Catégorie : IA

Quand l’I.A. permet de ressusciter de bons vieux outils pédagogiques.

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Un brin provocateur dans le titre, quoique…
A tous les nostalgiques d’outils qui sont passés à la trappe à cause de la fin du flash.
Vous allez me dire, oui, enfin y a toujours Arnaud qui nous a sauvé quelques-uns, comme le permis rapporteur, il a même dépassé la version originale.
Cela me fait penser aux RELs (mais on y reviendra, quand j’aurai le temps, car là, c’est plutôt busy, ou overquotat (comme ma boite mail acad’, qui va enfin migrer vers la nouvelle solution).
J’en viens au fait de cet article, c’est une ressource de l’IREM Paris-Nord : Construction de solides à partir de cubes – IREM Paris Nord, que j’avais souvent utilisée, mais la fin du flash m’avait poussé à utiliser celle de mon frère (mais moins complète). Elle colle parfaitement à des attendus de programmes de 6e (je l’utilisais avant, mais là les programmes explicitent davantage le volume par comptage de cube.

donc j’ai tenté une incantation ChatGPT, en lui donnant les screenshots de l’IREM :

Bon, bah, c’est pas mal, après m’être battu avec l’IA pour qu’elle code ce que je lui demande, elle l’a fait, j’ai rectifié quelques bugs ( je n’ai pas les compétences fines d’Arnaud, et je serai tenté de dire « construite avec l’IA ».
En fait, je n’ai aucun mérite, car l’idée c’est l’IREM, le code c’est ChatGPT, j’ai juste ma petite volonté de pour faire perdurer une ressource qui était efficace et de saluer une nouvelle fois les ressources libres de l’IREM de Paris (je n’oublie pas les ressources de celui de Nantes pour lequel je travaille dans un groupe).

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Cela reste un prototype que j’ai amélioré.

et en voici la onzième version un peu plus aboutie…

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La manipulation peut s’effectuer à la souris ou au clavier via le « cube en surbrillance vert », ce dernier offrant une méthode plus simple pour construire le solide imaginé, sans avoir à utiliser la souris.
– Enregistrement possible des solides créés.
– Possibilité de changer de couleurs les cubes.
– Possibilité d’une utilisation hors-ligne.
– Possibilité d’enlever les arêtes.


Merci pour la relecture par Stéphan Petitjean de l’IREM de Paris-Nord et par Arnaud.

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Réflexion sur l’IA et l’éducation

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J’ai intégré l’année dernière le groupe de formateur IA comme Julien (qui lui y était déjà puisque AAN). A prendre un peu de recul à nous deux on occupe un peu le terrain dans l’académie…

AAN (Julien), Rallye maths 44 (Julien)-72 (moi), Formateur Mathématiques (nous deux! Il me rejoint! ), Formateur IA (nous deux), coordo de labo (moi), membre équipe TRAAM(moi) , membre équipe CHAMS (moi) . Cette palette nous enrichie vraiment tous les deux, impossible de ne pas vous dire qu’on discute souvent sans être toujours d’accord ! 🙂

Aujourd’hui j’ai décidé de catégoriser des points de vue, parfois multiple de collègues/confrères qui travaillent sur l’IA.

J’ai vu pas mal de choses passer, des chatbots conçu par une IA notamment avec Chatmd, des remplissage de quizz remplis avec l’IA, des bots connecté à de l’IA pour répondre aux élèves. Bref, un agrégat d’outils IA qui pourraient être intéressants à exploiter.

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Ce côté IA vue uniquement comme un outil pour les prof, j’y vois pourtant un point de vue qui n’est pas le mien du tout. L’IA et éducation devrait se limiter à seulement de l’outillage ? Que ce soit pour l’élève ou pour le prof ?

Bien sûr je suis le premier à l’utiliser pour moi (vérification de codage, du css notamment car je n’aime pas cela), mais cela reste de l’informatique, l’utilisation de l’IA en tant qu’outil EN, là vraiment pas.

Et j’ai mis du temps à me rendre compte de la multitude de point de vue que l’on peut avoir entre Education, Eleve et IA. Je catégoriserai ces mouvements avec des étiquettes, savoir nommer, c’est pouvoir étudier, non ?

Il y a pour moi :

  • L’éducation à l’IA : L’idée que l’élève doit comprendre les enjeux de l’IA , ce qu’est l’IA, le recul qu’il faut avoir quant à ses réponses, ce qu’elle ne permet pas de faire (apprendre), c’est essentiellement un apport de connaissance pour maîtriser l’IA: Relation majoritaire Prof élève
  • L’éducation par l’IA : L’idée que l’IA est un outil qui permet de faire apprendre les élèves, faire découvrir, en autonomie. (Les bots en autonomie je les mettrais là), cela se situe généralement hors la classe.C’est pour un développement de compétence scolaire .relation élève IA majoritaire.
  • L’éducation avec l’IA : L’idée que l’IA peut être un mode didactique qui peut faire apprendre en partie, mais utilisé comme prétexte (étude de réponse de l’IA) pour aiguiser l’esprit critique, l’enseignant accompagne et maîtrise l’enjeu de l’activité. (je vois l’activité sur Albert de Julien ou mes études réponses d’IA face à un exercice). Cela se situe donc forcément en classe et c’est essentiellement un développement de compétence liée à l’esprit critique pour maîtriser l’IA. Relation élève prof IA.
  • L’éducation enrichie par l’IA : L’idée que l’IA est un outil enseignant, il lui permet de répondre plus efficacement aux problématiques des élèves, ici l’IA n’est pas du tout perçue par les élèves. (je mettrais ici les quizz générés par l’IA par exemple ou les chatbot de type chatMD où les réponses sont préfaites et dont la base de données a été créée par l’IA) Relation Prof IA

Alors toute activité n’entre pas forcément dans une unique case, même s’il y a une dominante.

Faire entrer les enseignants par la porte de l’outillage est pour moi un vrai un problème. Il pourrait insinuer une image erronée de l’IA, celui de l’outil performant et magique (il peut tout faire).

L’outillage professeur , la vitrine de l’IA

Je prends en exemple ce genre de site : https://www.coursebox.ai/fr/blog/meilleurs-generateurs-de-quiz-dia

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Voilà le problème, c’est la promesse d’un « truc » qui fait tout et qui nous enlève la charge mentale !

Oui c’est aguicheur, mais le leurre c’est que cela annihile toute idée de relecture, de vérification.

Et ce matraquage fonctionne !

Et puis comme on veut convaincre les professeurs à se mettre à l’IA, on leur vend les capacités inouïes de l’IA.

Sauf que l’IA est faillible, non déterministe (ce qui marche pour quelqu’un ne marche pas pour d’autres).

Alors on pourrait arguer qu’un fine-tuning performant permet de limiter à 99% les couacs, sauf que ce pourcentage, on ne le maîtrise pas, et quand bien même doit-on faire confiance pour autant ?

Sociétalement parlant oui, il y a des métiers qui vont disparaître avec l’IA, car le contrôle sera rapide, en effet, demander des images d’illustration, vous êtes en capacité de contrôler ce qui est produit et recommencer si besoin, ici le contrôle est simple et demande moins d’efforts qu’une relecture d’un document produit avec l’IA ou d’un bot qui interagit avec un élève.

Je tiens pour acquis des résultats à un exercice que j’ai donné à mes élèves https://mathix.org/linux/archives/21303

Seul 3 élèves ont pris l’initiative de faire l’exercice pour juger de la pertinence des réponses et donc on répondu ensuite très rapidement, les autres ont directement lu les réponses et ont galéré. Et en fait, relire sans avoir raisonné auparavant pour les autres cela leur a pris énormément de temps et de difficultés. de compréhension.

Bref, l’éducation par l’IA qui nous est vendue est pour moi la plus mauvaise porte d’entrée à l’IA, mais c’est celle la plus aguicheuse, un côté magique par lequel peut-être on doit passer un temps avec nos élèves mais cela ne doit pas être la porte d’entrée pour les enseignants.

En plus parlons des quizz générés avec de l’IA, toutes les variables didactiques sont inexistantes ! Les réponses fausses qui sont sensées être plausibles sont rarement proposées voir pas du tout!

En fait, il y a un vrai enjeu autour de la perception de l’IA et de l’enseignement à montrer ce qu’est l’IA aux élèves.

En fait pour moi il faut donc travailler exclusivement L’éducation à l’IA et avec l’IA avec nos élèves.

Et accompagner les enseignants dans l’éducation enrichie par l’IA avec un gros warning à transmettre, celui de la relecture !

L’éducation par l’IA est pour moi une vraie fausse piste….

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Un nouvel élève : Albert, un LLM comme camarade de classe.

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Edit : Je l’ai appelé Albert car notre I.A. made in Éducation nationale s’appellera Albert, donc autant prendre de l’avance.

Mon projet : intégrer un LLM au sein de la classe, avec mes élèves de 4e et de 3e.
L’an dernier, j’avais expérimenté ponctuellement l’utilisation de corrections réalisées par un LLM. Cette année, je souhaite inscrire cette pratique dans une démarche plus régulière et structurée.
C’est ce qu’Arnaud va appeler : « Education avec l’IA » (le prof reste maitre de ce qui se passe), d’ailleurs, allez jeter un coup d’œil sur son article qui permet de clarifier les différentes places de l’IA dans l’éducation.

Constat de départ :

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Un LLM commet des erreurs, propose parfois des réponses pertinentes et « sait » également expliquer ses choix, comme un élève somme tout.
Mon intention est donc de le présenter aux élèves sous cet angle : quelque chose de faillible et tordre le cou à ce dogme de l’IA a toujours raison. Tout Chatbot est faillible et le présenter autrement me parait dangereux.
( Cet article est écrit en 2025, si des lecteurs des années 2040 se marrent en tombant sur cet article, il faut le mettre dans le contexte, peut-être que plus tard, les LLM ou autres modèles seront gages de vérité, pour le moment ce n’est pas le cas, dixit les ingénieurs d’OpenIA : Modèles de langage : aux origines des hallucinations | OpenAI)

Pré-requis :

Au préalable, il faut un compte sur un LLM, afin d’avoir un suivi de cet élève virtuel.

Bien évidemment, quand Albert ( l’IA) sera là, je la prendrai. Par défaut, je vais le tourner vers un LLM privé ( je ne mettrai pas de données personnelles, seulement mes cours et exercices vont être donnés au modèle. )

J’afficherai régulièrement au tableau l’interface du LLM pour montrer son travail à la classe.

je vais décider ( je changerai peut-être d’avis sur ce point) de ne pas sélectionner en amont les réponses du LLM, je veux garder la surprise, pour moi comme pour eux.

Je n’ai pas de doute, il aura par moment raison et par moment tord. Je ne veux pas tomber dans le travers de ne montrer que des démarches fausses, favoriser l’esprit critique passe par voir du faux mais aussi voir du vrai.

Les objectifs :

  • Développer l’esprit critique des élèves face aux productions d’une intelligence artificielle.
  • Favoriser la verbalisation des raisonnements et la justification des démarches.
  • Améliorer la compréhension des erreurs et les dédramatiser.
  • Promouvoir un usage réfléchi, éthique et éducatif de l’IA en classe.

Déroulement de ma première séance.

Ma présentation tout en affichant au tableau l’interface du LLM :
« Nous accueillons un nouvel élève, Albert, qui suivra le même programme de mathématiques que nous. Il réalisera les exercices demandés, tant en classe qu’à la maison, et passera les mêmes évaluations, que je corrigerai. »

Je préciserai ensuite que, comme pour chacun d’entre eux, il sera parfois interrogé sur son travail et que celui-ci fera l’objet de remarques collectives. Il pourra également, à certaines occasions, apporter son aide à ses camarades et, inversement, bénéficier de leur soutien lorsqu’il en aura besoin.
L’idée est d’en faire un véritable pair d’apprentissage, ni modèle, ni rival, mais un interlocuteur commun.

Apports du dispositif

Alors, oui, il va y avoir l’effet « WAHOU », qui je l’espère, se dissipera avec le temps pour tirer pleinement du dispositif :

  • Permet de dédramatiser l’erreur en l’attribuant à un tiers virtuel.
  • Développe l’esprit critique et l’argumentation entre pairs.
  • Introduit l’IA de façon responsable et éducative.
  • Donne à voir les limites des modèles de langage (problème d’alignement, prompting.)

J’espère également favoriser une meilleure qualité des échanges entre pairs, en encourageant des dialogues constructifs fondés sur l’argumentation, l’écoute et le respect mutuel.

Comment garder trace ? :

Je vais leurs donner des cartouches comme celle-ci (je vais surement retravailler la forme en fonction de retours élèves :

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Bilan de l’expérimentation

Un bilan sera réalisé à la fin du semestre, incluant un retour des élèves sur le dispositif.
Je prévois même d’aller (si ça fonctionne bien) jusqu’à rédiger un bulletin semestriel pour Albert, en concertation avec la classe, comme pour n’importe quel élève.

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