Catégorie : Coup de Gueule

(Un commentaire)

Je suis Charlie

10931100_751783211570858_2695103812990701116_nHier matin, on a attaqué un journal, une voix, une opinion, une liberté.
Ils ont voulu s’en prendre à un symbole unique de la libre pensée : la satire.
Oui, ils étaient antireligieux quoique plutôt anti-fanatique, pro laïque, anti-système, qu’on soit contre ou pour, ils n’avaient qu’une arme : leurs crayons et un brin d’humour.

Chers fanatiques, je vous engage juste à créer votre propre journal satirique comme vous enjoignait Charb,un journal qui se moquerait des laïques, des anti-systèmes.

En aviez-vous le courage? En aviez-vous l’intelligence?
Je crois que vous venez de répondre.

Je préférerais rire en relisant les dessins de Charb ou Cabu.

Qu’on soit religieux, athé, rien ne nous empêche l’autodérision, non?

Chers fanatiques, je ne vous place ni dans une catégorie ni dans l’autre, n’entachez pas la religion que vous pensez vôtre.

Ce que je sais, c’est que des dessinateurs, il y en aura d’autres, qui porteront les valeurs de Charlie!

Charlie est partout.

Merci Charb, Merci Charlie Hebdo.

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(11 Commentaires)

Pédagogie inversée

Dernièrement j’ai vu un reportage sur un enseignant d’histoire géographie qui faisait de la pédagogie inversée en classe.

Vient ensuite un collègue toujours d’histoire géographie qui me parle de la khan-académie qui fournit plein de vidéos pour les enseignants qui font de la pédagogie inversée…

Tout d’abord la pédagogie inversée, c’est quoi?

Comme son nom l’indique la pédagogie inversée consiste à inverser les moments pédagogiques en classe avec les moments des devoirs à la maison (en théorie ce n’est faisable qu’au secondaire puisque le travail à la maison en primaire est à priori interdit).

La découverte d’une notion se fait à la maison, tandis que les exercices se font en classe sur des rythmes individualisés.

Les explications sur les notions se fait à la maison par l’intermédiaire de vidéos mises en ligne, à l’issue parfois desquelles un questionnaire internet est donné pour vérifier ou voir si l’élève a compris ou vu la vidéo.kkLe travail en classe est plus aisé, on demande aux élèves s’ils ont compris, ceux qui n’ont pas compris se font expliquer par ceux qui ont compris et les exercices se font en autonomie. La position de l’adulte est différente, il peut juste se concentrer sur les faibles.

Sur le papier, l’idée est extrêmement séduisante puisque l’on pousse les élèves vers de l’autonomie, et pour le travail à la maison tous les élèves sont égaux.

Cependant ….

Oui cependant…

Cela suggère que tous les élèves aient internet .

Déjà dans mon collège, ce n’est pas le cas….donc je ne peux expérimenter ce projet, déjà que faire les problèmes DUDU c’est hard, je m’en sors en leur disant d’aller ponctuellement au CDI pour les revoir et noter les infos. Mais je ne peux pas leur demander d’y aller quotidiennement.

Cela accentue donc l’inégalité dans l’école de part la fracture numérique.

Donner des vidéos à voir …

Pourquoi pas! Mais on peut aussi voir une approche plus fructueuse, par exemple en partant de ce que savent les élèves, de partir des images mentales que possèdent les élèves avant d’amener les nôtres et de faire un mix de tout ça. Car partir de ce que savent les élèves est plus riche. Les ponts entre souvenirs, certitudes, acquis et nouvelles notions sont plus solides car ancrés dans l’expérience que possède l’élève.

Un boulot monumental

Déjà à faire juste deux pauvres vidéos, je me suis cassé les dents plusieurs jours sur le scénario, le montage et encore je ne suis pas pleinement satisfait du résultat, parfois j’ai l’impression d’y aller aux forceps …

Mais un ami m’a parlé de vidéos disponibles distribuées par la BNF et la khan-academy qui prône la classe inversée.

250 vidéos sont disponibles dès maintenant, 800 promises pour la fin de l’année et du niveau collège et pour seulement les maths.

J’étais ravi en entendant ça, mais quelle déception!

Les vidéos sont, certes, de bonne qualité, mais ne me correspondent pas du tout. Là où je créé de l’image mentale, ici, on lie les concepts mathématiques par des théorèmes et des démonstrations. Pour moi, c’est beaucoup trop lourd, peu pédagogique et faut le dire barbant (ce n’est que mon avis)

Je vous laisse juger par cette vidéo, sinon le reste  se passe ici.

Bien entendu, je ne jette nullement la pierre à la khan-académie.

Je soutiens ce genre d’initiative, car elle se veut garante d’un partage universel des connaissances, tout membre du libre le souhaite.

Mais dans l’enseignement comme la programmation, une barrière existe entre ceux qui créent pour leurs propres besoins et ceux qui souhaitent réutiliser les produits. Ils faut qu’ils aient les mêmes manières de « voir les choses« . Je m’explique, ici moi, j’aurais juste fait une vidéo où l’on découpe le parallélogramme en rectangle pour montrer comment se construit la formule de l’aire du parallélogramme.

De plus les signes « x » sont remplacés par des « . ».

Finalement, je pense la vidéo imbuvable pour un élève.Peut-on décemment penser qu’il va regarder la vidéo sans décrocher au bout de 4mn?

 

En fait cela suggère qu’à chaque prof, il existe une quasiment une manière unique de « voir » les mathématiques…

Je ne parle pas du vocabulaire qui parfois n’est pas adapté à certaines classes, je me vois très mal parler de triangle « isométrique », je suis sûr que je perdrais déjà du temps sur ce simple mot.

Et puis que penser des vidéos, de l’accès à la connaissance par l’internet?

L’initiative de la khan-académie est géniale, mais elle me gène un peu sur l’impact qu’elle peut avoir sur la société.

Elle porte aussi insidieusement, le message que la connaissance peut très bien passer par les vidéos et uniquement cela.

Sans rentrer dans le « les profs c’est super utile car on est les meilleurs« , je crois fermement que la position de l’adulte référent auquel on peut poser des questions, qui peut rassurer, dynamiser, recadrer est importante. Car l’enjeu de l’école n’est pas simplement d’instruire (autrement on l’appellerai l’instruction nationale) , c’est celle aussi d’éduquer, de rendre autonome, d’aider par le dialogue (que ce soit en motivant, en grondant ou en encourageant)  ou même par le simple fait d’être là, on est aussi un repère.

Malheureusement ce genre d’initiative, annihile l’image de notre métier et le recale au rang du transmetteur de savoir, on est tellement autre chose.

Et puis concevoir ses activités, pour rendre vivant un cours, pour jouer, donner des challenges, impliquer les élèves dans des travaux de groupes, des projets . Toute cette interaction sociale que l’école apporte aussi. Tant de choses qui nous différencient de ces simples vidéos….

Le concept n’est pas mauvais, mais n’en abusons pas.

En fait, je crois que le support de la vidéo est génial, se créer un stock de vidéos ludiques et explicatives en complément des cours, me paraît être une évidence.

Comme revoir un cours déjà fait, un peu à l’instar des MOOCs, vous savez ces cours qui sont filmés? Ce concept adapté à la fac, très proche de la pédagogie inversé, car les étudiants voient les cours et font des heures de TD (travaux dirigés où l’on fait des exercices).

Cependant, ici on s’adresse à des étudiants, déjà autonomes, les concepts sont pointus et on sait l’étudiant capable d’aller fouiller les informations manquantes ailleurs (à la BU, sur le net etc….) ce qu’un élève lui ne saurait faire au collège , on doit lui apprendre à le devenir.

 

Bref, l’idée est à creuser, mais ne saurait être utilisée telle quelle en maths avec les vidéos de la khan-académie.

 D’ailleurs, je compte expérimenter cette idée avec les nombres relatifs en 5e.

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(2 Commentaires)

Open-dyslexie : un peu trop libriste me direz-vous?

opendys… Non je dirais tout simplement attaché à ce qu’est l’Éducation Nationale.

Je tenais à vous faire partager un échange entre Valérie D. et moi-même sur la police Open-dyslexie.

Open-dyslexie est une police libre basé sur “Bitstream” et « Vera » deux polices, elles-mêmes, libres. Dans le mail je parle de deux polices, en fait, maintenant, il en existe 3, avec l’arrivée d’Open-dyslexie-alta.

Celle-ci est téléchargeable ici ou directement là.

Et maintenant le petit échange :

Voilà, il y a déjà quelques mois, je recevais en commentaire sur l’article Open dyslexic : la police pour les dyslexiques .

bonjour,
Personnellement, j’ai opté pour la police de Christian Boer pour la raison suivante: l’épaississement de la base des lettres ne suffit pas. La police proposée par M Boer possède au moins 9 modifications par rapport à Open dyslexic. Je l’ai testé sur mes élèves, sur mon fils dyslexique/dysorthographique et le résultat a été bien meilleur qu’avec open dyslexic. le prix de la police n’est pas de 85 € mais de 9,95 € pour un an… ce qui reconnaissez-le n’est tout de même pas si cher.
Open dyslexic a été conçue par un informaticien, dyslexie par un inforgraphiste dyslexique lui même… ça peut faire une grosse différence.
Je précise que je n’ai aucun intérêt financier à soutenir la police de Christian Boer… mon seul objectif est d’aider au maximum les personnes atteinte de ce handicap… et également tout élève en difficulté de lecture.
Cordialement
Valérie D

Je n’ai pas publié ce commentaire. Aucune utilité, car peu visible, autant justement le mettre en avant.

C’est un exemple de ce que je déplore, celui de croire que les entreprises sont les solutions aux maux de l’école.

La réponse ne s’est pas fait attendre, par mail :

Bonjour Valérie.
Je me présente Arnaud Durand, tu as écrit récemment sur mon blog mathix.org.
Ton commentaire m’interpelle fortement.
A aucun moment dans cet article, on ne parle de la police de Christian Boer.
Je ne suis pas pour faire de la publicité surtout pour cet homme, enfin plutôt sur son pendant français René Van Den Heuvel à travers la société Auxilidys avec qui vous avez sûrement collaboré.
[…] il a tenté de me faire enlever l’article sur lequel vous avez justement posté un commentaire, prétextant une violation des droits d’auteurs.[le 22 décembre 2012] De fil en aiguille durant cet appel téléphonique, il a affirmé  beaucoup de supposés comme le « droit-image » (qui n’existe pas en ces termes) sur la police de caractères (qui est, en fait, régit par les lois sur le brevet logiciel et non les œuvres picturales, dommage qu’il soit tombé sur quelqu’un qui malheureusement connait le « libre » depuis longtemps), ou comme du non-sens de me demander le retrait d’un article présentant la police dont je ne suis pas l’auteur (Abelardo Gonzalez), comme si l’on pouvait avoir un quelconque  droit sur un article présentant un objet qui n’a fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Car aussi surprenant que cela paraisse cet homme affirmait que la police avait été copiée….
Je ne suis pas le seul d’ailleurs à avoir été contacté par cet homme : http://www.tassedecafe.org/2596-demande-suppression-article.html
Que dire de tout cela?
Et bien que je ne ferai pas l’honneur que l’on prononce [en ces termes] sur mon site le nom de cet homme.
Quant à l’argument « police faite par un dyslexique, c’est mieux qu’un informaticien« , en vous intéressant un peu plus au travail d’Abelardo Gonzalez, vous verriez qu’il est soucieux de l’améliorer ce qui a déjà été fait (open-dyslexique est la deuxième police qu’il a créé. La première étant Eulexia, l’une apportant des modifications que seul certains utilisateurs préfèrent à d’autres). Un informaticien qui fait cela bénévolement , lui cracher à la figure que c’est mauvais, pourquoi ne pas faire des retours? La coopération n’est-elle pas une valeur de l’éducation nationale?Me serais-je lourdement trompé?

Aussi la licence libre est une vraie valeur du partage, le partage gratuit que nous, enseignants, dispensons à nos élèves, quoi de plus normal?

Pour toutes ces raisons et pour l’écoute qu’Abelardo fait preuve, je ne comprends nullement votre positionnement, pire je m’y oppose.
Nous avons le même objectif, seulement, la solution à court terme de passer par l’achat est un retour en arrière. Quand on parle de privatisation de l’école, celle-ci passe par les collaborations insidieuses d’entreprises avec l’éducation nationale car pour le prix comme vous le soulignez est bien de 89€ (mince cela a augmenté) pour l’école et 159€ pour un collège et tenez vous bien pour une licence valable 1 an seulement! Une perle surtout à l’heure des économies budgétaires (pas comme si l’on voulait retrouver les postes d’enseignant perdus ces dernières années….).

Franchement, une honte! Mais oui, profitons de l’handicap de nos élèves, soutenons la démarche de cette entreprise pour qu’elle amasse de l’argent, là où du matériel ou des sorties pourraient être organisées…..

Vous m’excuserez la forme de mes propos, la fin d’année dans un collège difficile  met les nerfs à l’épreuve, mais Auxilidys reste un sujet, comprenez, à l’opposé de mes convictions profondes.

Je vous remercie d’avoir pris le temps d’écrire ce commentaire et visité mon blog.

Cordialement.
Arnaud Durand

Malheureusement Valérie ne m’a pas répondu, j’avoue en relecture que le ton était incisif.

Je ne nie pas que l’on puisse penser autrement et avoir un autre avis, mais les arguments du genre, c’est issu d’une entreprise donc mieux, sont, pour moi, complètement dépassés.

Mais ce n’est l’avis que d’un petit enseignant.

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