Intégrer l’IA dans « Devoirs faits » : Et si on osait ?

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En tant que prof, je me suis souvent posé cette question : comment aider nos élèves dans leurs travail personnel ?

Et maintenant qu’on a des outils comme l’IA à portée de main, je me dis qu’on a une vraie opportunité de changer les choses.

Alors, j’ai eu une idée : et si, pendant les séances de « Devoirs faits », on leur apprenait à utiliser l’IA ? Mais pas pour faire tout le boulot à leur place évidement !

L’idée, c’est de les aider à s’en servir de façon intelligente, critique et, surtout, enrichissante.

Pourquoi intégrer l’IA dans « Devoirs faits » ?

Le dispositif « Devoirs faits » est déjà une belle opportunité : une heure par semaine pour que les élèves, au collège, puissent avancer sur leurs devoirs avec un prof à leurs côtés.

Mais on sait bien qu’ils galèrent souvent : ils ne comprennent pas une consigne, ne savent pas par où commencer, ou bien ils manquent tout simplement de méthode.

C’est là que l’IA peut intervenir. Plutôt que de la voir comme une menace ou un raccourci (le fameux copier-coller…), on peut leur montrer qu’elle peut être un vrai coup de pouce pour :

  • Comprendre une notion mal assimilée : En leur donnant des explications adaptées ou des exemples clairs.
  • Trouver des pistes pour démarrer un exercice : Histoire qu’ils ne restent pas bloqués dès le début.
  • Enrichir leur travail : Avec des idées qu’ils n’auraient pas envisagés seuls.

L’IA comme outil, pas comme triche

Évidemment, pas question de les laisser utiliser l’IA sans réfléchir. C’est à nous de leur apprendre les bonnes pratiques. Concrètement, ça veut dire quoi ?

  1. On évite le copier-coller : Avant de valider une réponse, ils doivent la lire, la comprendre et la reformuler. Bref, s’assurer qu’ils se l’approprient.
  2. On développe leur esprit critique : Toutes les réponses données par l’IA ne sont pas parfaites (on le sait bien !). Ils doivent apprendre à vérifier, comparer et juger par eux-mêmes.
  3. On renforce leur autonomie : L’IA doit devenir une béquille temporaire, pas un pilier sur lequel ils s’appuient en permanence.

Déroulé d’une séance type envisagée avec l’IA

Voici comment je vois les choses pendant une séance de « Devoirs faits » :

  1. On commence par poser les bases
    Une petite intro rapide sur ce que peut faire l’IA et, surtout, ce qu’elle ne peut pas faire. On insiste sur l’importance de l’esprit critique : l’IA donne des réponses, mais pas forcément les bonnes réponses.
  2. On s’entraîne ensemble
    Par exemple :
    • Question : « Explique moi ce qu’est une fraction irréductible. »
    • Réponse de l’IA : Une définition.
    • Tâche pour l’élève : Reformuler cette définition vue qu’elle peut-être complexe, trouver un exemple concret et l’appliquer dans un exercice.
    Ou encore :
    • Exercice : « Résous cette équation : 2x+5=15. »
    • Réponse de l’IA : Une solution toute faite.
    • Tâche pour l’élève : Comprendre les étapes, les expliquer et résoudre une équation similaire. (démarche autonome, limite en processus inversé, on a un exemple, on se l’approprie et on applique)
  3. On les laisse en autonomie (mais on reste là !)
    Les élèves travaillent sur leurs propres devoirs, avec l’IA comme outil de soutien. Nous, on circule, on répond aux questions et on vérifie qu’ils ne tombent pas dans le copier-coller facile.
  4. On termine par un débrief
    Petit bilan collectif : qu’est-ce qu’ils ont trouvé utile ? Qu’est-ce qui leur a posé problème ? Comment ils pourraient encore mieux utiliser l’IA la prochaine fois ?

Les bénéfices à priori pour mes élèves :

Franchement, je crois qu’il y a du positif avec ce genre d’approche.

  • Ils deviennent plus autonomes : Ils apprennent à gérer leurs difficultés sans tout attendre de nous (ou de leurs parents) de manière passive
  • Ils développent leur esprit critique : L’IA n’est pas une vérité absolue, et c’est important qu’ils le comprennent dès maintenant (surtout dans le monde actuel)
  • Ils améliorent leurs méthodes de travail : Mieux s’organiser, mieux comprendre, ils s’enrichissent, ose poser des questions, bref ils construisent !
  • Ils se préparent au monde de demain : Parce que, qu’on le veuille ou non, l’IA fera fait partie de leur quotidien.

Et Nous, dans tout ça ?

Je vois les écueils : « Et si ça devenait une habitude de tricher ? Et si on les déresponsabilisait ?  L’effort de réflexion».

Je pense qu’un parent qui aide trop, ou un recopiage sur un camarade, c’est la même chose. En fait l’IA ne change pas ces difficultés, elle existait avant elle, cependant, si on doit à percevoir l’IA comme une aide constructive, ça peut marcher.
Bien évidement, le nœud du problème réside dans la question : « Seuls, sauront-ils l’utiliser sciemment et efficacement pour qu’ils continuent d’apprendre et de s’enrichir ? »

Aidons les, accompagnons les, formons les !

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Nolej : peut mieux faire

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Bon, pour faire simple, j’ai des réserves sur son utilisation, car je leur ai écrit il y a plus de six mois et, à ce jour, je n’ai reçu aucune réponse de leur part sur une demande de test étendue. Cela dit, j’ai quand même pu tester la plateforme grâce aux quelques crédits gratuits qu’ils mettent à disposition.

Qu’est-ce que Nolej ?

Nolej, c’est un outil qui pourrait bien révolutionner notre manière de préparer nos cours et d’impliquer nos élèves. Imaginez une plateforme qui transforme vos documents, vos vidéos, ou même vos pensées les plus éparpillées en contenus pédagogiques interactifs. Un clic, un café, et hop, vous avez des quiz, des flashcards, et même des plans de cours qui se génèrent presque comme par magie. Le concept, c’est d’aider les enseignants à gagner du temps sur la préparation.

Nolej : la baguette magique… qui a parfois besoin d’un coup de polish !

Ah, chers collègues, après l’enthousiasme du premier clic sur Nolej, il faut bien le dire : tout n’est pas parfait. Ce n’est pas encore l’outil miracle.

Disons-le simplement : ça dépend beaucoup de ce qu’on lui donne à manger.

La réalité derrière l’IA : texte, son… mais pas images !

Première chose à savoir : Nolej ne traite pas les images. Zéro, nada. Si vous balancez une belle infographie ou un graphique bien ficelé, oubliez. Il se concentre sur deux choses :

  • Le texte pur (documents type PDF ou Word),
  • Le son des vidéos (et par extension les sous-titres).

Il n’y a pas de traitement de l’image en tant que tel.

Du coup, quand vous envoyez une vidéo bien pédagogique comme celles d’Yvan Monka sur les fonctions, il va se contenter de transcrire et analyser le contenu oral. Mais soyons honnêtes : le rendu brut peut être… comment dire… perfectible. Mon test sur une vidéo de Monka a donné des activités un peu bancales, pas exploitables en l’état. Heureusement, avec quelques retouches, ça devenait jouable, pas pour les 15 activités générées, mais certaines pouvaient être pertinentes avec les modifications.
Il a été plutôt efficace sur le glossaire (sur une vidéo qui reprend le cours, c’est logique), mais il y a des couacs, comme la définition de « s » ou des définitions tordues.

Pas la plus pertinentes des définitions.

Ici, une activité qui a été pas trop mal réussie : le gilsse-mot

Par contre, si vous essayez d’intégrer un bon vieux problème de chez Dudu, là, c’est le crash assuré. Trop contextuel, trop visuel, trop spécifique.

Résultat : l’IA ne traduit rien de bien compréhensible, il faut donc tout retranscrire à la main.
C’est rédhibitoire.

J’ai donc pour l’expérience, continué sans retoucher. Car si (et ce n’est pas le cas) j’avais un abonnement payant, j’attendrai de ce service le minimum d’interaction/modifications.


Voici le rendu pour la vidéo interactive du problème DUDU (épisode 4 de la saison 1):

On a un mot : Coiffe qui est un mot « entendu » par l’IA lors de la retranscription.
L’IA a également sélectionné le mot hauteur, qui ne demeure pas pertinent car on voit où l’on mesure dans la vidéo, donc il est peu utile voire inutile de rappeler la définition.

L’IA : un stagiaire doué, mais qui manque de bon sens

Le souci principal, c’est que l’IA n’a pas encore le flair pédagogique qu’on attendrait. Elle génère des questions, oui, mais sans se demander si elles sont pertinentes, bien dosées, ou adaptées à nos élèves. Par exemple, vous pourriez vous retrouver avec une activité qui demande à un élève de

C’est là que Nolej montre ses limites : l’IA n’est pas bonne pour choisir ou calibrer les questions. Elle a besoin qu’on passe derrière elle pour trier, reformuler, voire carrément refaire certaines activités.

La main dans le cambouis (ou plutôt, dans le H5P)

Et c’est là qu’il faut parler de H5P. Parce que tout le contenu interactif généré par Nolej passe par ce format. Si vous voulez personnaliser, corriger ou améliorer les activités, il faut mettre les mains dedans. Pas de panique, ce n’est pas non plus de la programmation hardcore, mais ça demande un petit temps d’apprentissage pour comprendre comment fonctionne l’éditeur H5P. Si vous êtes déjà à l’aise avec cet outil, c’est génial : vous pourrez transformer les bases par moment peu pertinentes de Nolej en vraies pépites pédagogiques. Sinon, il va falloir prévoir un peu de formation ou quelques tutos YouTube pour ne pas être perdu.

Les contenus qui marchent (et ceux qui cassent tout)

En gros, Nolej fonctionne mieux avec certains types de ressources :

  • Documentaires, exposés, vidéos bien structurées, PDF : là, il s’en sort pas mal pour extraire les points clés et générer des activités de base.
  • Contenus trop spécifiques ou visuels : oubliez. Les vidéos très contextuelles ou les ressources avec beaucoup d’images vont poser problème.

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Logique d’élève dans les devoirs : l’enrichissement personnel ou la production , repenser la place de l’IA dans l’éducation nationale

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Bonjour à toutes et tous !

L’IA est un sujet fascinant et là au détour d’une grande discussion avec le frangin, j’ai émis l’hypothèse de logique comportementale à avoir avec l’IA au même titre (dans une moindre mesure) que celui de la calculatrice.

L’idée est de repenser l’utilisation de l’IA.

Voyons le comportement d’un élève en difficulté, essayons de catégoriser les comportements :

  • L’élève est en difficulté, de type blocage et ne trouve pas quelle question se pose (ou il s’en pose tellement qu’il est noyé) (La première étape de son raisonnement n’est pas identifiée)
  • L’élève est en difficulté, il ne comprend pas l’énoncé. (pas de sens)
  • L’élève est en difficulté par ce qu’il ne trouve pas d’intérêt pour l’exercice donné. (pas d’engagement)

De toute ses situations, généralement, il faut le soutien d’une tierce personne (sinon il aurait déjà eu des initiatives, comme voir son cours, identifier des exercices similaires…)

Bref, ces élèves généralement vont voir leurs parents ou grand(e) frère/soeur… et on arrive à des inégalités.

L’IA à la rescousse qui permet de favoriser l’égalité sociale?

L’IA est entré dans notre quotidien (personnellement tel un gamin voyant son frangin prendre un compte chez OpenAI… j’ai fait pareil quelques heures après qu’il me l’ai appris pour tester ce que donne le compte payant…).

La stratégie de ces élèves en blocage peut les amener à utiliser une IA de type LLM (Large Language Model) : à savoir principalement Gemini ou Chat-GPT.

Et là généralement, ça peut donner des master-class !

Voici un bel exemple dans un DM où la réponse attendue était CD=CE+ED=30+10=40 (les points C,D et E sont alignés)

J’ai corrigé ce DM et j’étais certain de cette entourloupe de l’élève (qui en plus avait un bon niveau, mais n’est pas toujours enclin à faire ses exercices)

Bref, on y observe ici un simple recopiage sans réflexion.

C’est vraiment ce qu’on ne souhaite pas, mais est-ce vraiment différent quand les parents « aident » leurs enfants en leur donnant leur réponse (qui n’est pas toujours bonne) ?

Qu’en retiennent les enfants dans ces cas ? RIEN que ce soit avec les parents ou l’IA.

Donc en terme d’équité, j’en suis à penser que c’est un vrai plus ! Même pour les élèves dont les parents ne sont pas disponibles, il peut y avoir une aide potentielle.

Le travers de ces cas : Pas d’apprentissage, on fait croire à l’élève qu’il sait faire, alors qu’il ne sait que copier…

En fait on est une sur une stratégie de PRODUCTION. L’objectif implicite de l’élève c’est de produire, donc il produit et il est content d’avoir produit. Il fait ce qu’on lui demande un peu comme une IA. Il se satisfait de cela, car il répond à la demande.

En fait, nous en tant qu’enseignant, on souhaiterait que l’élève se pose des questions, réfléchisse avec ses ressources (externes ou internes). On veut qu’il se mobilise (dans le sens bouger) en utilisant ses compétences et ses ressources intelligemment.

Les devoirs sont donné avec une belle inférence :

« Faites vos exercices »

On sous-entendrait « Faites vos exercices avec votre cours ouvert, en lisant la leçon avant, en regardant les exercices précédents, après avoir posé suffisamment de questions en classe » en somme avoir un comportement d’apprenant.

Mais l’élève lui peut entendre « Faites vos exercices et c’est tout ».

Et si le problème était d’éduquer à être élève en explicitant nos attentes ?

J’en viens à penser qu’il faudrait expliciter d’avantage nos attentes. J’avais des collègues dont je voyais régulièrement écrire qu’il faut relire la leçon dans les agendas, je me dis qu’on devrait aller plus loin.

Les faire entrer dans une logique d’enrichissement : je relis le cours pour acquérir de l’enrichissement personnel avant de faire des exercices.

Avec une telle attitude, on repensera automatiquement les usages des ressources externes que sont les IA et les parents/frères/sœurs /oncle/tante pour faire les exercices.

Passer d’une logique de production à une logique d’enrichissement.

Ainsi, on peut repenser les usages de l’IA. Si je demandais à l’IA comment elle fait et pourquoi elle le fait, si je la questionnais sur ses réponses? Si je lui disais que je pense qu’elle a tort? Si je lui demandait ses sources ? Quels cours elle utilise?

Cela reviendrait à un parent qui lui remontre le cours et l’explique.

Avoir cette logique de prendre du recul sur ce qu’elle dit, d’ouverture sur la notion, de regard croisé.

C’est de l’enrichissement.

Et ce comportement, on peut également l’avoir avec des parents.

D’ailleurs souvent on peut demander aux parents d’agir selon cette manière comme on peut demander à l’IA d’agir comme cela.

Les aidants doivent apprendre à aider.

Un comportement difficile à adopter tant à cause de l’IA que nous enseignant.

Mais l’arrivée de l’IA bouleverse les habitudes d’autant plus qu’elle nous est présentée pas pour ce qu’elle est. Ce n’est pas un assistant fiable, ce n’est pas un solutionneur, c’est juste un producteur de texte et qui fait ce que lui demande RAPIDEMENT et uniquement cela : produire du texte cohérent avec la demande.

Il peut avoir faux, donner une réponse qui ne correspond pas à l’attente, d’autant plus que la demande sera peu claire.

Et pourtant les grandes start-up, elles se gaussent de dire que leur IA sera à même d’être fiable, ce qui est IMPOSSIBLE par définition du fonctionnement de l’IA qui a une logique statistique.

Bien entendu le déterminisme des mathématiques s’est amélioré à coup de code python intégré (face à une demande de calcul, l’IA produit en caché du code python correspondant à la demande mathématique et l’exécute avec des valeurs données permettant de moins se tromper sur les calculs, pour cela OPEN AI a fait manger à l’IA des tonnes de programmes codés pour la rendre mathématiquement bonne)

L’IA deviendra à un moment bonne , permettant de singer les élèves (on le peut déjà, en dictant à l’IA de se comporter comme un élève en ayant un langage d’ado et en donnant des écrits que l’on a produit…c’est même pas mal, et oui, l’IA est douée pour ça).

Côté enseignant, cela suggère également de revoir ce qu’on attend des devoirs.

  • Attends-on que l’élève réussisse systématiquement ?
  • Quelle pression met-on sur les devoirs ?
  • Quelle porte de sortie pour les élèves en difficultés ?
  • Quel droit à l’erreur ?

L’arrivée de l’IA fait quand même un sacré bien, celui de se poser la bonne question :

Qu’attend-on des devoirs?

Pour moi, c’était celui de remobiliser des connaissances et idéalement faire relire le cours par les élèves.

J’en viens à me demander si je ne demanderai pas à mes élèves de réfléchir à poser une question intéressante et l’écrire pour le cours d’après…. Histoire juste qu’ils se mettent dans la peau de quelqu’un qui demande de l’aide et que la question soit bien posée….

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