédagogique, elle peut seulement l’éclairer sous un autre angle.

Éducation par l’IA : imaginer des scénarios pédagogiques où les élèves deviennent acteurs avec des bots : conception de chatbots disciplinaires, apprendre avec l’IA mais avec prudence.
Je reste sceptique sur l’idée d’une “éducation par l’IA”, qui, en l’état, manque encore d’une véritable réflexion didactique. Trop souvent, les productions de l’IA (exercices, activités, séquences) oublient la progressivité, la posture d’élève, et la finalité d’apprentissage.

Ce diaporama n’est donc pas un mode d’emploi, mais une invitation à la réflexion collective.
Apprendre à s’emparer de ces outils, à en mesurer les apports, à en critiquer les angles morts.
Parce qu’avant d’enseigner avec l’IA, il faut surtout apprendre à enseigner sur l’IA — et à garder notre discernement d’enseignant face à la tentation de l’automatisme.

Vous avez aimé cet article ? Alors partagez-le avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :

Licence Creative Commons