Étiquette : IA

ATTENTION PEPITE EN VUE : EDUBOT. FR

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Oulala, il faut que je vous dise ça et vite !!!!

J’ai une pépite pédagogique à partager avec vous. Vivien Mirebeau, un collègue philosophe de l’académie de Nantes, m’a glissé un message sur Matermost (notre chat maison) pour me présenter le fruit de son travail. Curieux et séduit, je vous propose de découvrir EduBot.fr, une plateforme qui permet aux enseignants de créer des chatbots sur mesure pour leurs élèves. Si vous aimez l’innovation éducative simple et puissante, cet article est pour vous !

EduBot.fr : Qu’est-ce que c’est ?

EduBot est une plateforme en ligne permettant aux enseignants de concevoir et de paramétrer leurs propres chatbots éducatifs de manière simple et conviviale. Ces assistants virtuels offrent une nouvelle dimension à l’apprentissage, rendant les interactions plus engageantes pour les élèves.

Fonctionnalités principales

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  • Partage et mutualisation des chatbots : L’une des grandes forces d’EduBot réside dans la possibilité de partager ses créations avec d’autres enseignants. Une communauté dynamique est en train de naître autour de la plateforme, favorisant les échanges de bonnes pratiques, de ressources et de chatbots prêts à l’emploi.

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  • Création de chatbots personnalisés : On peut créer très simplement un chatbot à partir d’un prompt et de NOS propres ressources (documents, liens, contenus pédagogiques), selon le principe du RAG (Retrieval-Augmented Generation). On peut l’agrémenter de QCM, cartes mentales interactives (Markmap), ou encore des liens et vidéos : autant d’éléments qui transforment ce chatbot en véritable compagnon d’apprentissage pour vos élèves. Et pour le matheux que je suis, le LaTeX est pris en charge. Quand je vous dis que ce Vivien, il nous bichonne !
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  • Constitution de vos classes : On peut créer et organiser nos classes d’élèves directement sur la plateforme pour un suivi centralisé et une gestion facilitée.

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  • Suivi de la progression des élèves : Grâce à un compte enseignant, on peut suivre les avancées de nos élèves et ajuster vos contenus en conséquence. Ce suivi se fait notamment par l’accès aux conversations que les élèves choisissent de transmettre — avec leur consentement explicite, conformément au RGPD — permettant ainsi une analyse de leur compréhension et de leurs besoins. Un petit plus malin : le chatbot évalue la qualité de l’expression écrite de l’élève grâce à une pastille colorée (verte, orange ou rouge), un retour visuel simple et efficace.

Tarification

EduBot propose plusieurs plans adaptés aux besoins des enseignants et des institutions :

  • Plan gratuit : Idéal pour débuter, avec la possibilité de gérer jusqu’à 40 élèves et de créer 5 chatbots.
  • Plan enseignant : Pour 10€ par mois, gérez jusqu’à 250 élèves et créez jusqu’à 100 chatbots.

Des packs avantageux sont également disponibles pour les établissements souhaitant équiper plusieurs enseignants.

Données personnelles et sécurité

La protection des données est une priorité pour EduBot. La plateforme s’engage à être transparente sur la collecte et l’utilisation des informations personnelles, assurant ainsi une utilisation en toute confiance. Vivien veille personnellement à ce que les données soient protégées au maximum. Certes, la plateforme utilise des API de modèles américains, mais les clauses d’utilisation stipulent clairement que les données ne sont pas réutilisées à des fins externes. Un vrai plus dans le contexte actuel, même si je resterai prudent pour ma part.
Les données élèves (nom prénom) demeure en France. 

Et l’homme derrière EduBot.fr

Derrière cette belle aventure numérique se trouve Vivien Mirebeau, professeur de philosophie dans l’académie de Nantes, qui développe seul cette plateforme avec passion et une sacrée dose de persévérance depuis octobre (ça n’a même pas un an). Il a su, à lui seul, concevoir un outil puissant, intuitif et prometteur, qui mérite d’être découvert par un plus grand nombre d’établissements. C’est un véritable exemple d’innovation pédagogique portée par le terrain.

On ne peut que souhaiter que les institutions éducatives prennent la mesure de cette initiative : en accompagnant ce projet, en épaulant son développement ou même en finançant une partie des dépenses, elles contribueraient à pérenniser un outil à fort potentiel au service des enseignants et des élèves.

Quelques limites à garder en tête quoique…

Comme tout projet en développement indépendant, EduBot.fr a aussi ses petits « hics » :

  • Des modèles d’IA modestes : Les modèles utilisés ne sont pas les plus performants du marché, mais ce choix s’explique par des contraintes budgétaires — et un vrai souci de sobriété numérique. Il faut saluer l’équilibre entre accessibilité, efficacité et écologie. Vivien travaille par ailleurs à améliorer la fiabilité des réponses grâce à une option « correctif » éditable, offrant ainsi à l’enseignant un « possible contrôle » des modèles.
  • Accessibilité et ergonomie : Actuellement, l’interaction avec les chatbots se fait uniquement par écrit. Cela peut avoir son charme au début, mais devient rapidement fastidieux, surtout pour les élèves qui ne sont pas à l’aise avec un clavier. Mais en même temps sur téléphone, la dictée vocale peut dépanner (et en plus le site est responsive.)

Une piste d’avenir : intégration dans ELEA

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Pour aller encore plus loin, une intégration d’EduBot.fr dans ELEA, l’espace de e-éducation de l’académie de Nantes, serait une avancée majeure. Elle permettrait aux enseignants de tirer parti des fonctionnalités de la plateforme tout en l’inscrivant dans un environnement numérique de travail familier, sécurisé et déjà utilisé par nombre d’établissements. Un pont naturel entre innovation individuelle et écosystème institutionnel.

En résumé

Avec Edubot.fr, Vivien Mirebeau offre aux enseignants une opportunité unique d’intégrer des chatbots éducatifs dans leur pédagogie. Une manière ludique et interactive d’accompagner nos élèves et de faciliter leur apprentissage.

Alors, prêts à  enseigner en mode 2.0 ? Rendez-vous sur EduBot.fr pour découvrir cette pépite pédagogique !

À vos chatbots, prêts, innovez ! (c’est mon côté pâtissier)

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Intelligence artificielle et taxonomie de Bloom : un mariage à surveiller

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L’intelligence artificielle s’installe tout doucement dans notre quotidien, tant chez les profs (20%) que chez les élèves (80%) . Elle est rapide, pratique, parfois bluffante. Mais à mesure que son usage se banalise, une question s’impose : quelles sont les conséquences d’une surutilisation de l’IA sur les apprentissages ?

Pour y voir plus clair, un détour par la taxonomie de Bloom peut être efficace et éclairant (J’ai pu voir une présentation de Basille Sauvage à Strasbourg qui avait porté ses propos sur celle-ci et l’IA, c’était très intéressant).

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Ce cadre  nous aide à penser la progression cognitive des élèves : de la mémorisation à la création, en passant par la compréhension, l’application, l’analyse et l’évaluation.

Ce que l’IA risque de court-circuiter

Voici, niveau par niveau, les effets potentiels d’un usage excessif ou non encadré de l’IA :

  • Connaissance : l’IA donne des réponses immédiates. L’élève peut se contenter de recopier sans intégrer, confondant accès à l’information et maîtrise réelle.
  • Compréhension : reformuler, expliquer, illustrer… autant d’étapes que l’IA peut réaliser à la place de l’élève. Le risque : une compréhension superficielle, voire absente.
  • Application : résoudre un problème, adapter une méthode, faire un lien concret ? Si l’IA est utilisée trop tôt, l’élève ne fait plus l’effort de transposition. Il devient spectateur.
  • Analyse : l’IA peut détecter les liens, les contradictions, les structures. Mais si elle le fait à la place de l’élève, celui-ci ne développe pas sa pensée critique.
  • Évaluation : l’élève peut avoir tendance à accepter les réponses de l’IA sans recul. Moins d’argumentation, moins de confrontation des idées.
  • Création : l’IA produit des contenus. Des textes, des schémas, des idées. Mais créer, c’est aussi prendre des décisions, explorer, s’approprier. Ce que l’IA ne fait pas à la place de l’élève.

Le constat : une surutilisation de l’IA peut mener à une passivité intellectuelle. L’élève délègue sa pensée, contourne l’effort, perd peu à peu la maîtrise des processus cognitifs essentiels à l’apprentissage.

Bon, j’enfonce des portes ouvertes, mais ça m’a permis de réfléchir qu’à chaque étape l’IA peut avoir un impact significatif.

De vraies usages pédagogiques avec l’IA : un enjeux

L’objectif n’est pas de bannir l’IA, mais de l’intégrer de manière raisonnée, pour soutenir — et non remplacer — les étapes de l’apprentissage. Voici quelques pistes concrètes :

  • Réserver l’IA aux tâches bien ciblées : Utiliser l’IA comme soutien à la mémorisation ou comme source d’exemples, sans la laisser faire tout le travail de compréhension ou d’application.
  • Stimuler l’esprit critique : Proposer aux élèves de comparer leurs productions avec celles de l’IA, d’en détecter les limites ou erreurs, de les améliorer ou de les discuter.
  • Favoriser les niveaux supérieurs de Bloom : Proposer des exercices où l’élève analyse, évalue ou améliore des réponses produites par l’IA, stimulant ainsi ses capacités d’analyse critique et d’évaluation. Encourager la créativité en utilisant l’IA comme un assistant ou un collaborateur plutôt qu’un substitut. Par exemple : produire une première ébauche avec l’IA, puis la retravailler personnellement.
  • Alterner les modalités : Privilégier des temps sans IA pour travailler l’autonomie. Alterner productions individuelles, collectives, assistées et non assistées.
  • Encadrer et former : Intégrer à nos pratiques des moments où l’on parle de l’IA, de ses usages, de ses limites.Demander aux élèves de justifier régulièrement leur usage de l’IA : pourquoi l’ont-ils utilisé ? Qu’est-ce que cela leur a apporté ? Auraient-ils pu le faire sans ? Intégrer des temps d’échanges en classe pour discuter explicitement de l’impact de l’IA sur leur apprentissage.Montrer comment bien l’interroger, comment prompter, comment croiser les sources, comment douter.

Pour conclure

L’IA est un outil. Puissant, certes. Mais comme tout outil, c’est l’usage qu’on en fait qui compte.

En nous appuyant sur la taxonomie de Bloom, on peut garder un cap clair : ne pas sacrifier l’effort intellectuel à la facilité, mais utiliser l’IA pour enrichir les apprentissages, ouvrir des perspectives, diversifier les approches.

Former des élèves capables de penser avec l’IA, et non par l’IA. C’est tout l’enjeu.

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L’IA au service des enseignants : retour sur une journée de formation

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Hier, j’ai eu le plaisir de mener une formation sur l’intelligence artificielle à destination des professeurs de lycée sous l’étiquette DRANE (étant Animateur Au Numérique depuis 7ans, être dans un réseau de profs geeks mais profs avant tout accompagné de Catherine, David et Isabelle qui nous pilotent entre autres, sans oublier les IANs, dont mon petit Seb avec qui je fais les formations RUPNs. C’est d’ailleurs là que j’ai fait mes premières armes en tant que formateur). Le lycée, c’est celui de mon secteur (je leurs envoie mes élèves pour le meilleur et pour le pire).

Cette formation d’initiative locale (FIL pour les intimes) visait à réfléchir sur les défis que l’IA pose dans les classes, mais aussi les opportunités qu’elle peut offrir.

Au programme, trois axes principaux : démystifier son fonctionnement ( pour les profs qui pourront démystifier à leurs tous aux élèves),comment l’IA peut enrichir notre pédagogie, comment l’expliquer et l’utiliser avec les élèves.

L’idée n’était pas de livrer un cours magistral (quoique, j’ai quand même beaucoup trop parlé), mais de semer des graines d’idées et de pratiques concrètes, inspirées de mes propres expérimentations en classe.
Une cours sur l’IA, son fonctionnement, le cadrage institutionnel accompagné atelier prompt centré sur une aide à la préparation pour les nous les profs.

L’après-midi était tourné vers des expérimentations que je fais avec mes 3e sur l’IA (quelques séances avaient fait l’objet d’articles sur le site.) afin que les élèves prennent de la distance sur l’IA, puis un temps de réflexion sur des scénario pédagogiques basés sur les 5 postures du ABC LEARNING.

J’insiste : prendre le temps de se former et de réfléchir collectivement aux nouvelles approches pédagogiques est essentiel. Ce document ne peut en aucun cas remplacer un moment collectif.

Le travail de préparation a été conséquent (30h surement plus dirait ma femme), j’espère que ceux qui piocheront dans le document auront la sincérité de nommer la paternité (CC by NC SA).
Comme disait une collègue, certains en auraient fait un livre, j’ai décidé d’en faire un partage.

Je dois refaire une FIL au collège et une autre au même lycée (je complèterai cette formation et la ferai évoluer), j’ai d’autres idées, et vous ?

J’OUBLIAIS, cette formation n’aurait pas pu être si riche le jour sans l’aide de ma collègue de français Mme Deroef-Perronet, sans elle, les expérimentations auraient été moins nombreuses.

EDIT : Je rajoute un petit up pour Cedric Eysette (prof de philo ) qui crée des petits outils numériques qui deviennent encore plus accessibles avec l’IA : dem_map et cartes_MD, tous les deux dispos sur la forge de l’éducation nationale : C’est une plateforme où se concentre tous les outils numériques créés par les profs pour les profs et les élèves et soutenus par le ministère, pour ceux qui ne connaissent pas encore, il faut y faire un petit tour.

J’ai presque envie de dire que l’IA m’a permis d’accéder à ces outils facilement et maintenant je me passe d’elle pour les utiliser (maîtrise du Markdown notamment qui peut rebuter au début), comme quoi, l’IA peut être vecteur d’apprentissage si on adopte la bonne posture.

Contenu de formation :

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